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Avis aux femmes : sept conseils pour booster votre carrière en finance cette année

La finance, une industrie dominée par les hommes, vraiment ? Certes, “le plafond de verre et les comportements archaïques existent encore“, reconnaît Valérie Boussard, professeur de Sociologie et responsable scientifique depuis 2011 du programme de recherche CNRS “CARFI” (Carrières de la finance). La situation évolue néanmoins favorablement, y compris au niveau du top management. Les exemples se multiplient : prenez ces 12 Françaises qui dominent la finance en Europe, ou Sophie Javary récemment nommée chez BNP Paribas pour booster le corporate finance en Europe, la deuxième femme à faire son entrée dans le cercle très masculin du comité exécutif de la banque.

Ce qui paraissait quasiment impossible il y a encore 10 ans devient donc réalisable. Et si 2014 devait marquer de nouveaux jalons ? Voici quelques conseils de financières et de recruteurs rencontrés lors d’une table ronde intitulée Les femmes changent-elles la finance ? au dernier salon Financium à Paris. Femmes – et hommes – sont conviés à lire, juger, témoigner et commenter au bas de l’article !   

 

1. Ciblez plutôt un employeur international 

Elisabeth Metois, directrice financière chez Monoprix depuis 2006 après avoir été directeur comptable puis contrôleur financier chez Sony France, recommande de s’attarder sur deux critères pour multiplier vos chances d’évolution de carrière :

a – la nationalité de l’entreprise, les employeurs anglo-saxons ou à dimension internationale mettent souvent en place une politique volontariste (de quotas, par exemple) si bien que la place des femmes dans la hiérarchie y est souvent plus importante que dans les structures  franco-françaises.

b – le secteur d’activité, si votre ambition est de devenir directrice financière, privilégiez des secteurs comme la santé, la communication ou le high tech plutôt que le BTP, l’énergie et la grande distribution.

Même s’il est possible de réussir partout comme l’atteste le parcours d’Elisabeth Metois en finance d’entreprise, la combinaison de ces deux critères fait qu’il est généralement plus facile pour une femme de réussir une carrière dans une entreprise high tech internationale qu’un groupe français de grande distribution.

2. Choisir son secteur en connaissance de cause… ou créer sa propre structure

Pour la chercheuse au CNRS Valérie Boussard, inutile de nier la “division sexuelle du travail“. Les salles de marché restent dominées par les hommes (environ 80% des juniors), de même que le  private equity et les M&A ne sont pas des secteurs que l’on peut qualifier de “women friendly”. Rien ne vous empêche cependant d’enfoncer les portes, mais sachez que la tâche ne sera pas aisée. Aussi, mieux vaut rapidement apprendre à “se blinder” vis-à-vis de cet environnement, notamment du vocable sexiste. Par exemple, les “mariées que l’on rend plus belles” concernant une cible d’acquisition sera souvent employé pour vous rappeler que vous êtes une représentante du sexe faible.

À l’inverse, l’audit affiche plus souvent un souci de parité, y compris chez les seniors. D’ailleurs, un certain nombre de femmes qui ont réussi à se hisser à des postes à responsabilité sont passés par l’audit. Elisabeth Metois a ainsi commencé sa carrière chez Ernst & Young pendant 4 ans, tandis que Florence Ribes a elle aussi travaillé en cabinet d’audit (PwC) avant de monter Iris Financing, une structure de corporate finance spécialisée dans les opérations de haut de bilan (fusion-acquisition et levée de fonds) dans le secteur des nouvelles technologies. À ce titre, la création d’entreprise est souvent une piste à juste titre privilégiée pour les femmes souhaitant casser le fameux plafond de verre.

3. Ne vous auto-censurez pas auprès de votre management

L’une des explications de la sous-représentation des femmes dans les postes de management vient du fait que les femmes s’autocensurent. “Elles ont tendance à attendre une promotion plutôt que d’aller la demander, contrairement aux hommes“, illustre Valérie Boussard, qui insiste sur la nécessité de faire du coaching / mentoring pour aider les femmes à comprendre les mécanismes du plafond de verre.

Il est d’autant plus important de vous faire remarquer que le repérage des cadres à haut potentiel par les services RH se fait généralement vers 30-35 ans. Or, cette période correspond souvent à l’âge du premier enfant chez les femmes cadres qui, de ce fait, ne sont pas présentes dans l’entreprise et donc absentes des radars.

