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Ce que les résultats des banques US révèlent sur votre emploi en banque en 2015

résultats des banques US

Qu'est-ce que les résultats des banques américaines disent sur votre futur ?

Alors comme ça, vous aimeriez travailler pour une banque d’investissement américaine ? Ou, si tel est déjà le cas, vous souhaitez savoir ce que votre avenir proche vous réserve. Quels sont les grands enseignements des résultats du premier trimestre de Goldman Sachs, J.P. Morgan, Citi et Bank of America, dévoilés la semaine passée ? Sont-ils de nature à vous aider à réaliser vos aspirations professionnelles pour 2015 ?

Nous avons passé au peigne fin les résultats de banques américaines et sommes arrivés aux conclusions suivantes.

1. Les banques d’investissement se développent… ou pas.

Les activités des banques d’investissement sont en pleine expansion – mais seulement si vous travaillez pour les bons établissements. Les revenus de Goldman Sachs ont augmenté de 14% au 1er trimestre 2015 par rapport à la même période l’an passé. Chez J.P. Morgan, la hausse des revenus des activités de banque de financement et d’investissement atteint 8 %. Chez Bank of America, les revenus des activités « global banking » ont progressé de 6% mais les activités de marché sont en retrait, eux, de 6%. Enfin, chez Citi, le groupe « Institutional Clients » a vu ses revenus rognés de 1%.

En d’autres termes, les activités de Goldman, JPM et l’activité de BFI de Bank of America ont progressé au 1er trimestre. Ce qui n’est pas le cas ailleurs. Par conséquent, le recrutement ne sera en rien un réflexe automatique dans ce secteur.

2. Seuls Goldman Sachs et JP Morgan sont de plus en plus rentables

En matière de rentabilité, l’histoire se répète. Les bénéfices ont augmenté de 41% au premier trimestre chez Goldman Sachs et de 19% chez J.P. Morgan. De son côté, Bank of America parvient à accroitre ses bénéfices de 6% dans ses activités « global banking » à l’inverse de ce qui se passe pour ses activités de marché, en chute de 28%. Enfin, chez Citi, le groupe « Institutional clients » voit ses bénéfices reculer d’1%.

Sans profits en hausse, les banques auront du mal à justifier la hausse de leurs effectifs. Encore une fois, ne vous attendez pas à ce que le marché de l’emploi en finance soit facile en 2015.

3. Les banques continuent de réduire leurs coûts

Les coupes dans les effectifs ne sont pas terminées. La directrice financière de J.P. Morgan Marianne Lake a rappelé aux investisseurs que l’objectif de la banque était de réduire ses dépenses de 2 milliards de dollars d’ici à 2017 par rapport à 2015.

Son homologue de Citi John Gerspach a de son côté indiqué que son établissement s’était engagé à une économie de 700 millions de dollars cette année. Une réduction des coûts de 200 millions a déjà été réalisée au 1er trimestre, ce qui signifie qu’il y a encore une économie de 500 millions à trouver. Le CFO de Citi a précisé que la moitié des nouvelles coupes seront réalisées sur l’enveloppe de rémunération, suggérant qu’il faille – soit payer moins les collaborateurs soit réduire le nombre d’employés.

4. Le M&A en haut de l’affiche – avant un ralentissement de l’activité ?

2015 s’annonce a priori comme une excellente année pour les banquiers M&A. Les revenus M&A ont bondi de 41% sur un an chez Goldman, de 42% chez J.P. Morgan, de 51% chez BAML, et de 70% chez Citi. Pour Goldman, ce fut le meilleur début d’année qu’ait connu la banque, selon son CFO Harvey Schwartz.

Cependant, les perspectives pour le secteur pourraient se réduire dans les prochains mois. La directrice financière de J.P. Morgan Marianne Lake a prévenu que le 2e trimestre risquait de connaître un ralentissement tandis que son homologue chez Goldman Sachs a fait entendre qu’il y avait certes encore une marge de progression mais que l’activité avait cédé du terrain depuis la fin 2014.

5. Les banquiers ECM ne démarrent pas l’année en fanfare…

Les banquiers qui travaillent en Equity capital markets (ECM) – autrement dit les activités de financement par émissions d’actions (IPO, augmentation de capital) – ont connu des fortunes diverses. Les revenus ont chuté de 23% chez Citi mais sont en hausse partout ailleurs (+16% chez JPM, +10% chez BAML et +22% chez Goldman).

La division ECM de Citi apparaît clairement comme le maillon faible. La banque pourrait donc être tentée de monter en compétences…

6. … Tout comme pour leurs collègues en DCM

Les revenus des activités de Debt Capital Market (activités de financement par émissions de dette) ont baissé de 24% chez BAML et de 36% chez Goldman Sachs. En revanche, ils ont progressé de 16% chez JPM et Citi.

