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30.000 embauches dans le secteur bancaire français cette année, vraiment ?

En ces temps de rentrée, il est de bon ton de se montrer débordé. Les banques font ainsi montre de bonnes intentions en matière d’embauche. Dernière déclaration en date:Les banques françaises vont embaucher 30.000 personnes cette année, essentiellement en CDI, affirmait Baudouin Prot directeur général de BNP Paribas, dans les pages du dernier JDD.

Un chiffre qui claque. Mais au risque de vous décevoir, vos congés n’ont pas miraculeusement rimé avec reprise du recrutement effrénée. En vérité, vous n’avez rien manqué. Voici pourquoi.

1) 30.000, chiffre fétiche du secteur

Ce doit être un chiffre porte-bonheur car il est invariablement affiché chaque année, crise ou pas, par l’Association française des banques (AFB). D’ailleurs l’AFB ne daigne même plus actualiser ses chiffres sur son site depuis 2007. Chiffre que l’on retrouve toutefois en bonne place sur le site de la FBF (Fédération Bancaire française).

Baudouin Prot, président de l’AFB, connait bien son texte. Quoique le chiffre de 30.000 concerne le périmètre FBF, est-il précisé sur le site, soit l’ensemble des banques exerçant une activité en France, à ne pas confondre a priori avec les banques françaises, qui en toute logique constituent un périmètre plus resserré.

2) Les établissements français ne sont pas exempts du gel des recrutements

Ne nous offusquons pas d’une telle coquille (les journalistes ont bos dos !) et revenons-en à nos faits. Sur l’Observatoire des métiers de la banque, il apparaît bien que le secteur subit les joies et affres du marché de l’emploi, comme l’indique le document ci-dessous (ou ici), qui concerne cette fois le périmètre ABF (c’est-à-dire 200.000 salariés sur les quelque 380.000 salariés des banques en France). Toutefois, les tendances observées ne sont pas très différentes pour les autres réseaux mutualistes qui composent la FBF , précise la fédération sur son site.


Source : Observatoire des métiers de la banque

Par extension, iI est à parier que le chiffre de 30.000 recrutements cette année par les banques françaises est pour le moins approximatif, si ce n’est erroné. Contrairement à leurs consceurs étrangères, les banques françaises ne dévoilent pas dans leurs résultats financiers leur headcount. Seul le bilan social de chacune, généralement publié en milieu d’année, couvre les données de… l’année précédente.

3) Reprise des recrutements certes, mais pas de création de postes

Rassurons-nous, 2010 n’a pas grand-chose à voir avec la traversée du désert de 2009. Le recrutement du secteur bancaire a bel et bien repris. C’est un fait (?):CA, SG, BNP P., BPCE, Banque postale et HSBC ont déjà signé plus de 15.000 CDI cette année, selon La Tribune. Et autant serait à venir d’ici à la fin de l’année.

Dopé par une pyramide des âges vieillissante, le recrutement correspond à une marge d’ajustement, selon un responsable de banque cité par le journal. Et pour cause, l’âge moyen est d’environ 42 ans et 18% des salariés du secteur bancaire ont 55 ans ou plus. Les créations pures de postes se situent donc à la marge, les développements d’activité étant limités, et situés davantage à l’étranger.

4) Des embauches certes, mais dans la banque de détail et les activités de support…

Les banques ne donnent pas d’indications chiffrées sur le détail des recrutements par activité, préférant fournir des nombres par type de fonctions (métiers commerciaux=57% des embauches, métiers de management et de support=21% ; métiers de traitement des opérations=22%).

80% du volume des embauches dédiées à la banque de détail constitue une moyenne admise dans le secteur. Le retail banking étant caractérisé par un turn-over important. C’est aussi là où la problématique de la pyramide des âges se fait le plus ressentir.

5) … et majoritairement des emplois pour jeunes dip.

Près des deux tiers des recrutements (64,4 %) concernent des jeunes de moins de 30 ans, en 2009 comme les années précédentes, selon la FBF. Ci-dessous, le détail chez quelques banques, publié par La Tribune.

6) Les miettes pour la BFI et la gestion d’actifs ?

Aux professionnels expérimentés de la BFI, de la gestion d’actifs et de la gestion de fortune qui sombrent dans la dépression à la lecture de ce papier:le tableau n’est pas si noir qu’il n’y paraît. Nous sourions un peu plus que l’année dernière. Cela vaut pour la plupart des activités:banque de financement et d’investissement, gestion d’actifs…, témoigne timidement Denis Marcadet, président et fondateur du cabinet de chasse Vendôme Associés dans L’Agefi Hebdo. Les termes ici sont plus mesurés:phase d’ajustement des effectifs, démarche de stock-picking, ou encore priorité au “copier-coller”.