4. Plutôt que de se « masculiniser », jouez la neutralité

A chaque métier est associé un genre“, rappelle La chercheuse au CNRS Valérie Boussart (ex : masculin pour pompier et féminin pour sage-femme). Parmi la centaine d’entretiens que la sociologue a menée, il ressort que la finance est perçue comme un univers masculin à la virilité bourgeoise (on joue au rugby et on fume des cigares), où l’on contrôle ses émotions, et où la temporalité (travailler tard le soir ou le week-end) est peu compatible avec la vie de famille.

Pour réussir dans la finance faut-il donc se “masculiniser” ? Pas forcément, “les femmes optent généralement pour la neutralité, répond Valérie Boussard. Elles portent des vêtements dont la féminité est atténuée (jupe ou pantalons stricts et chics, couleurs neutres) pour se rapprocher des costumes gris ou bleus, de coupe haut de gamme que portent les hommes. Les bijoux et coiffure sont sobres, les attitudes corporelles et discursives sont neutraliseés – sans être masculinisées“.

5. Et pourquoi ne pas faire de son sexe un atout !

Pour Florence Ribes, fondatrice d’Iris Financing, “être une femme est utile“. Car les problèmes d’ego sont éliminés, selon elle, et les échanges ne se résument pas à un mode viril d’affrontement type “combat de coqs”, ce qui facilite les choses… “Mettez donc en avant vos talents de communication qui priment sur un comportement guerrier“, abonde Elisabeth Metois.

Dans les affaires, les hommes ont plutôt une vision court-termiste, tandis que les femmes peuvent s’afficher comme des partenaires qui “s’inscrivent davantage dans la durée“, explique pour sa part Sophie Chevalier, responsable de DFCG au Féminin (association des directeurs financiers et contrôleurs de gestion). À ce sujet, de nombreuses études tendent à démontrer que la présence de femmes a un impact positif sur la performance. Une étude du Ceram a ainsi montré que les firmes dont le taux d’encadrement est à plus de 35% féminin sont deux fois plus rentables, ont une meilleure productivité et créent davantage d’emplois.

6. Réseautez… entre femmes

Rejoindre d’autres femmes est d’autant plus aisé que ces dernières années les réseaux féminins se sont multipliés. “DFCG au Féminin est né du constat que la diversité managériale est un facteur d’efficience dans les entreprises et que nous les femmes ne sachions pas très bien faire du réseau“, indique Sophie Chevalier, présidente de cette structure créé il y a tout juste un an. Vous pouvez décider de rejoindre un réseau en fonction de votre école (HEC au Féminin, Essec au Féminin), de votre entreprise (BNP Paribas MixCity, SG au Féminin, Elles de BPCE, Oddo au Féminin…) ou enfin de votre secteur d’activité : la finance en général (Financi’Elles) ou bien des niches comme la finance d’entreprise (DFCG au féminin) ou le private equity (Club AFIC avec Elles).

Ce qui ne signifie pas qu’il faille exclusivement être active dans les réseaux féminins ! N’hésitez pas à rejoindre des réseaux où sont présents les hommes puisque ce sont encore souvent eux qui détiennent le pouvoir dans l’entreprise.

7. Et si vous mettiez le cap…. sur l’Asie 

 Un homme, Johann Van Nieuwenhuyse, directeur senior chez Michael Page, est convaincu que l’Asie, du fait encore d’un “manque de compétences”, offre actuellement plus d’opportunités d’évolution de carrières que les marchés matures. “Dans notre Baromètre Mondial des CFO, les Etats-Unis sont la zone où il y a le moins de CFO femmes, et ce en dépit des lois sur les quotas. À l’inverse, l’Asie est l’endroit où il y a le plus de CFO femmes“, relève t-il. Et plusieurs secteurs de la finance semblent témoigner de cette tendance. C’est le cas du secteur du conseil en finance en Chine, où les femmes dominent le nouveau classement de Forbes. D’après Bloomberg, de plus en plus de femmes travaillent dans la finance islamique asiatique. C’est en Malaisie, pays majoritairement musulman de 28 millions d’habitants et dont l’islam est la religion d’Etat, que les femmes sont les plus représentées dans les hautes institutions financières. De quoi relativiser certains clichés…

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