7. Les perspectives sur les activités de marché sont troubles

Après un trimestre correct sur les marchés pour les banques, le marché de l’emploi pour les sales et les traders va-t-il reprendre des couleurs ? Cela va une fois encore dépendre des marchés et des employeurs. Les professionnels spécialistes du crédit et de la dette titrisée (« spread products ») apparaissent dans une situation plutôt inconfortable, alors que la situation des traders « macro » taux et changes est aujourd’hui plus enviable après plusieurs années de vaches maigres.

J.P. Morgan se montre prudente pour le second trimestre, qui pourrait être un peu moins bon que le premier trimestre. Chez BAML, Brian Moynihan s’est montré plus confiant en indiquant que le mois de mars avait été très bon et que le mois d’avril avait débuté sous les meilleurs auspices.

8. Tout vient à point à qui sait attendre

Le retour du “macro trading” souligne la valeur de la patience dans une carrière en finance. Ce n’est pas parce que votre activité n’est pas en vogue aujourd’hui qu’elle ne le sera pas demain. La finance est une industrie qui fonctionne par cycles. Aussi une activité en perte de vitesse rebondira forcément.

Un phénomène que les banques ne doivent pas oublier lorsqu’elles coupent dans leurs effectifs. « Pendant cette période [difficile] du cycle [des activités fixed income], nous avons passé beaucoup de temps à travailler auprès des clients et n’avons jamais renoncé au business. Nous voyons aujourd’hui les effets de cet engagement », a expliqué le CFO Harvey Schwartz à propos de la résurgence du macro trading chez Goldman Sachs.

9. Les recrutements en compliance sont toujours d’actualité

Vous pensiez que les services juridiques et compliance avaient fait le plein ? Eh bien, vous aviez faux. John Gerspach, CFO de Citigroup a indiqué que la banque a encore 4.000 recrutements à réaliser sur les 30.000 planifiés sur les fonctions de contrôle. Marianne Lake de J.P. Morgan a laissé entendre que la banque était en train d’enregistrer un pic en la matière et qu’une stabilisation des effectifs suivrait, laissant entendre qu’il y avait encore de la marge pour de nouvelles embauches.

10. Exit les banques qui n’investissent pas assez dans le trading actions

Les actions sont de plus en plus échangées via des plateformes électroniques, aussi le succès d’une banque dans ce secteur suppose des investissements technologiques sur le long terme. En fait pour réussir, les banques doivent être des « acteurs de taille », a assuré Harvey Schwartz de Goldman Sachs. Elles doivent avoir atteint une « envergure » et, pour cela, être présentes « dans tous les secteurs d’activité », « avoir de solides capacités électroniques », et être « géographiquement diversifiées ».

11. Exit les banques qui n’investissent pas suffisamment dans la technologie

De la même manière, il est judicieux d’éviter de travailler pour une banque qui passe son temps à faire des économies sur les systèmes d’information. La technologie est un « vecteur essentiel » de croissance chez Goldman, confirme son CFO. Et cet investissement n’est « pas quelque chose que l’on doit limiter dans le temps », explique Harvey Schwartz. Même son de cloche chez Bank of America, dont le CEO Brian Moynihan a insisté sur la nature « récurrente » des investissements technologiques pour la banque.

12. Les quants maintenant utilisés sur des postes liés à la régulation

De nouvelles perspectives d’emploi se dessinent pour les spécialistes de la finance quantitative dans la… régulation. Chez Goldman, Harvey Schwartz explique que des analystes quantitatifs travaillent désormais au service d’une « gestion dynamique du capital » de la banque. Goldman a construit un algorithme lui permettant de guider ses opérations et ses activités sur le long terme sur la base d’analyses des ratios de fonds propres et d’endettement selon les règles de Bâle III et de Dodd Frank.

Ces nouvelles fonctions quantitatives s’avèrent intéressantes. Car, à en croire Brian Moynihan de Bank of America, ce genre de décisions liées à l’allocation du capital est désormais au cœur du management d’une banque d’investissement. 600 millions de dollars, c’est le bilan auquel veut s’en tenir Bank of America pour sa banque d’investissement. Charge à Tom Montag, en charge de ces activités, de déployer le capital en fonction de l’appétit pour le risque de la banque.

13. Vous devez travailler avec de gros clients

Si vous travaillez dans le trading ou la vente, il est préférable d’avoir dans son portefeuille des clients clés. Les banques se désengagent des clients qu’elles jugent « marginaux ». Ceci était l’un des éléments phares de la stratégie dévoilée par JPM lors de sa récente présentation aux investisseurs. Et Citi semble vouloir prendre le même chemin. Son CFO John Gerspach a expliqué que Citi a pour objectif de « continuer à gagner des parts de marchés grâce aux clients cibles ».

14. Et si l’asset management n’est pas “the place to be“, après tout ?

Théoriquement, les activités de gestion d’actifs des banques d’investissement sont les nouvelles divisions en vogue. La réalité est moins engageante cela dit. Chez J.P.Morgan, les activités de BFI ont mieux performé que les activités d’asset management. Et chez Goldman, les revenus dans la gestion n’ont progressé au 1er trimeste que d’un tout petit pourcent en un an.

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