Et Arnaud de Courson, associé fondateur d’Alveol Partners, d’ajouter:Même s’il n’y a pas une très forte croissance du nombre de banquiers à Paris, on assiste à des mouvements d’une banque à l’autre. Notamment grâce aux banques étrangères qui restent actives. Pour les banques françaises, on repassera !

commentaires (10)

Comments
  1. Effectivement, un joli chiffre qui n’a trop rien a voir avec la réalité du marché…Pour avoir passé plusieurs entretiens dans cette fameuse banque verte, pour des postes qui n’ont jamais vu le jour…

    A croire que ces entretiens sont destinés à alimenter leurs bases de données et de justifier les salaires des RH…C’est le même son de cloche, pour les autres banques.

    Les embauches se font effectivement en banque de détail, et dans les métiers de support & IT…mais la finance reste plus ou moins gelée…

  2. 100% d’accord avec le premier commentaire. Les banques de réseaux aiment bien se faire la pub en publiant des beaux articles sur l’embauche et en participant aux forums de recrutement mais en réalité les postes sont tellement peu nombreux qu’en général il faut se faire aider de l’intérieur de l’établissement pour l’avoir.

    Lorsqu’un établissement dispose de trois postes il va passer une trentaine d’annonces dans différents journaux, elle va participer à des forums, elle va passer une pub à la radio en disant qu’elle embauche, mais en réaliter sur les 3000 CV qu’elle va recevoir trois seront séléctionnés sur plus de 300 entretiens qui en général découragent les candidats. Vous pouvez deviner qui va être choisi.

  3. Mon avis est que les DRH du Crédit Agricole sont tout sauf très compétents. Je connais pas beaucoup de monde qui souhaite travailler dans cette banque.

    Je pense que Square Habitat est une catastrophe question salaires. Un conseil : vaut mieux éviter cette banque si on veut travailler dans la banque de détail car ils n’ont aucun moyen.

  4. En ce qui me concerne, je serais curieux de savoir quelles sont les banques étrangères qui embauchent à Paris en BFI….Quand on les appelle, elle ne prévoit aucun recrutement!!!!!

  5. Nous avons pris connaissance de l’article sur les embauches dans le secteur bancaire, et relevé le ton assez vif sur lequel on reproche des inexactitudes à la Fédération bancaire et à son président. Or il s’avère que les inexactitudes ne sont pas du côté… bancaire.

    La profession bancaire, qui regroupe bien l’ensemble des banques exerçant une activité en France – soit l’ensemble des banques commerciales et des banques mutualistes (périmètre de la FBF) – a recruté 30 000 personnes en 2009.

    Les données de l’Observatoire des métiers de la banque ne s’opposent en rien à celles de la profession. Simplement, elles se réfèrent aux seules banques commerciales (périmètre de l’AFB). Et les recrutements y ont lieu au même rythme que dans l’ensemble du secteur.

    Certes, cette double structure peut susciter des confusions…

    Observatoire_Métiers_de_la_Banque Répondre
     
  6. Merci à l’Observatoire des métiers de la banque d’avoir réagi à l’article. Mon propos manquait en effet de clarté dans la partie 2) Les établissements français ne sont pas exempts du gel des recrutements .

    Aussi ai-je directement ajouté dans le texte que le premier tableau évoquait bien les chiffres du périmètre AFB (et non le périmètre FBF), c’est-à-dire 200.000 salariés sur les quelque 380.000 salariés des banques en France. Toutefois, les tendances observées ne sont pas très différentes pour les autres réseaux mutualistes qui composent la FBF , précise la fédération sur son site. Ce qui laisse croire que le chiffre total des recrutements (30.000) est lui aussi soumis à des variations annuelles.

    J’espère in fine que les lecteurs s’y retrouveront !

    Julia Lemarchand, responsable éditoriale Répondre
     
  7. bonjour je suis d’accord avec le commentaire de pierre, 30000 embauches c’est une grosse mascarade !
    Avec la crise les banques en France baissent les salaires a fond en back, middle. ils paient au lance pierre c’est dingue, 30k quelle comédie !
    5 ou 10 ans expériences, ils vous paieront 30k car elles ont tellement le choix de candidat en France. Les jeunes, il faut quitter la France je vous conseille et tenter l’asie pour vous en sortir

  8. Bonjour,
    Je suis entièrement d’accord avec Pierre et Franck.
    Ces chiffres ne reflètent point la réalité du marché.
    On voit bien que les embauches sont gelées et que la rémunération stagne.
    Mesdames et messieurs les journalistes : arrêtez de nous mentir sur ces chiffres….

  9. Je trouve cet article plutôt bien rédigé, commentaires, graphiques et données chiffrées à l’appui.
    Je tenais à le souligner parce qu’il me semble que trop souvent (en bons Français), on a tendance à critiquer et relever les erreurs mais se taire lorsqu’il faudrait au contraire féliciter.
    Merci à Julia Lemarchand.

  10. 30k pour 5 ans d’experience c’est un scandale. dans le tiers monde on paye ca en finance (et le cout de la vie est pas aussi eleve qu’a paris, seule temple de la finance, surtout les loyers) ! pourquoi encore faire des etudes en france, pays du futur quart monde.
    le futur de la finance c’est en asie, singapour, hong kong, shanghai sont les places du futur.

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