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“Quant” : face au codage, tu ne te déroberas point !

Commençons par la bonne nouvelle : au point mort pendant plus de deux ans, le marché de l’emploi des quants semble sortir de sa léthargie. Trois chasseurs parisiens nous ont confirmé que les recrutements avaient bel et bien repris.

Retour de l’embauche, même à Paris !

Et pas seulement à Londres, où les banques anglo-saxonnes, telles Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan, HSBC, Citibank, mais aussi Deutsche bank, Credit Suisse et Commerz Bank ont été actives. A Paris également, les banques françaises s’intéressent à nouveau aux profils quantitatifs purs. Nous sommes recontactés par nos clients sur des postes notamment de recherche quantitative sur produits exotiques, témoigne Thierry Bossant, en charge de la practice Global Markets du bureau parisien Huxley Associates.

Jusque-là donc tout va bien. Les compétences quantitatives sont à nouveau très recherchées. La demande s’est tout d’un coup accélérée il y a quelques semaines, confirme Jean Turcat, directeur du bureau parisien du cabinet de chasse international Smith & Partners avant de préciser : On cherche plus que jamais des quants qui savent programmer et valider des modèles à l’échelle industrielle.

Les recruteurs en demandent plus

Les compétences IT (C++, C #, Matlab…) ont toujours été requises, mais dans un contexte de maîtrise des coûts, les banques demandent à leurs quants d’en faire un peu plus. Dans le passé, les banques différenciaient bien les théoriciens à l’origine de nouveaux modèles et les équipes d’implémentation, chargées de coder les modèles pour les rendre plus robustes et rapides. Aujourd’hui, elles embauchent une personne au lieu de deux et cherchent des profils mixtes, explique Thierry Bossant.

Cet autre chasseur qui préfère témoigne sous couvert d’anonymat ne dit pas autre chose : Un client m’a expliqué qu’il souhaitait trouver de jeunes quants “robots” dévoués. Exit la modélisation haute-couture et l’innovation, aujourd’hui la priorité va à la validation et l’homogénéisation de systèmes.

Des quant geeks

Le job de quant geek ne fait pas beaucoup rêver les thésards en maths et en physique, considérés il n’y pas si longtemps comme les aristocrates de la finance. Pour ces professionnels avec de (très) longues années d’études théoriques au compteur, surentraînés aux problématiques complexes, ce nouveau prosaïsme sonne comme la fin des illusions.

Un internaute qui commentait récemment un article sur notre site anglais dénonçait les quant esclaves : Peu de quants sont respectés. La plupart détestent leur job, leur entreprise et regrettent d’avoir étudié à un si haut niveau pour le job qu’ils occupent. Les commentaires des forums du site spécialisé anglophone Wilmott.com sont parfois tout aussi explicites.

Le quant de demain sera plus que jamais, sans aucun doute, un “informathématicien” , concluait l’article de Next Finance intitulé Les “French Quants” doivent réapprendre à coder!Et Rachid, fort d’une expérience d’un an chez Natixis, de commenter, désabusé, au bas de l’article : J’ai passé 80% du temps à coder. En fait ce que l’on rêve avant d’être sur un desk, c’est d’appliquer au maximum les mathématiques pour la recherche dans une banque[…] mais le business n’est pas comme ça.

Accusés de tous les maux

Comme si cela ne suffisait pas, les quants sont régulièrement pris pour cible. Dans son récent ouvrage The Quants, l’auteur américain Scott Patterson accuse ces ingénieurs d’être à l’origine de la crise (advancetrading.com).

Même leur prêtresse Nicole El Karoui ne croit plus en eux. Lors d’une conférence l’an passé, la responsable du master 2 Probabilités et Finance de Paris VI a souligné l’immense malentendu qui s’est installé entre elle et ses élèves : Il y a des questions qu’ils ne se posent plus, quand ils sont dans l’univers de l’argent. Ils se mettent à jouer comme au casino. Mais je pense qu’il est essentiel de continuer à former des techniciens de très haut niveau, capables de maîtriser les outils mathématiques pour la finance, avec un regard éthique. Même si je ne suis pas sûre qu’il y ait eu beaucoup d’éthique chez ces étudiants (educpros.fr).

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