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Les banques, nouveaux “chouchous” des étudiants en fac, quand les étudiants des grandes écoles rêvent, eux, désormais des Big Four

Only pretending to be cheerful

Qu’il semble loin le temps où les étudiants des grandes écoles de commerce et de management françaises se bousculaient au portillon des Goldman Sachs et autres Morgan Stanley pour tenter d’y faire carrière ! Désormais, les banques sont classées bien loin dans le classement 2013 des 100 premiers employeurs préférés des étudiants des business schools françaises réalisé par le cabinet d’études international Universum. Déjà dans le classement 2012 les banques avaient dévissé mais certaines banques d’investissement et banques étrangères avaient réussi à tirer leur épingle du jeu, alors que cette année pas une seule d’entre elles n’échappe à la baisse.

La première du classement, BNP Paribas, passe ainsi de la 14e à la 16e place. La chute est plus forte pour HSBC (21ème), Goldman Sachs (24ème) et JPMorgan (27ème) qui perdent respectivement 6, 8 et 9 places. Si Société Générale se maintient en milieu de classement à la 30ème place (en recul de 4 places) devant Morgan Stanley (40ème en perte de 3 places), les autres banques françaises sont reléguées en queue de peloton à l’instar de Groupe Crédit Agricole ( 74e) et de Natixis (84e).

Bosser chez Goldman ? Non, merci !

Evidemment, la crise y est pour beaucoup. “Les plans sociaux et les restructurations, sont des images véhiculées par ce secteur, qui fait les frais de l’inquiétude grandissante de nos étudiants“, analyse Julien Marchalant, consultant en marque employeur chez Universum. L’aspect rémunération joue aussi à plein. Les salles de marché, jadis grosses consommatrices d’étudiants d’écoles de commerce mais aussi d’ingénieurs informatiques utiles pour développer les modèles de trading, ne recrutent quasiment plus. Si bien que ces jeunes s’en détournent naturellement. Les ingénieurs préfèrent désormais de loin les nouvelles technologies et les jeunes diplômés des écoles de commerce les cabinets d’audit et de conseil. Même si ces derniers ont mis un coup de frein sur les recrutements, ils sont perçus comme un secteur refuge qui rassure par sa solidité et son employabilité.

Les métiers sont plus diversifiés qu’on ne le pense généralement et tous apportent une diversité d’expérience à travers celle de la clientèle traitée qui est un facteur clé de développement personnel. En venant travailler avec nous, les jeunes choisissent un secteur où l’engagement demandé est fort mais où ils savent aussi qu’ils s’ouvriront de vrais choix à terme“, explique Pascal Collardey, DRH de KPMG. Seulement les Big Four semblent être désormais devenus la “chasse gardée” des écoles de commerce au détriment des étudiants de la fac, qui eux semblent vouloir se faire une plus grande place dans le secteur bancaire.

La fac, nouveau vivier pour les banques ?

Les étudiants des filières économie/management à l’université ont une bien meilleure estime des banques que leus pairs étudiants des écoles de commerce et d’ingénieurs, selon l’étude Universum. La preuve par les chiffres : trois banques parviennent à se hisser dans le Top10 des entreprises préférés des étudiants en fac : BNP Paribas (6e), HSBC (8e) et Société Générale (9e), tandis que les cabinets de conseil et d’audit sont relégués très loin derrière (le premier, Ernst & Young, est 26e).

Certains entendent bien profiter du désamour des étudiants des business schools pour s’engouffrer dans la brèche. “Tant mieux. Ça en fera plus pour les gens comme moi qui rêvent d’y travailler“, note un étudiant en fac. Encore faut-il montrer patte blanche. “Cela nous arrive de prendre des stagiaires issus d’universités en salles des marchés, même si ce n’est pas la majorité de nos candidats. Nous recrutons dans ce cas principalement dans les universités étrangères, à Dauphine et à la Sorbonne“, reconnaît-on au service RH de BNP Paribas, sachant que pour les postes de trading, 95% des recrutements se font encore en école d’ingénieurs du type Polytechnique, Mines, Ponts ou ENSAE.

La bonne réputation dont jouissent encore les banques auprès des étudiants d’université peut en partie s’expliquer par les nombreuses actions qu’elles ont engagées ces dernières années auprès du public universitaire, depuis les partenariats comme celui de la Société Générale avec le Master 2 “droit bancaire et financier” de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, jusqu’aux initiatives originales type Opération Phénix à laquelle participe HSBC. ” Il est vrai que 2-3 banques sortent du lot mais la tendance générale est à la baisse lorsque l’on passe au crible la suite du classement : Goldman Sachs 30e est même en chute libre de 17 places !”, nous explique t-on chez Universum. A ce rythme, il est fort à parier qu’en l’absence d’une inversion de tendance, les banques elles aussi finiront par disparaître du Top10 des étudiants d’université. D’autant plus qu’il ne faut pas grand chose pour faire fuir les candidats : un mauvais écho de la banque diffusé sur les réseaux sociaux par un stagiaire déçu fait aussitôt le buzz parmi les étudiants.

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