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“Dress codes” des entretiens en finance : ce qu’il faut (et ne pas) faire

Quel style adopterez-vous pour votre prochain entretien ?

Quel style adopterez-vous pour votre prochain entretien ?

Un entretien ne se joue pas que dans le CV et dans les réponses que l’on donne aux questions posées. Les recruteurs et les professionnels que nous avons interrogés ont tous confirmé ce que soulignent les études, sur l’importance de l’apparence dans la décision de recrutement et sur les avantages d’un physique avantageux. Il ne suffit pas cependant de savoir nouer sa cravate ou assortir un tailleur et des chaussures. Pour une bonne préparation, il est impératif de connaître les codes vestimentaires et d’apparence du secteur, et surtout les erreurs fréquentes que commettent à ce sujet les candidats.

Oubliez Gordon Gekko

Concernant la tenue, au-delà des règles générales qui régissent le port du costume et du tailleur, il faut surtout maîtriser les codes métier et respecter les traditions nationales. On parlera ici de nuances précises, pas de généralités, comme de savoir qu’on ne porte jamais de chemisette, sauf entretien chez Quick. Interrogée, une responsable du recrutement d’une BFI prévient : l’entreprise et particulièrement la banque française est très conservatrice. On évitera donc toute tentative d’originalité, par imitation des looks criards des traders de Wall Street ou de la City.

Pour le costume, il faut s’en tenir au noir, au gris anthracite ou au bleu royal, et fuir les vestes trop cintrées, disgracieuses sauf pour les tailles mannequin, et les coupes croisées, trop « senior » pour un candidat à l’embauche. Pour le tailleur, comme toujours, les jupes trop courtes n’ont jamais permis de décrocher un CDI, bien au contraire.

Se distinguer tout de même…

Un conservatisme qui n’est cependant pas un conformisme et exige, d’autant plus que l’établissement est prestigieux, d’afficher des marques de distinction. Pour ce faire, il y a donc deux éléments sur lesquels jouer. Les chemises d’abord, pour lesquelles il ne faut surtout tomber dans les exubérances des brokers d’un parquet des années 1980. Par exemple, en France, le blanc rosé est toléré, pas le rose, alors que l’on pratique pourtant le Pink Friday sur Canary Wharf.

On peut tout au plus essayer de marquer les esprits en s’inspirant des rayures horizontales, button-down, cols clubs et cols contrastés, à la mode depuis qu’ils ont été popularisés par les héros de Wall Street ou d’American Psycho. Pour les femmes, le top décontracté est toléré, hors métiers commerciaux, et le décolleté plongeant interdit.

La cravate ensuite. Concernant cet accessoire, sont proscrites les fantaisies, ainsi que les motifs et couleurs associés à des marques grands publics, comme le vert RATP, source assurée de ridicule. Vestons et bretelles ne sont pas forcément une faute, mais il y a le risque de paraître un peu trop dandy pour des métiers attachés avant tout à un esprit ‘corporate’. En général, on évitera tout ce qui peut être ainsi à double tranchant, comme les talons trop hauts et les chaussures marron.

Adoptez la « loi du caméléon »…

Les perfectionnistes gagneront à se renseigner sur la culture des établissements. C’est ce qu’un ancien d’une banque parisienne, passé dans le coaching, appelle être un « caméléon ». Quand il a changé de secteur, il a regardé les photos en ligne de ses recruteurs pour comprendre le style de la maison.

En règle générale, on dit que la banque d’affaires est plutôt d’esprit consensuel et discret, alors que les salles de marchés autorisent des coupes modernes voire sport. Dans les métiers de support, le back office et l’audit, au contraire, on peut laisser tomber toutes ces subtilités : il faut donner immédiatement l’impression d’adopter l’uniforme de moine-soldat des employés et des consultants – les filles préfèreront alors les pantalons aux jupes.

… mais pas de copycat !

Certaines boutiques, de leur côté, adoptent des pratiques proches de la startup. Les recruteurs cherchent alors des esprits créatifs et décontractés, mais attention, ce n’est pas une raison pour venir en chemises à fleurs-peignoir-claquettes à la Mark Zuckerberg. On peut tout au plus faire tomber la cravate – tout comme on doit le faire systématiquement partout ailleurs au-dessus de 25 degrés.

Sur ce point, petit avertissement d’un manager. Pour recruter des juniors, il lui arrivait de venir à l’entretien sans cravate ni veste, voire en pull, juste avant de partir en week-end. Maladresse de certains candidats : croyant qu’il fallait imiter le recruteur pour lui plaire, alors qu’ils étaient venus sur leur 31 au premier entretien, ils se permettaient des tenues plus décontractées lors des suivants. De même, si la cravate ne s’impose au quotidien qu’aux métiers commerciaux et au management, ce n’est pas parce qu’on ne la voit pas au cou des recruteurs qu’on peut la négliger. Il faut toujours s’habiller pour le poste que vous convoitez, et non pour celui que vous occupez.

Accessoires : « Do’s and Don’ts »

Pour faire de l’effet, il n’y a pas que la tenue – loin de là. Sur les codes non vestimentaires, les lois communes du monde civilisé s’appliquent également. Faux-pas classiques des premiers entretiens : les jeunes diplômés ou les stagiaires qui viennent avec un sac à dos, un petit sac à main de soirée, ou carrément les mains dans les poches.

Même si c’est pour ne rien noter, il est de bon goût d’apporter un calepin et un stylo, ce pour quoi il faut avoir le contenant adéquat : pour les hommes, l’attaché case ou la sacoche, à condition qu’elle ne fasse pas trop « années collèges » ; pour les femmes, le sac à main doit pouvoir contenir au moins un dossier.

Halte au bling-bling

Soignez la coiffure, quelle qu’elle soit, et évitez tout ce qui peut faire immature – teinture, mèche qui cache le visage… Bijoux et boucles d’oreilles doivent être sobres, rares et discrets. Il va sans dire qu’on retire ses piercings visibles pour l’entretien.

Petit détail à noter : lors de la poignée de main, vernis, bague, bracelets et montres peuvent attirer l’attention, voire gêner le geste. Évitez donc de surcharger. La montre surtout peut avoir son importance : la plupart des recruteurs sauront au premier coup d’œil reconnaître une marque toc, bling-bling ou réellement prestigieuse.

Sans oublier le B.A. BA du langage corporel

Pour la suite, l’essentiel est dans le langage corporel. Règle universelle d’introduction : ne jamais esquisser de salutations collectives, toujours s’adresser personnellement à toutes les personnes présentes et toujours serrer la main des interlocuteurs clés. Regardez les recruteurs droit dans les yeux, et ayez quelque chose, un portefeuille ou un porte-carte, pour ranger la carte de visite qu’on vous tendra probablement à un moment donné.

Toutes ces consignes n’ont bien entendu pas valeur d’évangile. Le responsable du recrutement d’un cabinet de conseil en stratégie expliquait à ce sujet que selon leur culture et leur politique, « les grands groupes recrutent 5 à 10 % de mavericks », des profils originaux où la personnalité – exceptionnelle – compte plus que les qualités académiques ou professionnelles. Avant tout, donc, soyez naturels.

commentaires (1)

Comments
  1. Est ce que la dernière phrase de l’article ne dit pas en fait “en fait oubliez tout ce qu’on a dit avant et soyez vous même tout simplement” ?

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