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Comment les banques ciblent les talents de la fintech

dessin d'un geek

Comment séduire la communauté des geeks et autres hipsters

Chaque année, les banques d’investissement dépensent des milliards dans de nouvelles technologies, pour cela payant des armées de développeurs, d’architectes et de project managers. Leur mission : générer une offre de produits innovants ou, à tout le moins, faire en sorte de rester dans la course. Reste que travailler dans l’industrie financière n’est pas « cool ».

Il faut dire que les banques rivalisent avec les grands groupes technologiques et l’univers en plein essor des startups fintech, qui ont mis la main sur les informaticiens talentueux et les détournent d’une industrie financière qui a pourtant de sérieux arguments salariaux. Pour convaincre ces derniers, les établissements bancaires n’ont pas jeté l’éponge mais choisissent plutôt des chemins détournées et/ou endossent une apparence plus Google-esque. Voici comment les banques s’y prennent pour incuber une génération de geeks pour s’assurer d’en récolter le maximum d’innovations.

Credit Suisse : financement d’un programme de bourses

Credit Suisse figure parmi les principaux financeurs de l’Anthemis Fellowship, un programme de 12 mois avec pour objectif de dénicher la nouvelle génération d’entrepreneurs de la Fintech et de les aider à développer leur talent. Ce programme est mené par Anthemis Group, une société informatique de services dédiées à la banque d’investissement. La banque suisse est l’un des trois principaux sponsors de cette initiative, qui lui permet de se rapprocher des talents bourgeonnants du web – des profils que la plupart des banques peinent à attirer. Sarah Wilkinson, managing director chez Credit Suisse, dit que la « priorité donnée par ce projet à l’émergence de talents du digital » est unique en son genre.

Goldman Sachs : se connecter avec la communauté des développeurs

Goldman Sachs vante régulièrement ses codes de trading algorithmique, censés leur donner toujours une longueur d’avance sur ses concurrentes. La banque d’affaires utilisent même un langage de programmation maison, appelé Slang, dans nombreuses de ses applications. Cependant, il y a 18 mois environ, elle a mis une partie de ses codes en libre accès. L’idée étant que n’importe quel développeur talentueux puisse venir suggérer des améliorations aux fameux codes. Voilà une situation gagnant-gagnant : les codes seront probablement améliorés et Goldman aura, du même coup, découvert des talents qui n’auraient pas été dans son radar autrement.

Barclays : en phase avec les “hipsters”

Barclays travaille avec assiduité son image d’établissement à la pointe. La banque est installée à East London, le quartier branché, point de ralliement des hipsters de la capitale britannique. Ses locaux accueillent depuis peu 11 entrepreneurs, tous tournés vers les fintech. Le Barclays Accelerator programme, qui consiste en une formation intensive de 3 mois pour l’accompagnement des startups fintech, a attiré des candidatures de plus de 300 sociétés – les 20k $ de « seed money » proposés en sus aidant. Barclays assume le fait qu’elle ne peut développer une pléthore de produits digitaux innovants en interne et a ainsi trouvé une alternative pour accéder aux talents des toutes dernières technologies.

UBS : Développer l’innovation en interne

UBS a également mis en place un incubateur – le FinTech Innovation Lab à Londres. Depuis l’arrivée d’Oliver Bussmann au poste de CIO, débauché chez SAP l’an dernier, la structure a endossé les conditions de travail propres aux startups et aux grands groupes de l’Internet. L’écosystème technologique à l’intérieur de la banque s’est transformé, explique-t-il, avec les « espaces d’innovation » mélangeant les professionnels des structures incubées et les équipes internes, de façon à démarrer et tester plus vite les projets.

« Nous avons essayé de créer une approche d’écosystème, qui a permis à la fois de créer des équipes dédiées à l’innovation et au digital en interne et d’incuber des startups. A Zurich, par exemple, il y a un incubateur qui supporte plus de 100 startups et nos équipes sont maintenant directement impliquées dans les projets de ces fonds d’incubation », a récemment indiqué Oliver Bussmann lors d’une conférence pour des analystes.

UBS a réalisé combien il était difficile de rester à la pointe de l’innovation, développée sans cesse par ces startups très agiles, et a donc choisi de travailler à leurs côtés. Néanmoins, les banques essayent de mettre en avant leur capacité à moderniser leur environnement de travail, une arme de séduction visant clairement à attirer les jeunes talents.

JPMorgan : Googliser les bureaux

JPMorgan compte 4.000 employés dans son centre technologique et opérationnel de Bournemouth en Grande-Bretagne et figure parmi les plus gros employeurs de la ville. Consciente de la nécessité de continuer à séduire de nouvelles générations, qui constitue l’une des principales populations à y être recrutées, JPMorgan a investi 48m $ pour moderniser ces bureaux. Imaginez des lounges ouverts pour favoriser le travail collaboratif, un tout nouveau resto et des espaces de stationnement pour les deux-roues.

En fait, la banque se bat sur plusieurs fronts pour attirer les jeunes ingénieurs en ciblant les filles avant l’université pour des postes en IT, en organisant des évènements caritatifs comme « Code for Good » avec leur participation, ou en  passant à la méthodologie Agile pour ses projets IT.

HSBC and Santander : investissement direct

HSBC et Santander ont toutes les deux créé des fonds d’investissement direct destinés à fournir du capital aux startups fintech. HSBC est ainsi disposée à investir 200m $ et Sandanter la moitié de ce montant. Cette main tendue ne signifie pas que les talents informatiques seront gagnés soudainement par l’envie de rejoindre l’une des banques. Néanmois leur force de frappe financière leur permet de suivre les rapides innovations développées dans le secteur des fintech.

BNP Paribas : entre financement de chaires et développement de L’Atelier

Traditionnellement, les banques françaises financent et sont en partenariat avec les centres de recherche associés aux grandes écoles. Un moyen de profiter des résultats des recherches menées sur des sujets jugés centraux et de repérer les talents à embaucher. À titre d’exemple, depuis 2007 la banque finance la Chaire BNP Paribas Finance Quantitative de l’Ecole Centrale de Paris. Face à un rythme d’innovations qui s’accélère avec le boom du digital, BNP a décidé de donner une autre dimension à son Atelier, un centre de veille des nouveaux usages et technologies qui existe depuis 1978, en impliquant de plus en plus de jeunes entrepreneurs et en ouvrant ces dernières années un bureau à San Fransisco puis Shanghaï. Ou comment aller directement sourcer les ingénieurs brillants à la source, là où se joue la guerre des talents avec les Google, et autres Facebook.


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