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Hedge Funds : Vade retro Satanas !

On les appelle les fonds de spéculation , c’est dire la connotation négative qui pèse sur le secteur. Les hedge funds n’ont jamais eu bonne presse en France et la crise n’a certainement pas aidé à polir leur image sulfureuse. Ces derniers temps, ce ne sont pas leurs performances qui font la Une, qui pourtant ont été excellentes en 2009 selon Fitch Ratings (boursorma), mais leur prétendue responsabilité dans la tragédie grecque (Nouvel Obs). Pour les professionnels, si l’on ne parle pas encore de tragédie, l’avenir ne se dessine pas tout à fait en rose.

Impossible de monter un fonds

En France, la clientèle commençait à s’enhardir et il y avait un fort appétit pour la gestion alternative qui s’était notamment traduit par le fleurissement des équipes de multigestion, se rappelle Xavier Logeais du cabinet de chasse NESS. Aujourd’hui, la multigestion est sinistrée et sans doute durablement plombée. Il y a un retour en arrière réputationel considérable!

Conséquence : aujourd’hui en France, même les professionnels les plus talentueux, au parcours sans faute, et doté d’un réseau étendu, n’ont aucune chance de monter leur fonds, selon ce consultant. Et cela est d’autant plus vrai que l’incertitude réglementaire actuelle se montre peu propice au developpement de nouvelles activités.

Un marché de l’emploi plus en plus compétitif

La crise a surtout provoqué la disparition de nombreux acteurs, rendant le marché de l’emploi également beaucoup plus compétitif. Mille d’entre eux environ ont disparu avec la crise. Les banques, qui faisaient le même métier qu’eux, sont moins actives désormais, commente Fabrice Cuchet, responsable de la gestion alternative chez Dexia AM, cité par Le Figaro. Ce qui signifie également qu’un plus petit nombre d’acteurs va donc se partager les opportunités sur les marchés, ce qui laisse espérer des gains plus importants pour chacun.

Le coût du ticket d’entrée risque parallèlement de monter en flèche dans les prochains mois si les fameuses règles Volcker s’appliquent en Europe. Les professionnels des banques françaises qui travaillent au service des hedge funds (prime brokerage, desk dérivés, financement…) broient désormais du noir à l’idée que les règles Volcker puissent bientôt s’imposer aux banques en Europe, en particulier si les législateurs décident d’interdire toutes les activités de financement des hedge funds. Les banques françaises, SG et BNP Paribas en tête, perdraient une clientèle non négligeable et à très forte rentabilité, estime Christophe Nijdam, analyste du secteur bancaire chez AlphaValue, 1er bureau européen d’analyse financière indépendante.

4.000 à 6.000 emplois de prop traders menacés en Europe

La pilule serait encore plus difficile à avaler si Obama parvenait à convaincre l’Europe de limiter les activités de trading pour compte propre, littéralement des hedge funds internes aux banques, et qui peuvent représenter jusqu’à 20% des revenus de la BFI chez certaines banques, selon cet analyste. Une telle mesure pourrait avoir un impact sur l’emploi de 4.000 à 6.000 professionnels en Europe mais aussi et surtout sur la masse salariale des banques, ces traders comptant parmi les professionnels les mieux rémunérés de la banque, précise Christophe Nijdam.

Emmanuel Boussard, co-fondateur de la société de gestion alternative indépendante Boussard & Gavaudan, ne croit pas à un exode des banquiers, affectés d’ors et déjà par la taxation des bonus, vers les hedge funds. Dans une interview récente aux Echos, il assurait que la gestion alternative est devenue beaucoup plus sélective. Les barrières à l’entrée ont considérablement augmenté. Aujourd’hui, il n’existe que quelques centaines de hedge funds qui soient sur les radars des grands investisseurs.

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