☰ Menu eFinancialCareers

Combien vaut un avocat d’affaires spécialiste des fusions et acquisitions ?

A la croisée des chemins entre le droit et les affaires, les fusions et acquisitions font rêver nombre de juristes désireux de participer aux opérations réalisées par de grandes sociétés françaises et étrangères. Ce domaine est d’autant plus attrayant que les salaires y sont particulièrement élevés : des salaires compris en moyenne entre 42 000 et 75 000 euros + bonus à l’entrée qui peuvent atteindre entre 96 000 et 120 000 euros + bonus pour un collaborateur avec cinq ans d’expérience.

Recrutement stable

La première bonne nouvelle est que le domaine des fusions et acquisitions se porte relativement bien, même s’il n’a pas atteint les niveaux de la fin des années 1990. Tel est le constat fait par de nombreux avocats spécialisés dans ce domaine et l’année 2005 ne devrait pas être différente. Selon une enquête réalisée par le cabinet Norton Rose, de l’avis des dirigeants d’entreprise, les opérations de fusions et acquisitions se concentreront principalement dans les secteurs Medias et télécommunications, pharmacie/ biotechnologies et distribution/grande consommation tandis que les intermédiaires financiers estiment, pour leur part, que leur propre secteur sera le plus actif.

Le recrutement est donc stable dans les cabinets français et anglo-saxons qui ont une activité de fusions et acquisitions. Il est à noter que la composition des équipes de fusions et acquisitions diffèrent selon le type de cabinet. Une collaboratrice du cabinet Gide Loyrette Nouel nous explique : les volumes d’affaires des cabinets anglo-saxons sont généralement plus importants que ceux des cabinets français car ils sont souvent spécialisés en droit des affaires tandis que les cabinets français ont en général une activité plus transversale. Les équipes de fusions et acquisitions des cabinets anglo-saxons ont par conséquent tendance à être plus importantes que celles des structures françaises. Parmi les cabinets anglo-saxons ayant une activité de fusions et acquisitions on peut citer Linklaters, Allen & Overy, Skadden Arps Slate Meagher & Flom, Cleary Gottlieb Steen & Hamilton, Clifford Chance, Freshfields Bruckhaus Deringer, Jones Day, Sherman & Sterling LLP… Les cabinets français comptent notamment Bredin Prat, Gide Loyrette Nouel, De Pardieu Brocas Mafei, Jeantet Associés, Veil Jourde La Garanderie, Darrois Villier Maillot Brochier, Rambaud Martel…

Avocats de haut niveau

Quel que soit le type de cabinet, la tendance est à un recrutement de plus en plus exigeant. L’activité d’un avocat de fusions et acquisitions est extrêmement variée et exige la conjugaison de nombreux talents, et ce dès l’entrée en cabinet. L’ancienne collaboratrice d’un grand cabinet américain témoigne : j’ai travaillé dès mon arrivée sur une opération de cession de plusieurs dizaines de millions d’euros avec deux autres collaborateurs. Je me suis très vite rendue compte du rythme effréné qu’exigeait une opération de cette taille : il faut passer de l’audit des documents juridiques en data-room et la rédaction de rapports d’audit, à des réunions de préparation des négociations et à la rédaction de documentation juridique. Quelques mois seulement après mon entrée au cabinet, j’allais seule en réunion avec le client et négociais en réunion téléphonique ou en direct certains points du contrat. Les jeunes collaborateurs sont confrontés à d’importantes responsabilités très tôt dans leur carrière.

Si les salaires sont élevés, c’est que la pression est forte et les journées souvent très longues. Une collaboratrice en cinquième année au cabinet Cleary Gottlieb nous explique : Tout dépend du stade de l’opération auquel nous nous trouvons. Lorsque je travaille sur un deal, mes journées commencent généralement très tôt pour répondre aux mails des différents intervenants de l’opération (acheteur, vendeur, banquiers …). Si on est au stade des négociations, mon travail consistera essentiellement à participer à des réunions avec le client et les autres interlocuteurs et à travailler à la rédaction finale du contrat. Si la signature du contrat a déjà eu lieu, je dois veiller à la bonne réalisation de l’opération : organiser des réunions téléphoniques et mettre tout en ceuvre en vue de la finalisation de l’opération.

La complexité de cette activité a pour conséquence une exigence accrue des cabinets au moment du recrutement. Les cabinets d’affaires demandent de plus en plus aux candidats d’avoir une double, voire une tripe formation : droit, école de commerce ou grande école (HEC, ESSEC, ESCP, Science Po…) et/ou LL.M (d’une grande université anglaise ou américaine). Il est essentiel d’avoir une bonne compréhension financière, comptable et économique des éléments liés à l’opération affirme la collaboratrice de chez Cleary Gottlieb, d’où l’utilité d’une formation commerciale.

Il faut également avoir une grande disponibilité en termes de temps puisque vous pourriez bien sacrifier très régulièrement vos soirées et week-ends pour mener à bien une opération. L’avocat doit pouvoir protéger au mieux les intérêts de son client et être capable de lui expliquer en quoi une clause ou une action pourrait lui être défavorable. Les cabinets apprécient que les candidats aient des qualités de communication, un don pour la négociation (une juste combinaison entre fermeté et flexibilité), des qualités rédactionnelles, un sens aigu de l’analyse et de la discrétion. Enfin, l’anglais est devenu quasi obligatoire pour travailler en cabinet d’affaires.

Combien gagne un avocat en fusions et acquisitions ? Les avocats d’affaires gagnent en moyenne plus que leurs confrères travaillant dans d’autres domaines. Un avocat peut espérer une rémunération mensuelle à l’entrée de 5 000 à 6 000 euros en rétrocession d’honoraires en cabinet anglo-saxon. Les salaires sont généralement un peu moins élevés en cabinet français mais certains cabinets européens préfèrent salarier leurs avocats, ce qui est un système plus avantageux du point de vue des charges à payer. En cinquième année, on parle de rémunération mensuelle comprise entre 8 000 en cabinet européen et 10 000 euros en cabinet anglo-saxon. Les bonus en fin d’année varient en fonction du cabinet et des résultats réalisés par le collaborateur. Au niveau associé, les rémunérations s’envolent et peuvent atteindre des montants astronomiques. C’est sans doute la juste récompense de ceux qui acceptent de donner leur temps au monde des affaires.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici