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Les 15 Français les plus influents dans la finance en Europe

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L’hebdomadaire britannique Financial News a renouvelé son palmarès des 100 personnalités de la finance les plus influentes en Europe. L’occasion de jauger la visibilité de nos compatriotes dans cette industrie dominée par les Anglo-saxons. Quinze professionnels français (soit donc 15% du palmarès) sont dans les radars de la 10ème édition de ce Top 100. Qui sont-ils ? Quel parcours professionnel ont-ils réalisé pour se hisser au top de la finance européenne et mondiale ?

Si aucun Français ne parvient (encore) à se faire une place dans les activités de gestion (asset management, hedge funds, pensions). En revanche, on les trouve aisément dans les secteurs de la banque d’investissement, du trading et de la vente, ou encore dans la régulation.

À quelques exceptions près, tous ces professionnels français ont mené leur carrière à l’étranger, principalement à Londres. Les femmes sont, sans surprise, sous-représentées (seulement 3 sur 15). Cependant, parmi l’ensemble des femmes sélectionnées dans ce Top 100, les Françaises font bien mieux que leurs compatriotes masculins comparativement (3 Françaises sur les 10 femmes du classement).

Régulation

Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision au sein de la Banque centrale européenne depuis le 1er janvier 2014, après près de quarante ans d’expérience dans le domaine de la supervision bancaire au sein de l’ACPR, l’autorité française de contrôle prudentiel et de résolution, et de la Banque de France. Son mandat à la BCE est de 5 ans. Elle doit mener à bien l’énorme chantier de la mise en place du mécanisme de supervision unique pour les banques de la zone euro.

Signe distinctif : elle doit recruter 1.000 professionnels de la gestion des risques et de la compliance.

Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services depuis le 10 février 2010. Mandat qu’il quittera en octobre prochain après avoir été l’artisan de l’Union Bancaire, qui a notamment relevé les exigences de fonds propres des établissements bancaires au sein de l’UE. Il a également supervisé des réformes relatives aux hedge funds, aux gestionnaires d’actifs, aux firmes d’investissement ou aux agences de notation. Sous son impulsion, plusieurs réformes ont été lancées concernant le trading de dérivés, le trading à haute-fréquence ou encore les bonus des professionnels de la finance. Voici le bilan que lui et son équipe ont produit sur son action : ICI.

Signe distinctif : Il a près de 31.000 followers sur Twitter

Les CEO de BFI :

Samir Assaf, directeur général de la banque d’investissement du groupe HSBC depuis fin 2010. C’est en France que ce franco-libanais a débuté sa carrière d’abord au sein de la trésorerie du groupe Total où il devient responsable des activités de marchés, avant d’être débauché en 1994 par le Crédit commercial de France (CCF), qui deviendra par la suite HSBC France. Il y occupe d’abord la fonction de directeur des activités de changes et de la trésorerie puis, en 2001, il est promu directeur général adjoint du groupe pour les marchés de taux, changes et actions. En 2008, il prend la responsabilité des activités de marché du groupe et entre au comité exécutif. Le Financial News salue la constance du business qu’il a développé, jusqu’en ce début 2014, alors que beaucoup d’établissements ont trébuché. HSBC est même l’un des rares acteurs à avoir gagné des parts de marchés en 2012-2014 dans les activités de FICC (taux, changes, matières premières).

Signe distinctif : Il a été nommé à la tête du GFMA, l’association mondiale des marchés financiers en mai.

Gaël de Boissard, co-directeur de la banque d’investissement chez Credit Suisse (avec Eric Varvel) et seul responsable de cette division pour la région EMEA depuis janvier 2013. Une nomination qui est intervenu après 11 ans au sein du groupe suisse. Ce polytechnicien spécialiste des activités obligataires, qui a débuté sa carrière chez JPMorgan à Paris, a pris des décisions rapides et difficiles dès sa prise de fonction pour relever les défis liés notamment aux exigences réglementaires de fonds propres. Ceci a permis à Credit Suisse de rester dans la course et de maintenir une BFI forte face à la tentation de s’appuyer surtout sur la gestion de fortune. Gaël de Boissard est également l’un des membres influents du conseil d’administration de l’Association for Financial Markets in Europe (AFME), où siègent une vingtaine des principaux responsables bancaires.

Signe distinctif : Sa femme Shannon, diplômée d’un MBA d’Harvard MBA, et ancienne banquière chez JPMorgan a développé son propre business de… soins capillaires ‘Percy & Reed London.’

Alain Papiasse, responsable de Corporate Investment Banking de BNP Paribas depuis fin 2009 et directeur général adjoint du groupe BNP Paribas depuis 2011. L’amende record récemment infligé au groupe français par la justice américaine a fait oublier que BNP a profité, plus que d’autres, du rebond du marché des fusions-acquisitions et occupe une position leader dans les activités de corporate banking et de cash management, avec 56% des plus grandes entreprises européennes comme clients, selon Greenwich. En outre, le groupe compte plus que jamais sur ces activités pour remplir ses objectifs de croissance à l’horizon 2016, avec une croissance annuelle attendue de 6% de sa BFI, portée par ses développements à l’international (Asie et Amériques). Un défi à la mesure d’Alain Papiasse, qui aura bientôt passé 15 ans au sein du groupe bancaire français, après 30 chez Crédit Lyonnais puis Crédit Agricole.

