☰ Menu eFinancialCareers

Ces endroits où les élites se retrouvent à l’écart du reste du monde

Appartenir aux cercles les plus fermés présente de nombreux avantages mais il est très difficile d’y entrer. Quatre fois par an, des groupes de sept personnes, notamment banquiers chevronnés et directeurs généraux d’entreprises, se retrouvent un jour ou deux à Berkeley Square dans le West End de Londres pour discuter des challenges associés à leur position de décideurs.

L’organisation est quasi-clandestine. Ses membres se retirent dans un endroit tenu secret pour dormir. Aucune de leurs conversations ne doit sortir de la pièce. Si des participants venaient à se rencontrer en d’autres circonstances, ils ne doivent pas faire mention de ces relations secrètes en présence de tiers.
Bienvenue dans le monde des clubs privés. L’institution en question s’appelle Merryck & Co. Selon David Carter, son président et fondateur, c’est, pour ces dirigeants de haut niveau, l’occasion de parler business dans le plus grand secret et sans la moindre contrainte. ‘C’est un cénacle très riche et très puissant. Quiconque briserait le cercle, romprait le charme’ indique-t-il.
Chris Meares, directeur général de HSBC Private Bank au Royaume Uni, Peter Crook, managing director de Barclaycard au Royaume Uni ou Jim O’Neill, chef économiste international chez Goldman Sachs, comptent parmi les membres du cercle Merryck. ‘Etre dans la même pièce avec des individus brillants dans leurs métiers et issus de différentes industries favorisent la réflexion. C’est très stimulant et cela procure quelques avantages’ affirme Carter qui souligne le caractère très sélectif de Merryck’s: la moitié des candidats sont écartés.
Le Groupe Bilderberg est un rassemblement annuel confidentiel d’une centaine de ministres, gouverneurs de banques centrales, journalistes, universitaires et entrepreneurs. Ce groupe impose des règles de confidentialité comparables à celles du cercle Merryck. Il a été fondé dans les années 50 par le Prince Bernhard des Pays Bas.
Au moins six banquiers d’affaires ont pris part à la dernière réunion l’an passé à Versailles, à en croire une liste officieuse. Philippe Villin, ancien président de Lehman Brothers en France, en fait partie. Participer à ce rassemblement qui dure quatre jours confère un certain statut selon lui. Très peu de personnes sont invitées d’une année sur l’autre, mais les plus seniors peuvent se débrouiller pour dégoter une invitation, affirme Villin.
Certains banquiers peuvent également solliciter une invitation à la grande messe annuelle du Forum économique mondial de Davos, ou encore au groupe américain des 30 qui traitent de sujets économiques et monétaires. Ce dernier symposium est présidé par Jacob Frenkel, le président de Merrill Lynch International. Un tiers de ces membres environ viennent de la banque d’investissement. Il en est ainsi pour Sir David Walker, ancien président de Morgan Stanley International.
John Walsh raconte qu’il lui a été difficile de rentrer dans ce groupe des 30 dont il est aujourd’hui le directeur général. Personne ne se porte jamais candidat. ‘C’est un processus interne de cooptation où les membres identifient les nouveaux entrants potentiels’ indique t-il.
Les financiers chevronnés laissés au bord de la route par l’élite internationale peuvent se rabattre sur un large éventail de cercles locaux qui n’en sont pas moins valorisants. A Londres il y a des clubs de dîners privés comme le Walbrook, des clubs de nuit comme Annabel’s, ou encore les traditionnels clubs de gentlemen comme White’s, Brooks’s ou Buck’s.
Simon Brocklebank-Fowler, président de Cubitt Consulting, société de relations publiques spécialisée dans l’industrie financière, et membre du Walbrook, de Buck’s et d’Annabel’s, rapporte que les clubs de gentlemen sont les plus fermés. Un candidat doit être parrainé par un membre et coopté par 5 à 6 autres pour être sur la liste d’attente entre 5 et 10 ans.
Mais l’appartenance à ce genre de club n’est pas un gage de succès dans les affaires ou d’une carrière réussie. Brocklebank-Fowler précise que ces clubs n’ont plus un grand intérêt pour faire du business. Les clubs de Gentlemen ont généralement une règle qui interdit ce type de relations. Quiconque surpris à parler business sera invité à quitter le club. Dans d’autres maisons, l’ambiance, l’alcool aidant, rend impossible toute discussion sérieuse : ‘Je n’ai jamais rencontré personne qui soit sobre et utile dans ce genre d’endroits’ rapporte-t-il.
Appartenir à ce genre de club offre certains avantages non quantifiables. Il s’agit surtout de passer du bon temps aux bons endroits avec les bonnes personnes même si elles sont souvent éméchées. C’est un endroit génial pour se détendre avec des clients, raconte un cadre supérieur d’un fond de private equity londonien, membre du Annabel’s ‘Le temps passé avec les clients ou les prospects en dehors d’un contexte de travail est beaucoup plus dense et riche. Ils vous accorderont leur confiance s’ils trouvent que vous êtes quelqu’un de bien qui fréquente des clubs géniaux avec des amis non moins géniaux.’
Henrietta Royle, directrice des opérations de la Cass Business School et ancienne banquière chez NM Rothschild, est membre du Walbrook. D’après elle, appartenir à ce genre de club permet de cultiver son réseau. ‘J’adorerais aller à Davos mais il faut avoir une renommée mondiale pour être invité. Le Walbrook rassemble les gens qui comptent dans la City de Londres. Vous rencontrerez des gens haut placés si vous êtes membre.’
Certains banquiers de haut niveau relativisent l’intérêt de ces clubs. L’un d’entre eux confie ‘Ce n’est pas mon truc. Je suis associé dans une banque américaine de premier ordre. Ça c’est le club le plus fermé de la planète. Je n’ai pas besoin d’en fréquenter d’autres.’

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici