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OPINION : 10 méthodes légitimes pour faire gonfler votre bonus

Dans l’ensemble, les bonus pour cette année devraient être significativement en baisse par rapport à 2009. Peter Stringfellow, le roi des strip clubs londoniens, tient certainement sa tête permanentée en signe de désespoir. Mais cela ne signifie pas que vous devez renoncer !

Revenons aux basiques : commencez par considérer vos prétendus ‘collègues’ comme de simples concurrents dans l’attribution des bonus (comme ils le font surement tout autant à votre propos). C’est à cette condition que l’on peut passer à l’étape suivante.

Faire bien votre job ne suffit pas en banque d’investissement pour maximiser vos revenus. Ceci relève aussi de la politique interne. Pendant mes 12 ans passés à la City, j’estime avoir gagné 30-40 % de plus que beaucoup de mes ‘collègues’ plus capables, rapides et productifs que moi.

Voici les dix principales astuces qui m’ont aidé à gagner beaucoup plus que ce que ma dérisoire contribution au résultat final aurait probablement dû justifier.

1) Savoir se vanter

La City n’est pas un lieu où l’on s’adonne à l’art des fleurs séchées. Si vous réalisez quoi que ce soit de vaguement impressionnant, assurez vous que tout le monde est au courant.

2) Voler la vedette

Soyons sérieux : n’importe quel accomplissement achevé par l’un de vos collègues est probablement le résultat de votre travail, n’est-ce pas ? Si vous n’êtes pas capable de convaincre vos collègues seniors, alors c’est que vous n’êtes pas dans le bon poste, mon ami.

3) Faire de la drague au boss (métaphoriquement)

Cela semble peut-être évident mais j’ai vu des handicapés sociaux échouer sur cette partie, année après année. Une flatterie subtile adressée au moment opportun au big boss en charge de trancher in fine sur les bonus peut vous valoir un extra 10-20K.

4) Seniors mis à part, les mid-ranking collègues peuvent aussi influencer votre bonus

Beaucoup de juniors oublient que le gars là-haut est un homme occupé qui écoutera ce que ses lieutenants, et pas seulement ses capitaines, auront à lui dire afin de partager le gâteau. Or ces personnes sont particulièrement sensibles à la flagornerie (voir le point 3).

5) Obtenir une offre ailleurs

Six de mes douze bonus ont été garantis, ce qui est en période d’incertitude est un atout fort agréable pour assurer la bonne tenue de ses comptes. Je suis parvenu à ce résultat soit en changeant de job, soit en menaçant de le faire.

6) Être surpris accidentellement en train de converser avec des chasseurs de têtes/concurrents

Vos employeurs vous payeront toujours aussi bas que ça leur est possible. S’ils pensent que vous êtes recherchés et qu’ils ont besoin de vos services alors ils PAYERONT.

7) Exprimer son dégoût à l’égard du montant de votre dernier bonus

Si vous avez sottement indiqué que vous avez été satisfait de la somme dérisoire que l’on vous attribuée la dernière fois, ceci aura été dûment noté et vous recevrez quelque chose de semblable cette année.

Chaque année, quand vous apprenez la nouvelle par votre boss, peu importe le montant du bonus, celui-ci peut être atrocement généreux, faites immédiatement la mine d’un chien qui vient de lécher une ortie. S’entraîner devant un miroir avant la réunion ô combien importante.

8) Travailler comme un maniaque pendant le mois critique

Si vous avez une note de recherche cruciale à publier ou un évènement marketing majeur à programmer, pour l’amour de Dieu faites en sorte qu’il coïncide avec le mois où l’attribution des bonus est décidée (souvent novembre).

Vous pouvez aussi demander à des clients amicaux d’envoyer un email à votre patron avec des commentaires positifs à votre égard.

9) Chantage

A périodes désespérées, mesures désespérées. ‘Un ami’ s’est assis, une fois, au bureau de son responsable discutant de l’épisode fortement controversé lors duquel son supérieur est entré dans l’arrière-salle du club de strip-tease ‘The Crazy Horse’ à Vegas avec deux délicieuses dames appelées Simone et Ébène. Il a abjuré ce conte sordide tout en regardant fixement la photo de la merveilleuse famille de son patron, placée en évidence sur son énorme bureau acajou. Sans surprise, il a été payé généreusement.

10) Faire bien votre travail

Si vous pouvez vous rendre essentiel ou apporter d’authentiques profits à votre organisation, cela jouera indéniablement un rôle dans votre rémunération. Cependant, assurez-vous de bien maîtriser les principaux vecteurs de votre bonus. Par exemple, en tant que responsable d’une équipe d’analystes je savais que c’était les classements Extel / Institutional Investor qui jouait le plus grand rôle dans la détermination de ma rémunération. Aussi ceux-là sont devenus mon but principal (même plus encore que les commissions.)