Signe distinctif : En 2010, il a reçu l’insigne de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Banque d’investissement :

Franck Petitgas, co-responsable de la banque d’investissement chez Morgan Stanley depuis fin 2012 avec Mark Eichorn, basé lui aux Etats-Unis. Cet ancien banquier ECM a su surfer sur la reprise des IPO (introductions initiales sur le marché) notamment. À fin juin, les revenus des activités ECM en Europe de Morgan Stanley avait plus que doublé en 12 mois, permettant ainsi à la banque de gagner des parts de marché de 5.8% à 7.1%, selon Dealogic. Ce diplômé de l’ESCP a fait toute sa carrière à l’international, et a rejoint Morgan Stanley en 1993 après avoir travaillé pour S. G. Warburg & Co, une banque d’investissement londonienne qui est tombée dans le giron d’UBS.

Signe distinctif : Passionné d’art, cet expatrié depuis toujours est chairman de la Tate Foundation à Londres, qui groupe les fonds venus des donations, finance les acquisitions et les expansions futures des Galeries Tate.

Finance de marché et banque d’affaires :

Frédéric Janbon, responsable mondial du Fixed Income chez BNP Paribas. Il a commencé sa carrière à Paribas Londres en 1988, dans le trading d’options et de swaps, avant d’occuper différentes fonctions dans le département Derivatives sales and trading à Londres, Paris et Tokyo. En janvier 2001, à la suite de la fusion de BNP et Paribas, il est nommé Global Head of Interest Rate Groups puis Global Head of Fixed Income trading en janvier 2005. Il occupe sa fonction actuelle de Global Head of Fixed Income de BNP Paribas depuis décembre 2005. L’an dernier, Frédéric Janbon a réorganisé l’ensemble du business en quatre lignes de produits et trois régions. Un ensemble qui a généré 3,6 Mds d’euros de revenus la même année.

Signe distinctif : Il est à la tête de la puissante Association for Financial Markets in Europe (AFME) depuis septembre dernier, succédant à Gaël de Boissard (voir plus haut).

Michael and Yöel Zaoui, fondateurs de Zaoui & Co. Après avoir respectivement passé 22 ans chez Morgan Stanley et 24 ans chez Goldman Sachs à diriger les activités M&A à l’échelle européenne et mondiale, Michael et Yoel Zaoui ont décidé à l’été 2012 de lancer leur boutique, ensemble. En employant seulement 8 banquiers, la structure a su rivaliser avec les banques d’affaires établies en travaillant sur les deals les plus en vue comme le mariage des cimentiers Lafarge et Holcim ou l’opération stratégique de L’oréal avec Nestlé ou encore de GlaxoSmithKline avec Novartis. Au total, des deals représentant une valeur totale de 66 Mds de dollars depuis ce début d’année.

Signe distinctif : L’histoire de ces deux frères rivaux qui finalement unissent leur force a passionné la presse. En France, Vanity Fair et Le Monde y ont consacré chacun un long double-portrait en début d’année.

Vente et trading :

Isabelle Ealet, co-responsable de la division Titres de Goldman Sachs qui regroupe les activités fixed income, devises et actions. Comme Samir Assaf, elle a débuté sa carrière chez Total à la fin des années 80. C’est en 1991, à l’âge de 25 ans, qu’elle traverse la Manche pour rejoindre Goldman Sachs comme trader sur produits pétroliers. La « reine des commodities » gravit rapidement les échelons, devenant managing director en 1997, associée en 2000 et responsable mondiale des Commodities en 2007. Elle occupe son actuelle fonction depuis début 2012. Régulièrement listée dans les palmarès des femmes les plus puissantes de la planète Finance, Isabelle Ealet est parvenue a limité la baisse des revenus de son unité en 2012 et 2013 malgré un contexte particulièrement difficile et à maintenir Goldman devant ses rivaux.

Signe distinctif : Elle était la première femme membre du comité de direction de Goldman Sachs en 2012. Depuis 4 autres femmes l’ont rejointe dans cette instance où siègent 35 responsables de la banque d’affaires.

Thibaut de Roux a été nommé en juin nommé à la tête des activités de marchés de l’ensemble du Groupe HSBC. Ce diplômé de l’Université Paris Dauphine a débuté sa  carrière en 1990 en tant que trader swaps de taux au CCF, 10 ans avant de devenir HSBC France. Ce n’est qu’en 2005 qu’il rejoint Londres où il prend la tête des activités de produits structurés de taux et actions, pour l’ensemble du groupe HSBC. Quatre ans plus tard, il est nommé responsable des produits dérivés structurés pour l’ensemble du groupe, mission au cours de laquelle il a notamment développé la plateforme de produits dérivés. En 2011, il est promu à la tête des activités de marchés pour la zone EMEA. Depuis 2013, il était responsable adjoint des activités de marchés pour l’ensemble du groupe HSBC. Ces activités ont réalisé sur le premier trimestre de cette année des revenus stables à 2,25 Mds de dollars quand la plupart des banques ont accusé une baisse de leurs revenus.

