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Comment les traders juniors se méprennent sur ce qu’on attend d’eux

futur trader

Ne soyez pas trop sûr de vous…

Si vous survivez à un stage de trading en banque d’investissement, c’est que vous êtes bon. Peut-être même exceptionnellement bon. Mais ne vous laissez pas aveugler par vos qualités au point d’en oublier vos défauts.

David Hesketh a passé près de quatre ans comme trader chez Bank of America Merrill Lynch à Londres. Il est aujourd’hui COO de Financial Skills Limited, la société qu’il a fondée et qui fournit des simulateurs de trading aux banques d’investissement. Les banques utilisent ces simulateurs pour évaluer les étudiants durant les stages d’été. Dans les faits, cet ancien trader se trouve aujourd’hui dans une position quasi unique pour identifier les erreurs des jeunes traders qui débutent.

« Les principales banques d’investissement au niveau international ainsi que plusieurs hedge funds ont utilisé notre simulateur pour évaluer leurs stagiaires. Les problèmes qui en ressortent sont communs à l’ensemble du marché », assure David Hersketh.

Ils multiplient les opérations jusqu’à l’excès

Pour le patron de Financial Skills, la première méprise des traders juniors est de croire que c’est en accumulant les opérations qu’ils sont le plus susceptibles de gagner de l’argent. Si vous n’êtes pas un ‘flow trader’ travaillant sur le système propre d’une banque, c’est une stratégie perdante.

« Les traders dans les banques peuvent multiplier les opérations en séance : ils ont beaucoup plus d’informations exploitables sur les tendances et ils voient les mouvements, explique-t-il. En général, les banques sont également teneurs de marché – elles gagnent de l’argent en jouant à la fois sur l’offre et la demande. Si vous êtes stagiaire ou junior, vous n’avez pas accès à ce niveau d’information. C’est un handicap ».

Plutôt que de privilégier les opérations en séance à court terme, Hesketh conseille aux novices d’utiliser son simulateur pour avoir une vision à plus long terme. « Faites vos recherches, élaborez une stratégie réfléchie avec des seuils de stop loss et take profit et prenez le temps de faire évoluer votre position quelques jours ou plus. »

Ils ne définissent pas de seuils de stop loss ou take profit

Les jeunes traders oublient de paramétrer leurs points de sortie à la hausse comme à la baisse.

Il est particulièrement important de définir un seuil de stop loss qui vous évitera des pertes au-delà d’un montant déterminé. « L’être humain a tendance à traiter différemment les pertes et les bénéfices, poursuit Hesketh. Nous en sommes arrivés à considérer les pertes comme plus douloureuses que les gains, en raison de la nature asymétrique de la vie. Si vous marchez sur un serpent venimeux en traversant la jungle, c’en sera fini. Jamais les événements positifs de la vie ne compenseront la finalité de la mort ».

Le même principe s’applique aux traders juniors. « Les traders juniors ont tendance à limiter rapidement leurs bénéfices mais à conserver leurs positions en perte lorsqu’elles s’aggravent, dans l’espoir de se refaire », précise-t-il.

Tout comme il est sensé d’appliquer un stop loss à vos opérations, il l’est tout autant de mettre en œuvre un profit take qui soldera une opération à partir d’un certain niveau de bénéfices. Sinon prévient Hesketh, il pourrait être tentant de conserver la position alors que cela n’a plus le moindre sens.

Ils doublent la mise

Le pire pour un trader est de doubler la mise… sur les pertes. Egalement décrit comme ‘la ruine des joueurs’, c’est ce qui arrive quand vous réagissez à une perte en remettant encore plus d’argent, dans l’espoir de voir la situation se retourner à votre avantage pour générer un profit. Pour David Hesketh, « cela dénote une attitude particulièrement inconséquente, et constitue un véritable signal d’alarme ». Environ 40% des novices se rendent coupables de cette pratique, 70% de conserver des positions en perte.

Ils ne raisonnent qu’en termes de pertes et profits

Enfin, la tendance est à croire que les banques vous évaluent en fonction de votre tableau de pertes et profits.

« Même si de toute évidence, c’est un point d’importance, les banques devraient s’intéresser à d’autres aspects bien plus qu’au seul fait de savoir si vous gagnez ou perdez de l’argent, insiste Hesketh. Les stagiaires et traders juniors sont confrontés au même manque d’information que leurs supérieurs pourtant professionnels ».

Au lieu de cela, tout se concentre sur votre façon de gérer les pertes. « Les banques ne veulent surtout pas voir d’arrogance, prévient Hesketh. Elles n’ont rien à faire de ce que vous pensez savoir le mieux, ni que vous considériez que le marché se trompe. Elles ne veulent pas vous voir maintenir des positions de pertes plus longtemps que des opérations bénéficiaires et surtout, elles ne veulent pas vous voir doubler la mise ».

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