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Seront en berne en 2011…

Beaucoup parlent de la crise au passé. Mais pour un certain nombre, la page n’est pas tournée. L’horizon aurait même tendance à se boucher…

Les spécialistes des produits structurés

Les produits structurés ne sont pas en odeur de sainteté auprès des institutionnels qui continuent de favoriser des produits plus light. Nous ne voyons pas ce marché repartir à court terme alors que certains indicateurs semblaient encourageants. La crise irlandaise a sapé les maigres espoirs d’une reprise des marchés des structurés actions notamment. Côté couvertures institutionnelles, les équipes sont réduites au minimum pour assurer le suivi clients mais on ne voit pas de recrutement arriver dans le futur proche à tel point qu’au moment de la reprise, il faudra s’attendre à une pénurie de spécialistes , confie Frédéric Pommier, associé du cabinet de chasse Euro RH spécialisé en capital market et asset management. D’après lui, sur les profils de sales par exemple, on va aller vers encore plus de polyvalence, en privilégiant ceux capables de travailler sur une palette plus large de produits, allant de la vanille à l’exotique.

Le trading à haute fréquence

On reconnaît que ce choix est discutable car les stratégistes, développeurs quants et autres traders algo sont redevenus des profils très prisés. En revanche, une chose est sûre, cette activité n’est pas en odeur de sainteté auprès des régulateurs et dirigeants politiques. Christine Lagarde envisage de brider cette activité, voire de l’interdire dans certains cas. L’Europe pourrait également fixer une limite à leur présence sur le marché, en proportion des transactions.

Banque privée

Les big players sortent de la crise un peu groggy au profit des acteurs de niche. Les restructurations, réorganisations, et optimisations sont davantage des thèmes sur l’agenda 2011 que des recrutements massifs en raison d’une diminution des marges bénéficiaires. Ce sera notamment le cas chez BNP et SG, qui privilégieront la mobilité interne, selon un chasseur spécialisé. C’est une nouvelle réalité. Elle s’explique par une hausse des coûts, notamment en lien avec une réglementation toujours plus contraignante. Les revenus sont également sous pression : avec des taux d’intérêt proches de zéro , confiait Jacques de Saussure nouvel associé senior de la banque Pictet & Cie dans une récente interview au journal Le Temps. Pour lui, l’âge d’or des banquiers privés s’achève : nous avons eu des périodes favorables qui se traduisaient par le fait que les collaborateurs de notre industrie, à compétences égales, pouvaient espérer des rémunérations plus élevées qu’ailleurs. C’est probablement encore un peu le cas, mais moins qu’auparavant , dit-il pudiquement.

M&A

Le volume de transactions au niveau mondial a augmenté de 9 % en 2010 sur un an, mais la reprise n’a pas concerné l’Europe où les volumes ont baissé de 4 %. Une situation qui contraint à la prudence pour 2011. Celui qui vous assure que l’an prochain sera meilleur que 2010 se méprend ou ment , confiait récemment un investment banker au Financial News.
Les chasseurs parisiens sont plutôt dubitatifs. Je ne vois pas de vague de recrutements en 2011 car il n’y a pas a priori de gros besoins. Rappelons que pendant la crise, il y a eu finalement peu de suppressions d’emplois dans ce secteur, commente Odile Couvert, fondatrice et managing partner du cabinet de chasse spécialisé Amadeo Executive Search. La seule qui souhaitait se renforcer dans ces métiers est SocGen, elle l’a fait en 2010 en recrutant notamment une quinzaine de profils seniors sur Paris. Chez BNPP, les équipes sont en place. Natixis n’affiche pas d’ambitions particulières et chez CACIB c’est l’incertitude à la suite de la récente réorganisation et du départ d’hommes clés.

Back-office

Entre industrialisation, projets de mutualisation entre concurrents voire externalisation, l’avenir des métiers du back-office n’est pas réjouissant. Selon une étude Eurogroup publiée courant 2010, 69 % des banques consultées considèrent que le développement des usines jouera un rôle important dans les années à venir. Selon les établissements, leur mise en place pourra générer de 15 % à 30 % de baisse des coûts de main-d’ceuvre (via l’externalisation). La politique des banques de détail est de ramener le ratio front / back à 80 % / 20 %, contre une réalité plutôt à 65 % / 35 %. Mais c’est compliqué et cela donne lieu à des situations de détresse individuelle , confiait récemment le DRH d’un groupe financier à l’Agefi. LA BFI n’échappera pas à moyen terme à ce processus de rationalisation, comme on a pu le vivre déjà dans les métiers titres.

La France

Deux millions et demi de Français ont déjà quitté le pays et ils sont de plus en plus nombreux à partir. C’est du moins ce qu’affirme Corinne Maier, auteur française de Tchao la France, partie s’exiler en Belgique, dont elle vante les mérites. Son pamphlet publié en octobre dernier donne 40 bonnes raisons de quitter l’Hexagone. Après la publication de Bonjour Paresse en 2004, un ouvrage acerbe sur le monde du travail qui a remporté un grand succès, cette nouvelle satire dresse un portrait général de la France et des Français pas très sexy… La recherche d’emploi est particulièrement complexe si l’on n’a pas le nom, le statut social, et la couleur de peau qui vont bien, assure-t-elle. Bref, le monde de l’entreprise français serait impitoyable et sclérosée. C’est sûr, dit comme ça, cela ne donne pas très envie de rester… (Bloomberg).

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