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Les leçons à retenir de la succession de Warren Buffett

À 80 ans, le sage d’Omaha , qui gère depuis 1965 la holding Bershire Hathaway, est bien décidé à passer la main. Warren Buffett a présenté mardi, après des années de chasse, son nouveau directeur des investissements, comme celui qui a le plus de chances de lui succéder . Il s’agit de Todd Combs. La sélection de ce gérant est certainement source d’enseignements. Le papi milliardaire, troisième fortune mondiale selon le classement Forbes 2010, n’est-il pas réputé pour son excellent flair ?

1 – Pas besoin d’être une star pour croire en sa bonne étoile…

Le dauphin de Warren Buffett n’était pas dans le radar de la presse, ni des spécialistes. Il présente l’avantage de ressembler à n’importe quel Américain , selon son nouveau patron. Todd Combs est gérant du petit fonds spéculatif Castle Point Capital, créé il y a 5 ans à Greenwich dans le Connecticut, qui gérait jusqu’à présent 400 millions de dollars d’actifs, à comparer avec un portefeuille de participations valorisées à plus de 50 milliards de dollars chez Bershire.

Bref, plutôt un “small fish”, résume le Wall Street Journal.

Les gens les plus talentueux avec le jugement le plus indépendant ne se trouvent pas dans les grande structures , a fait remarquer à l’agence Reuters James Armstrong, président de Henry H. Armstrong Associates à Pittsburgh.

2- …ni d’être un vieux loup

Todd Combs n’a que 39 ans. Cette nouvelle a quelque peu surpris les analystes, qui s’attendaient plutôt à un gérant de 50-60 ans comme dauphin de Warren Buffet , commentait la rédaction de Next Finance.

Selon un rapport de la firme en 2007, il y avait alors quatre dauphins potentiels en interne et à l’extérieur de la firme. Ils sont jeunes ou d’une cinquantaine d’années, aisés ou riches, et veulent travailler pour Berkshire pour des raisons qui vont au-delà de la rémunération , avait alors déclaré Warren Buffet. Il y a trois ans, il a donné à chacun d’entre eux 5 milliards de dollars à gérer afin d’étudier leur performance respective. L’an dernier il a reconnu qu’aucun n’avait échappé à la crise financière.

3 – Avoir une formation solide (de surcroît la même que son futur boss) est un atout précieux

Todd Combs est diplômé de Columbia University (promotion 93), la 4ème université du pays (derrière Harvard, Princeton, et Yale) selon les classements américains. Il a une majeure en finance et business international. Il se trouve que Warren Buffet a étudié dans la même université (Les Echos).

4 – Etre un bosseur…

La presse anglo-saxonne évoque un travailleur méticuleux. Todd Combs a, en tout cas, appris ses gammes, sans précipitation. A la sortie de l’école, il a travaillé dans le service financier de l’Etat de Floride, sa région d’origine, avant d’intégrer Progressive Insurance, où il a été en charge d’établir les taux des assurances automobiles.

En 2005, il a monté son propre fonds Castle Point Capital, spécialisé dans les services financiers. Et ce, grâce à l’investissement de Chuck Davis, un banquier de Goldman Sachs, qu’il l’a repéré alors qu’il était au comité d’administration de Progressive.

5- …et le prouver par des résultats (encore et toujours)

L’histoire de Todd Combs prouve, une nouvelle fois, que les crises sont des périodes propices aux opportunités. Castle Point Capital gérait 395 millions de dollars au 1er juillet, selon une lettre aux investisseurs obtenue par Reuters. Depuis sa création en novembre 2005, le fonds a gagné 28%, à comparer à la baisse de 49% de son indice de référence, l’indice SPDR des services financiers. Et son portefeuille est aujourd’hui regardé à la loupe.

Certains analystes pourtant doutent de la viabilité de ce candidat pour la succession de Warren Buffet, cinq ans étant considéré pour beaucoup comme une période trop courte pour véritablement faire ses preuves en tant que gestionnaire. Mais il va de soi que la performance de ce dernier sera suivie de près par son nouveau patron, qui ne met pas toutes ses billes dans le même panier. Son capital sera partagé avec d’autres gestionnaires. Seul le résultat départagera les candidats.

commentaires (5)

Comments
  1. Le 3ème point est très contestable surtout dans le milieu des hedge funds américains.

    Les américains privilégient toujours l’expérience au diplome prestigieux d’une grande université.

    Ce 3ème point sort de la mentalité de l’auteur de l’article qui doit être français.

  2. Todd Combs a fait ses preuves dans l’ombre, il a certainement travaillé très dur et il est sans aucun doute un homme brillant mais malheureusement aujourd’hui où il devient “Homme public”, il risque d’être surveillé au cm près, non pas en positif mais pour trouver la moindre erreur qui sera “médiatisable”. Pour ma part, je lui dit bravo et lui souhaite beaucoup de courage

  3. L’oiseau rare ne se trouve pas toujours dans les grosses entreprises. Dans un monde aujourd’hui très compétitif le flair pour trouver l’oiseau rare constitue un pari gagné. Le candidat, un bosseur, pourra je le pense relever les défis de ce poste prestigieux.
    Et si les dirigeants africains avaient ce flair pour recruter des bosseurs, on ferait beaucoup de pas en avant car ce qui nous faut actuellement ce sont des bosseurs.

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