Si vous avez réussi à obtenir un boulot convenable à la City, c’est que vous avez probablement un cerveau qui fonctionne a peu près correctement. Ne l’utilisez pas juste pour bien faire votre travail, utilisez-le pour maximiser votre potentiel de revenus ! Après tout, vous n’êtes pas arrivé au Square Mile pour trouver un remède au cancer ou réaliser vos ambitions artistiques; vous y êtes entré pour faire autant d’argent qu’il est possible de faire. Si vous ne captez pas le jeu des politiques internes, vos collègues, eux, le feront à votre place !

Geraint Anderson est l’auteur de Cityboy – Beer and Loathing in the Square Mile. Vous pouvez visiter son site Web ici.

commentaires (8)

Comments
  1. Il m’a fallu 10 ans d’experience dans le secteur pour tomber d’accord avec tous ces points. “Vos employeurs vous payeront toujours aussi bas que ça leur est possible”: ca semble trop simple pour etre vrai et pourtant…Aussi etonnant que cela puisse paraitre des gens honnetes et intelligents sont sensibles a la flagornerie, a la menace et au bluff !

  2. Ce texte pourrait très bien s’appeler : “10 bonnes raisons pour ne pas travailler dans la finance”. C’est le genre de comportement qui donne de l’eau au moulin des personnes qui jugent les financiers opportunistes. Bien sûr que l’on choisi la Finance pour la rémunération et il n’y a pas de mal à vouloir s’enrichir mais (ôh) j’ose espérer que la satisfaction de s’enrichir est d’autant plus grande que l’on sait que l’on a mérité cette rémunération.
    Imaginez un environnement ou tous les collaborateurs fonctionnent comme ça. Par ailleurs, je doute (Sincèrement) que son estime de soi soit particulièrement valorisée quand l’on obtient un big bonus en faisant de la lèche, du chantage, en s’appropriant certains mérites, faire son travail seulement quand il peut nous rapporter plus, et le reste. Ou alors ce texte est un poisson d’avril en avance … car je trouve ça fort.

  3. Ce texte n’apprend rien de nouveau ( et non Cali, c’est loin d’être un poisson d’avril).. dans la finance, et probablement dans d’autres secteurs, le bonus est très fortement corrélé au degré de lèche envers les boss. J’en suis témoin tous les ans pour avoir vu des tir au flancs recevoir des K€ en extra.
    Perso, je penses pas qu’il faille en vouloir à ceux qui font la lèche, il faut surtout fliquer et mieux encadrer les managers qui récompensent ces comportements …

  4. HEY ! Hello City Boy !!! Still smoking big fat cigars ?

  5. C’est d’un niveau affligeant, c’est du niveau d’un lycéen de 15 ans. Et surtout c’est plutôt l’anamnése d’un schizoïde. Le garçon qui a écrit ça devrait se présenter aux urgences psy de toute urgence :)))

  6. La forme n’honore certes pas le fond (la traduction est entre autres passée par là), mais, indépendamment du secteur, il n’y a là rien d’autre qu’une vérité affligeante : l’intérêt personnel se nourrit de ce qu’il trouve à sa portée et empreinte souvent le chemin le plus court pour arriver à ses fins (flagornerie, tromperie, mensonge, vanité, fausseté, apparences,…).
    Que l’âpreté au gain exacerbe dans la finance ces traits subtils de l’âme humaine, pourquoi pas, mais qu’on remplace l’argent par l’ambition et tout ceci devient un lieu commun. La politique de haut vol ou les petites batailles ordinaires au sein de toutes organisations sont là pour le rappeler.
    Enfin, toutes choses égales par ailleurs, et quel que soit l’endroit, soyez-en sûrs, vous serez toujours payés aussi bas que possible (ça ne veut pas dire mal). Eh oui…

  7. Excellent article. J’ai appliqué en mon temps 4 des 10 recettes, je ne vous dirai pas lesquelles.
    Il est logique que la répartition des bonus n’obéisse pas à une logique économique, ou morale : le mois des bonus, c’est comment répartir un butin complètement tombé du ciel, issu non pas du dur labeur des uns ou des autres, mais de trois décennies de lobbying pour vaire voter des lois rendant légales les escroqueries que notre profession impose aux clients et au monde.

    A lire : “working rich” du sociologue O. Godechot, paru en 2007 (pré-crise!) : avec un superbe chapitre, basé sur des observations terrain, sur la manière dont se négocie la répartition des bonus.

  8. Je le découvre avec votre post. Pardon de mon ignorance de Newbie. Merci de cette précision

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