Signe distinctif : Thibaut de Roux a été pendant de longues années membre du comité de direction de l’International Swaps and Derivatives Association.

Yann Gérardin, responsable du métier Global Equities & Commodity Derivatives chez BNP Paribas, et membre du Comité Exécutif du Groupe. Ce diplômé d’HEC, Sciences Po, et détenteur d’une licence en économétrie a été le bâtisseur de l’activité Dérivés Actions à la BNP qu’il a rejoint en 1987, avant d’être nommé responsable mondial de l’entité Dérivés Actions de BNP Paribas en 1999. Début 2005, il prend la tête de la division Actions et Dérivés Actions de l’établissement, entité à laquelle sera intégrée l’activité Dérivés de Matières Premières la même année. Ces deux dernières années, Yann Gérardin a renforcé le leadership de son groupe dans les dérivés actions avec l’acquisition du portefeuille dédié de Credit Agricole CIB et l’activité produits structurés pour investisseurs particuliers et dérivés actions de RBS.

Signe Distinctif : Monsieur Dérivés actions chez BNP Paribas, il est l’un des rares banquiers à avoir connu la naissance de ces métiers il y a plus de 25 ans et à y travailler toujours aujourd’hui, de surcroît dans la même banque.  

Infrastructure de marchés :

Xavier Rolet, CEO du London Stock Exchange Group depuis 2009.  Ce banquier formé pendant 10 ans chez Goldman Sachs à New York puis chez Lehman Brothers entre autres, a pris les rennes de la Bourse de Londres en 2009. Il a récemment annoncé la plus importante acquisition de ses 213 ans d’histoire, le rachat du spécialiste américain des indices financiers Frank Russell pour 2,7 milliards de dollars. Longtemps cible de rachat, la bourse de Londres a de fait changé de dimension sous la direction de ce Français, qui a participé à plusieurs éditions du Rallye Dakar. Parmi les acquisitions stratégiques menées depuis son arrivée, on compte celle Millenium IT dans les nouvelle technologies, la plateforme de négoce alternative Turquoise, 50 % des parts de FTSE International lui en donnant ainsi le contrôle, et de même pour LCH.Clearnet Ltd début 2013.

Signe distinctif : Il n’a pas le profil classique des Frenchies de la City. Fils de militaires, il naît en Savoie et vit ses premières années en Algérie avant de passer sa jeunesse à Sarcelles. C’est grâce à une bourse du Rotary, qu’il étudie à l’Université Columbia à New York au début des années 80.

Dominique Cerutti, PDG d’Euronext vient d’accompagner une étape majeure de la place boursière pan-européenne. Euronext a pris son envol et retrouvé son indépendance en s’introduisant sur son propre marché fin juin après son divorce avec le New York Stock Exchange, avec qui elle était mariée depuis 2007, sous le mandat de son prédécesseur Jean-François Théodore. Le plus dur reste à faire, selon les observateurs, à savoir la diversification des activités. Dominique Cerutti a prévu un taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires d’environ 5% à moyen et long terme et un plan d’économies de 60 millions d’euros sur les trois prochaines années. En attendant, il peut se réjouir des résultats du premier semestre 2014, sa plus forte performance semestrielle depuis fin 2011.

Signe distinctif : Un background très loin de la finance. Cet ingénieur a débuté chez Bouygues Construction en Arabie saoudite pendant deux ans, avant de rejoindre IBM comme ingénieur commercial. Il a passé plus de vingt ans dans le groupe, dont il sera DG pour la zone EMEA de 2005 à 2009.

Private equity :

Dominique Senequier, présidente du directoire d’ARDIAN. Pari réussi pour « la reine du private equity » : l’ex-AXA Private Equity, qu’elle a lancé en 1996, est devenu ARDIAN l’an dernier, la plus grande société de capital-investissement privée, indépendante et diversifiée en Europe avec 47 milliards de dollars d’actifs gérés ou conseillés par une équipe de 330 collaborateurs basés dans 10 bureaux dans le monde. L’année de son indépendance, ARDIAN s’est même payé le luxe de lever 9.3 Mds $, un record pour la société qui compte 130 sociétés dans son portefeuille d’investissement direct. À 60 ans, Dominique Senequier, habituée des récompenses et toujours en bonne place dans les classements de la profession, a récemment confié qu’elle n’était pas prête pour la retraite.

Signe distinctif : Tôt dans sa carrière, Claude Bébéar, le fondateur et ancien directeur général d’AXA, lui a dit de « trouver le meilleur dans chaque personne, et cela en leur prêtant toujours de l’attention ». Le meilleur conseil qu’on lui ait donné, a confié un jour celle qui a été faite chevalier de la Légion d’honneur il y a deux ans.

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