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La controverse allemande sur les salaires s’intensifie

Un des dirigeants de la commission gouvernementale qui a participé à l’élaboration de la loi a reproché à ses rédacteurs de ne pas aller assez loin pour obliger les sociétés à divulguer les rémunérations de leurs dirigeants.

Christian Strenger, un administrateur de DWS Investments, la branche fonds commun de placement de Deutsche Bank, a affirmé que Theodor Baums, dirigeant de la commission gouvernementale, aurait dû obliger non seulement les PDG mais également tous les principaux administrateurs à divulguer leur rémunération.

Constatant que les grandes sociétés allemandes n’appliquaient pas le système de déclaration volontaire existant, Baums, professeur à l’Université de Francfort, a élaboré une loi rendant obligatoire la divulgation des salaires du conseil d’administration. Selon Baums, le régime de déclaration obligatoire a été élaboré en prenant exemple de près sur les règles anglaises.

Selon Strenger, ancien PDG de DWS Investments, Baums n’a pas choisi le bon moment parce que la plupart des sociétés constituant le Dax 30, l’index allemand des grandes sociétés, appliquaient déjà la règle de déclaration volontaire. De nombreuses sociétés du Dax 30 auraient décidé ces deux dernières semaines d’adhérer au système de déclaration volontaire après avoir traîné les pieds pendant des mois. Stenger a affirmé que les sociétés préfèreront peut-être maintenant attendre une loi plutôt qu’appliquer le système de déclaration volontaire.

Il a confié au Financial News : La loi de Baums a été rédigée avec les meilleures intentions mais il y a un risque que les sociétés relâchent leurs efforts en attendant l’élaboration de la nouvelle loi. Nous avons fait énormément pression sur les sociétés du Dax et nous risquons maintenant de revenir à la case départ.

Strenger soutenait que l’ensemble des directeurs devraient être obligés de divulguer leur rémunération.

Pour Baums, seuls les PDG devaient être obligés de divulguer leur salaire : “pour les autres cadres, le système de déclaration volontaire s’appliquera et je ne vois pas la nécessité de rendre la divulgation obligatoire” annonçait-il.

Selon le standard minimum du système obligatoire mis en place, les sociétés devront divulguer les rémunérations payées aux PDG et les rémunérations agrégées versées aux directeurs.

Un conseil de supervision composé d’administrateurs indépendants sera nommé pour examiner la politique de la société, les structures et les objectifs de rémunération ainsi que les systèmes de primes à long terme.

Selon Baums, Brigitte Zypries, le ministre de la justice allemand, a annoncé que le système obligatoire serait introduit l’année prochaine après une nouvelle année de rapports annuels.

Le groupe d’assurance allemand Allianz a annoncé la semaine dernière qu’il divulguerait individuellement les rémunérations des membres de son conseil de direction.

BASF, le groupe de chimie et Volkswagen, le constructeur automobile, seraient les moins disposés à appliquer le système de déclaration volontaire.

Josef Ackermann, le PDG de Deutsche Bank, est le cadre le mieux payé d’Allemagne : il a perçu une rémunération totale de €11m ($13.4m) l’année dernière.

La pression pour une plus grande transparence s’est accrue en Allemagne depuis que des informations sur les bonus payés aux cadres de la société de téléphonie mobile Mannesman ont filtré suite à son rachat par Vodafone Royaume-Uni.

Klaus Esser, le PDG de Mannesmann, a reçu un bonus supplémentaire de €14.9m, ce qui était supérieur à l’indemnité de départ prévue dans son contrat. Les directeurs de Mannesmann, y compris Ackermann, n’ont vu aucune infraction retenue contre eux pour les paiements effectués en juillet.

Au début de ce mois, DSW, l’association allemande des actionnaires minoritaires, a désigné et critiqué cinq des plus grandes sociétés du pays qui ne fixent pas la rémunération des dirigeants en fonction des résultats de l’entreprise, augmentant ainsi la pression pour une plus grande transparence. Selon DSW, les groupes pharmaceutiques Schering et Bayer, le groupe de réassurance Munich Re, le groupe RWE et le constructeur automobile BMW ont augmenté les rémunérations des membres de leur conseil d’administration alors même que les profits diminuaient ou que les groupes connaissaient des pertes.

Source : Financial News Online

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