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Pourquoi il faut travailler pour une ‘boutique’, par le responsable de Moelis Europe (en pleine croissance)

boutique bank

S’il y a une chose à laquelle les candidats à un emploi en banque d’investissement doivent aujourd’hui prêter la plus grande attention, c’est bien la dynamique de croissance de la société et de l’activité ciblée. La tâche est loin d’être aisée puisque le secteur fait face à une baisse des revenus cyclique ou irréversible (selon les avis) dans un certain nombre de divisions. Alors Mark Aedy, responsable pour la zone EMEA et Asie de Moelis & Co, la petite banque d’affaires indépendante américaine à qui tout réussit, a un conseil – travailler pour une boutique !

Mark Aedy possède une expérience de plus de 30 ans dans la banque d’investissement, il a occupé des postes de direction chez Deutsche Bank et Bank of America Merrill Lynch – où il a managé l’activité de banque de financement et d’investissement (BFI) pour la région EMEA – jusqu’à ce qu’il décide de prendre sa « retraite » en 2009 à l’âge de 50 ans. Une pause de courte durée puisque quelques mois plus tard, la même année, il prit les rênes opérationnelles de Moelis en Europe.

« J’ai commencé à travailler depuis mon appartement de Chelsea et maintenant nous sommes près de 600 personnes », a déclaré Mark Aedy à la conférence de la London School of Ecnomics consacrée à la banque d’investissement la semaine passée. « Nous avons frappé fort, sur le terrain, en conseillant les dirigeants du fonds Dubaï World sur sa restructuration. Ce qui nous a fait connaître, et nous a permis d’interagir avec des clients et d’autres banques dans le monde entier. Ce dossier a été le point de départ de la dynamique de croissance de notre activité ».

Mark Aedy, qui connaît bien les divers types d’acteurs du conseil en banque d’investissement, pense aujourd’hui – sans grande surprise  – que les boutiques (et plus largement tous les établissement qui n’appartiennent pas aux “bulge brackets”) – offrent les meilleurs choix de carrière.

« Notre société se développe, ce qui est extrêmment rare dans notre industrie de nos jours, a-t-il affirmé. Quelle que soit l’industrie vers laquelle vous vous orientez, assurez-vous qu’elle est en pleine croissance. La banque d’investissement est « surpeuplée » et, de fait, est condamnée à rétrécir. Ce processus est en cours, mais il reste encore un long chemin à parcourir ».

L’âge d’or des boutiques

Aux États-Unis, les boutiques sont en vue. En 2013, ces petites banques d’investissement indépendantes, ont réussi à s’arroger 20% des revenus du marché américain des M&A, soit plus du double des 8% de part de marché qu’elles avaient au déclenchement de la crise en 2008, selon les données de Dealogic.

Moelis a vu ses revenus bondir de 30% sur un an au troisième trimestre, à 128 millions de dollars. Les rémunérations de ses collaborateurs ont parallèlement été revalorisées en moyenne de 17% sur la période, avec une moyenne de 392 k$ par tête pour les 3 premiers trimestres de 2014.

La rémunération est l’un des arguments clés pour attirer les talents chez ces petites structures, dont la marge de manœuvre est en rien comparable aux grands groupes bancaires. « Aucune chance qu’un régulateur vienne me dire combien je dois payer mes collègues. C’est mon business. Je paye mes analystes, associés et VP comme je l’entends », a relevé Mark Aedy.

Le banquier d’affaires confirme que la « fuite des talents » dont souffrent les grandes institutions bancaires profite aux boutiques. Il y a très peu de divisions de grandes banques d’investissement à qui l’avenir sourit. « La recherche est malmenée par la remise en cause de son modèle de rémunération, les activités Taux sont clairement en train de perdre du terrain, les activités Acions gravitent de plus en plus vers des plateformes électroniques, ce qui a d’inévitables conséquences sur les effectifs – Un contexte franchement difficile donc », conclut Mark Aedy, pour qui seuls la gestion de fortune et le conseil (advisory) tirent aujourd’hui encore leur épingle du jeu.

Modestie” requise

Alors, supposé que vous ayez été convaincu par la proposition de Moelis, que faut-il pour les convaincre de vous embaucher ? Mark Aedy assure que les embauches se réalisent en grande majorité à l’issue d’un stage pendant lequel « nous pouvons vous observer autant que vous vous faites une très bonne idée de qui nous sommes et de ce que nous faisons ».

« Nous adoptons une approche collaborative, nous ne sommes pas une franchise de particuliers. Si vous pensez que le succès signifie qu’il faille oublier d’être modeste et poursuivre son seul intérêt personnel, alors ne nous envoyer pas votre CV. Par contre si vous avez envie de construire ensemble avec vos collègues et pairs, alors envoyez-nous votre candidature », a expliqué devant l’auditoire de la LES.

En Europe, la boutique qui a une présence à Londres, Francfort et Paris, poursuit son offensive. Elle a annoncé en septembre le recrutement à Francfort de Jan Caspar Hoffmann, débauché chez SocGen. Ce dernier sera chargé à partir de février 2015, date de sa prise de fonction, du développement de la société dans la région germanophone et au-delà.

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