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Intégrer un graduate programme, une mission (presque) impossible

(Photo credit: Wikipedia)

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Vouloir n’est pas pouvoir : sur les centaines de candidats qui chaque année postulent aux graduates programmes des grandes banques, seule une poignée est généralement retenue. Il faut dire que certains programmes ne recrutent que des diplômés classés dans le premier tiers de leur promotion , voire dans les premiers 10%. La Société Générale indique ainsi que les candidats doivent avoir obtenu pendant leurs études “une moyenne de 14 sur 20 en France ou équivalent international”.

Si la sélection est aussi drastique, c’est parce que les graduate programmes représentent un investissement humain important : plus de la moitié des graduates bénéficient en effet du coaching d’un cadre de la direction RH et du mentoring d’un cadre dirigeant. A cela s’ajoute un coût financier significatif de la part des banques, surtout en temps de crise. Afin d’attirer les meilleurs candidats, certains programmes n’hésitent pas à offrir un sign-on bonus, une prime à la signature à l’entrée ou à l’issue du programme. A contrario, certaines banques nous ont indiqué ne pas pourvoir toutes les places du graduate programmes si les candidatures ne sont pas à la hauteur.

Sur son campus parisien, l’EDHEC a dévoilé hier  les résultats d’une étude intitulée « Les critères de recrutement des Graduate Programmes de 300 entreprises globales ». Parmi les principales compétences attendues : l’excellence académique, l’exposition internationale et des éléments de personnalité tels que l’efficacité personnelle, l’aptitude à communiquer et à travailler en équipe qui sont autant de compétences de type « soft skill » que l’on retrouve dans les descriptifs des programmes. « Les institutions financières au sens large notamment les banques et assurances représentent un quart de notre panel », précise Amélie Leprince, chargée d’études senior au NewGen Talent Centre, l’observatoire des comportements et des motivations des jeunes talents de l’Edhec créé en novembre 2012. Si à l’origine les programmes étaient plutôt généralistes en management, les entreprises proposent aujourd’hui de plus en plus de parcours spécialisés, en ingénierie financière par exemple ». BNP Paribas, SocGen, Lazard et Rothschild proposent toutes des graduate programmes, de même que les Big Four et des sociétés d’assurances comme AXA.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Tenter d’entrer dans un graduate programme est tout sauf une sinécure, si l’on se fie aux témoignages de jeunes diplômés en finance rapportés par Manuelle Malot, directrice Carrières et Prospective de l’EDHEC, dans son Guide du recrutement international. « C’est un processus difficile qui comprend  deux tests numériques (le second est éliminatoire), un travail de groupe et une étude de cas exigeante : un book de 500 à 600 pages de notes de brokers dont nous devons faire un compte-rendu à un managing director », explique Samir qui a participé à des parcours en banque. Mais de l’aveu des professionnels de la finance, le jeu en vaut la chandelle. « Réussir les tests de graduate programmes c’est la quasi assurance d’être embauché par la banque », résume un managing director chez Société Générale CIB. Les graduate programmes permettent de découvrir tous les métiers de la banque d’investissement, aussi ne ciblez pas forcément une seule ligne métier : les activités de financement, par exemple, sont très friandes de profils qui viennent des M&A »

Au delà de décrocher un poste, le graduate programme permet une progression professionnelle plus rapide. D’après l’étude de l’Edhec, 70% de ceux ayant terminé leur programme d’intégration pensent qu’il a été un accélérateur de carrière. « J’ai pu obtenir un poste qui est généralement réservé à des personnes disposant d’au moins 3 ans d’expérience », relève le participant d’un graduate programme. « Les meilleurs élément du graduate programme passent dans un ‘Gold Program’ en fin de première année et restent ainsi sous la coupe du top management de la banque », explique Victor qui termine son graduate en corporate banking. Jérôme, recruté dans un programme spécialisé en M&A en banque d’investissement, parle de « rémunération attractive », les salaires d’entrée étant généralement supérieurs de 10 à 15% à ceux offerts aux jeunes recrutés hors graduate programmes.

Ce qu’en pensent les candidats…

L’étude de l’EDHEC révèle que 54% des graduates ont signé leur contrat hors de France, que la durée moyenne des parcours est de 25,9 mois et que 92% des étudiants ont effectué des rotations pendant leur parcours, avec en moyenne 3,6 missions différentes. La moitié a effectué une ou plusieurs rotations internationales, hors du pays de signature du contrat.Margaux, en cours de graduate en banque d’affaires, livre les raisons qui l’on poussée à intégrer ce programme : « Recherche de l’excellence, respect de l’individu, incitation à la prise d’initiative, exposition internationale, travail en équipe avec divers métiers mais aussi un certain prestige ». Globalement, les diplômés ayant suivi un programme d’intégration se montrent satisfaits. « C’est extrêmement formateur et je crois que cela permet aussi de se laisser le temps de mûrir certains choix de carrière. Créer un réseau, et gagner fortement en visibilité, rapidement. Un vrai tremplin à mon avis », indique un participant à un graduate programme. Ils sont 75% à penser qu’ils vont bénéficier d’un salaire attractif et accélérer leur carrière.

Seule ombre au tableau : les jeunes diplômés qui, dans le cadre de leur graduate programme, n’ont pas effectué de rotation à l’international (soit près de 20% des cas) déclarent que leur objectif d’avoir une perspective internationale ne sera pas du tout atteint. Un constat que Florence Réal, responsable marketing recrutement et relations écoles chez Accenture tient à relativiser. « On peut travailler au quotidien à l’international tout en étant basé en France. Pour toutes nos missions, y compris les missions en apparence franco-françaises (ex : conseil à un ministère), nous interagissons avec nos équipes disséminées dans le monde entier », relève-t-elle.De toute façon, « il faut se battre dans ses rotations et se battre continuellement pour avoir une offre qui nous intéresse vraiment à la fin du parcours. Rien n’est acquis. Il faut faire beaucoup de networking, ce à quoi les Français sont moins habitués et préparés », constate Raphaël, participant d’un graduate en banque. Preuve que même les lauréats de ces programmes doivent continuer à faire leurs preuves…

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