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Un tour d’horizon des résultats des banques d’investissement américaines (qui n’inspire rien de bon)

La plupart des grandes banques américaines ont dévoilé leurs résultats pour le troisième trimestre. Pour faire court, le troisième trimestre n’est pas bien brillant. Et Credit Suisse ne remonte pas franchement le niveau. Une fin d’année difficile se profile pour les investment bankers…

Le rêve de Morgan Stanley de briller dans le trading en 2010 sérieusement mis à mal

2010 devait être l’année du renouveau avec l’arrivée de James Gorman et l’annonce de 400 embauches dans les activités de trading et de sales. Mais ce sang neuf n’a pas payé. Pire, la banque d’investissement affiche une douloureuse perte de 91 millions de dollars.

A la fin du second trimestre, au vue de performances équivoques, on pouvait encore croire aux aspirations de Morgan Stanley de rattraper le peloton de tête (i.e. Goldman Sachs). Mais les derniers résultats enterrent ses espoirs en ce sens.

Car dans le détail, ce n’est pas joli du tout. Les revenus de trading ont chuté de 45%, à 1,77 milliard de dollars, par rapport au 3ème trimestre 2009. Chez Goldman, on enregistre une baisse de 36% (à 5,6 milliards), chez BofA Merrill -15% (à 4,5 milliards), JPMorgan -30% and Citi +1%.

Les revenus sur les activités de taux accusent une baisse de 58%, un déclin bien plus marqué que dans les autres banques mentionnées. Et sur les actions, les revenus ont flanché de 22% alors que chez Citi et JPMorgan, ils ont augmenté sur un an.

Conclusion : oubliez la frénésie des recrutements, la banque a même prévenu fin septembre qu’elle gelait les recrutements pour le reste de l’année. Quant au bonus, ils risquent d’atteindre un plancher que jamais personne chez MS n’aura vu d’aussi près.

Goldman Sachs ne peut plus payer ses salariés comme dans le passé

Sur un an, la firme aura recruté 3.700 personnes, soit une hausse de 12% des effectifs. Dans le même temps, les revenus ont… reculé de 14%. Pire, le résultat net a chuté de 30%. Pas besoin de vous faire un dessin : la rémunération moyenne par tête plonge à $371k sur les trois premiers trimestres contre $527k pour la même période l’an dernier. On est loin, très loin de la période dorée d’avant crise et notamment du pic de 2007 (à $661k). Le ratio de compensation atteint 35,8%, soit le plus bas de l’histoire de Goldman depuis qu’elle est cotée.

Mais Goldman va peut-être devoir faire davantage de sacrifices pour continuer à contenter ses actionnaires. En effet, au cours des 9 premiers mois de 2009, les rémunérations étaient deux fois plus élevées que les profits. Cette année, sur cette même période, elles étaient 2,2 fois plus élevées.

Suppression d’effectifs et/ou baisse des rémunérations ont toutes les chances d’être au menu du réveillon. Autre option sur laquelle certains observateurs spéculent : un changement de modèle, plus orienté vers la banque d’affaires. Celle-ci a contribué à hauteur de 13% des revenus nets du groupe – contre 7% un an plus tôt et 10% au deuxième trimestre. La part du trading passait, elle de 77% à 69% en un an.

BofA Merrill Lynch : le rebond des activités de trading au T3 arrive un peu tard

La situation semble un peu compliquée chez BoFa Merrill Lynch. Les résultats étant grevés à cause d’une loi sur les découverts qui l’a forcé à passer de lourdes dépréciations. Pour ne rien arranger, hier on apprenait que huit investisseurs avaient porté plainte contre la banque américaine qui pourrait être contrainte de rembourser 47 milliards de dollars

Par contre, chapeau bas pour ses performances de trading ! Les revenus ont bondi de 42% entre le deuxième et le troisième trimestre, à comparer avec une baisse de 12% chez JP Morgan et une augmentation de 3% chez Citigroup. En revanche, la big picture est moins prometteuse, ces revenus enregistrent un recul de 15% sur un an. Pas étonnant que BAML veuille se séparer de 400 personnes dans la banque de financement et d’investissement.

Citigroup cède du terrain en Europe

Ce qui est intéressant chez Citi (tout comme chez JPMorgan), c’est le fait que l’Europe tire les résultats vers le bas au sein de l’Institutional Clients Group, qui inclut la banque d’investissement. Ceux-ci sont en baisse de 37% en un an sur la région EMEA, contre -28% en Asie et +8% aux Etats-Unis.

Sur les M&A, la banque a dégringolé dans les league tables en Europe de la 4ème place en 2009 à la 13ème place en 2010 (basés sur les nombre d’opérations, source Thomson Financial). Elle n’a pas particulièrement brillé non plus sur les activités de Debt Capital Market, où elle est passée de la 10ème à la 4ème place en un an (période qui couvre les 9 premiers mois de l’année).

JP Morgan : les banquiers européens ne sont pas en position de force pour les prochains bonus

En Europe, les revenus de la banque d’investissement de JPM sont en baisse de 29% au troisième trimestre sur un an (version +8% en Amérique du nord et +6% en Asie). Ceci n’est pas de bon augure pour les équipes européennes, alors que dans le même temps les décisions semblent de plus en plus prises depuis les US à la suite du départ du britannique Bill Winters après 25 ans de maison l’hiver dernier.

A la fin du troisième trimestre, JPM comptait au total 1.545 employés supplémentaires par rapport à la même période l’an passé. Mais les rémunérations sont en baisse de 10%. Dans la bataille pour les bonus, les investment bankers européennes devront soigner leur argumentation et aiguiser leur pouvoir de conviction car les résultats, clairement, ne jouent pas en leur faveur.

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