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OPINION : La vérité sur les contre-offres (et des conseils pour les gérer)

La contre-offre peut vite se transformer en cauchemar pour toutes les parties prenantes : le candidat, le recruteur et l’employeur. Rester ou partir, comment vous décider ?

La contre-offre est une réaction défensive

Si vous mettez de côté la dimension émotionnelle et prenez en considération les éléments tangibles de la contre-offre, il apparaît clairement que votre employeur met en place une stratégie défensive. C’est seulement après votre démission que ce dernier décide de passer à l’action et ouvre votre dossier . C’est une réaction comportementale naturelle, quelque chose qui est attendu, surtout si vous êtes un talent clé pour votre société. Mais, considérez plutôt cela : pourquoi faut-il démissionner pour obtenir l’attention méritée ? En d’autres mots, pourquoi leur a-t-il fallu le dernier moment pour agir ?

Ce n’est pas de vous dont il s’agit

Une contre-offre n’est pas là pour répondre à vos besoins mais à ceux de l’entreprise. Dans les industries où les talents sont un premium (en particulier dans la banque), les contre-offres constituent un instrument de rétention largement utilisé. Votre employeur peut sembler perdre dans la balance en alourdissant les coûts salariaux, pourtant cela est très peu en comparaison avec la perte de votre apport au business, ou les coûts que représente le recrutement de votre remplaçant.

Et il ne s’agit pas ici seulement d’argent. Le temps pour sourcer les candidats, faire passer des entretiens, mener les négociations autour d’une proposition d’embauche et le temps de formation et de latence nécessaire avant que la recrue soit opérationnelle sont largement sous-estimés. Pendant ce temps, les budgets continuent d’être affectés, tout comme les relations clientèle mis entre parenthèses alors que la transition se fait.

Ici, c’est donc vous qui avez la main. Aussi, faut-il mesurer en quoi la contre-offre ajoute de la valeur à votre CV, vous oriente dans la bonne direction et permet d’appuyer votre progression de carrière. Si votre employeur est véritablement intéressé par votre évolution de carrière, vous auriez dû le savoir, avant même de décider de démissionner.

Ce ne sera plus jamais pareil

Vous faîtes preuve de naïveté si vous pensez que vos relations avec vos managers et vos pairs resteront les mêmes après avoir accepté une contre-offre. Ceci est dû essentiellement au fait que la confiance est cassée, et que votre boss se demandera toujours si vous n’allez pas lui annoncer une nouvelle fois que vous voulez lâcher les amarres.

Je trouve que l’analogie avec un couple qui discute à une éventuelle rupture et finalement décide de continuer ensemble est assez parlante. Dès lors, les deux parties ne se sentent pas entièrement en confiance pour aller de l’avant dans la relation dans la mesure où le pacte a déjà été remis en question dans le passé. Chacun doute sur les intentions de son partenaire et la suspicion s’installe.

Votre responsable pense maintenant que vous le quitterez dans un futur proche et va commencer à réfléchir à votre remplacement. Vous pouvez, au passage, perdre le respect de vos pairs, considérant que vous avez menacé de démissionner dans le but d’obtenir une promotion ou une augmentation salariale. Votre réputation en interne est en jeu. Dans beaucoup de cas, votre réussite à un nouveau poste repose sur la façon dont vous êtes perçu dans l’entreprise et respecté par vos collègues.

Retour aux basiques

Pensez à ce qui vous a décidé à chercher de nouvelles opportunités sur le marché de l’emploi. En acceptant la contre-offre, quel est le risque que ces raisons se répètent ? Est-ce que ces dernières seront enterrées vous permettant d’aller tous les jours au travail le cceur léger ? Par exemple, il est vain de penser que la culture d’une banque de 100 000 employés, avec 40 ans d’existence, va changer pour une personne dans les six prochains mois. Si la culture d’entreprise constitue la principale raison pour chercher un job ailleurs, accepter une contre-offre n’apparaît pas très sage.

De plus, vous devez évaluer la plausibilité de la contre-offre. Est-ce que les promesses seront tenues ? Une promotion ou une augmentation salariale est vite réglée. En revanche, si la proposition implique un changement de boss, de département, de poste, cela peut échapper au contrôle direct de votre manager et devenir un dossier potentiellement sensible à régler avec les RH. Une contre-offre doit être sous-pesée comme une offre commerciale, il est du devoir du client d’évaluer la capacité du fournisseur à remplir ses engagements.

Conclusion : que faut-il faire ?

Revenons un peu en arrière. Mon conseil est le suivant : n’acceptez pas l’offre d’emploi si vous n’êtes pas sûre de savoir gérer votre démission et la contre-offre qui peut s’en suivre avec votre employeur. Vous devriez parler avec vos responsables s’il y a des problèmes au travail et essayer de trouver ensemble des solutions, avant de donner votre démission. Une fois que vous acceptez l’offre et tendez votre démission, vous devriez rester fidèle à votre décision.
Ainsi, vous devez présenter une lettre de démission courtoise et professionnelle et essayer au maximum d’éviter une discussion sur une contre-offre. Soyez clair avec vos responsables sur la décision que vous avez prise.

Si vous êtes contré, donnez à votre management du temps, écoutez-les, ne les rejetez pas. Dites poliment que vous allez y songer, demandez un ou deux jours pour cela, après quoi vous leur annoncerez votre décision finale.

En agissant ainsi, vous pouvez partir à l’amiable, sans rompre les ponts et garder l’option d’être réemployé ou rejoindre un ex-boss dans le futur. Bien sûr, vous avez hâte de prendre un nouveau départ, avec de nouveaux défis et de nouvelles opportunités de rencontres professionnelles. Surtout, vous fermez un chapitre et en ouvrez un autre, la conscience tranquille et la réputation intacte. Et c’est cela qui compte.

Checklist des questions à vous poser avant d’accepter une contre-offre :

1. D’un point de vue de progression de carrière uniquement, quel poste me convient le mieux ?

2. Dans quelle mesure les promesses continues dans la contre-offre seront tenues ?

3. Si je décide de rester, les relations avec mes managers, mes collègues (et dans une moindre mesure les personnes sous ma responsabilité) seront affectées ?

4. si j’accepte la contre-offre, qu’est ce qui suivra sur les deux à trois prochaines années ? Mieux vaut anticiper.

5. Est-ce que les raisons me poussant à partir seront toujours là si je reste ?


Angela Kuek est manager au sein de la division banques et services financiers du cabinet de recrutement Hudson à Singapour.

commentaires (2)

Comments
  1. J’ai travaillé en cabinet de recrutement anglo-saxon sur la partie IT Banking.
    La règle d’or à retenir à propos de la contre-offre ?
    Un employé qui accepte une contre-offre n’est plus dans son entreprise dans les 18 mois qui suivent dans plus de 85 % des cas…

    Dans 85 % des cas, c’est donc reculer pour mieux sauter !!!

  2. La contr offre ne doit etre jouee que si l’on compte ne pas quitter l’entreprise, que si on compte ne pas aller chez le concurrent (a moins de jouer le contre kems de la contre offre). Le concurrent se rappellera de ton plantage…

    Faire ca avec un job qu’on ne compte pas prendre juste pour avoir une augmentation, clairement. Par contre, je suis d’accord, a court terme, il est fort probable qu’on quitte l’entreprise, mais c’est mieux d’avoir le plus gros salaire possible pour mieux negocier le nouveau salaire!

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