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Des bonus en baisse de 22% pour les dirigeants de BNP Paribas suite à l’amende américaine

Bonus

L’amende américaine de 6,6 milliards d’euros écopée l’été dernier pèse nettement dans la politique de rémunération et l’enveloppe des bonus des dirigeants de BNP Paribas cette année. En fin de semaine dernière, dans la foulée de l’annonce des résultats de BNP Paribas, le groupe a discrètement publié sur son site Investisseurs des informations sur la rémunération de ses dirigeants.

Le directeur général Jean-Laurent Bonnafé voit son bonus baisser d’environ un tiers par rapport à l’an passé à 1.2 million d’euros ; il perd plus de 883.000 euros en rémunérations différées qui devaient être en principe payées cette année ; et voit son plan de rémunération long terme (PRLT), lié à l’évolution du cours de bourse de l’action BNP Paribas sur 5 ans, raboter de 70%. Enfin son salaire fixe de 1.25 million d’euros est gelé pour 2015, comme pour l’ensemble des dirigeants de la banque. Au final, Jean-Laurent Bonnafé voit de sa rémunération retranchée de 1.87 m€ mais empoche malgré tout 2.4 m€ Share on twitter.

Zéro bonus

Les directeurs généraux adjoints Philippe Bordenave et François Villeroy de Galhau se voient également retirer une partie de leur variable au titre de 2014, retranchée de 856 k€ et 292 k€ respectivement. Au total, l’enveloppe de bonus des trois dirigeants de BNP Paribas baisse de 22% sur un an Share on twitter.

Les grands perdants sont l’ancien président Baudoin Prot, son remplaçant Jean Lemierre, et enfin Georges Chodron de Courcel, l’ex- chief operating officer, qui a pris sa retraite après l’annonce de l’amende américaine record. Aucun d’entre eux ne touchera de bonus au titre de 2014. Les partants Georges Chodron de Courcel et Baudoin Prot se consoleront avec une retraite « chapeau »  annuelle de 330.000 euros et 522.000 euros respectivement.

Qu’en sera-t-il de l’enveloppe des bonus des collaborateurs de la banque ? Fin juillet, peu après l’annonce du montant de l’amende américaine, le directeur général Jean-Laurent Bonnafé, en voyage aux Etats-Unis, avait alors fait la promesse aux équipes encore sous le choc que leurs bonus et leurs stock-options ne seraient aucunement affectés.

Une enveloppe de bonus pour les collaborateurs attendue en baisse

De l’eau a coulé sous les ponts. Et aujourd’hui les experts en rémunération doutent qu’un tel coup de griffe dans les résultats ne soit indolore pour les équipes. La logique étant que les amendes pèsent sur les résultats et par ricochet sur le bonus pool. Reste à connaître l’ordre de grandeur de cet impact, sachant que le bonus moyen chez BNP Paribas au titre de 2013 avait déjà accusé une baisse de 16% sur un an. La banque n’a pas souhaité commenter, renvoyant à la publication de l’information réglementée à ce sujet en mai.

Les Echos évoquait le mois dernier une baisse moyenne de 50% pour les bonus des cadres supérieurs de CIB dits « hors classification » et de -30% pour les collaborateurs du niveau hiérarchique situé immédiatement en dessous (niveau K).

La marge de manœuvre est en même temps limitée, et la fuite des talents une crainte justifiée. Le goupe a déjà dû laisser partir 13 employés à la demande de la justice américaine. Selon le Financial Times figurent dans cette liste Jean Clamon, responsable de la compliance ; Vivien Lévy-Garboua, senior adviser auprès du comité exécutif et ancien responsable de la compliance ; Christopher Marks, responsable de l’activité « debt capital markets » ; et Stephen Strombelline, reponsable de l’éthique et de la compliance pour l’Amérique du Nord.

Départs provoqués

Certains ont anticipé l’annonce des bonus et ont quitté les rangs récemment comme Olivier Chermette, responsable de l’arbitrage proprietary trading depuis 2006 ou bien Bertrand Divet, MD et trader senior spécialiste des dérivés de crédit. À part ces professionnels du fixed income, qui BNP Paribas laissera partir avec des bonus en berne ? Les professionnels des activités Energies et Matières Premières que la banque veut « redimensionner » ? Les sales sur la clientèle des entreprises alors qu’il est question de « simplifier le dispositif commercial notamment en Europe » ?

Dans le même temps, des bonus « zéro » et des départs ciblés pourraient permettre à la banque d’enterrer définitivement son projet de suppressions de postes dans les activités CIB. L’organisation d’un comité central d’entreprise (CCE) exceptionnel, prévue à ce sujet le 27 janvier, avait été finalement annulée et reportée sine die.


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