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L’Impact Investing, une niche financière qui se développe vitesse grand V

©istockphoto/mgkaya

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Une récente étude de la banque JPMorgan annonce la montée en puissance de l’Impact Investing dans le monde. Cette activité regroupe tous les investissements non cotés qui cherchent à délivrer à la fois une performance financière et un impact social et/ou environnemental mesurable. Avec près de 6 milliards d’euros investis l’an dernier et 6,7 milliards prévus cette année, l’impact investing, qui représente moins de 1% des actifs des ISR, reste certes une niche à l’échelle de la finance mondiale mais le rythme de croissance et les acteurs impliqués attestent de son développement. « Aujourd’hui, on estime que les fonds d’impact investing gèrent un encours de 100 milliards de dollars, qui devrait être multiplié par 5 d’ici à 2020 d’après une étude du Monitor Institute. Le potentiel d’emplois dans le secteur devrait donc croitre symétriquement », explique Nicolas Hazard, président du Comptoir de l’Innovation.

A côté des grandes banques internationales (JPMorgan, Morgan Stanley, UBS, Credit Suisse…) qui ont ouvert des départements dans ce domaine commencent à apparaître des organisations, des fonds de financement, des outils de mesure et une clientèle spécifique pour ce type d’investissement. Il existe même un répertoire des fonds d’impact investing (Impact base) ainsi qu’un site Internet qui permet de recruter partout dans le monde des professionnels spécialisés dans ce secteur de la finance.

Des experts financiers mais pas seulement

Cependant, le nombre de personnes travaillant sur la niche de l’impact investing dans le monde aujourd’hui reste très difficile à estimer et aucune statistique crédible n’est aujourd’hui disponible. « En effet, cela regroupe une grande diversité de personnes : salariés de fonds d’investissements sociaux, salariés de banques classiques travaillant dans les départements de finance solidaire. La diversité des structures travaillant sur le sujet implique un grand nombre d’opportunités d’emplois pouvant répondre à de nombreuses aspirations, tout autant financières que sociales ! », poursuit Nicolas Hazard. En Europe par exemple, KMPG a répertorié 1 236 fonds d’investissement responsables en 2012, gérant un encours de 130 milliards d’euros. Ceci représente un vivier d’emplois considérable, à des postes variés : analyse financière, analyse sociale, analyse environnementale, due diligence de terrain, suivi des participations, etc.

Le secteur est en quête de professionnels qualifiés et compétents, capables de piloter des programmes diversifiés, de rechercher des fonds, de gérer les ressources humaines des bénévoles ou encore d’évaluer les impacts sociaux. « Les profils des spécialistes de l’Impact Investing sont variés : des gérants qui viennent de différents horizons, essentiellement du capital risque mais aussi de l’environnement, du solidaire, de la micro finance, des spécialistes du financement de projets, et des acteurs traditionnels de l’Economie Sociale et Solidaire, explique Philippe Zaouati, directeur délégué général de Natixis AM. Il n’est pas nécessaire de venir du secteur bancaire. Une formation financière est cependant recommandée. Au-delà de l’expertise spécifique, travailler dans l’Impact Investing, c’est aussi avoir une conviction forte du lien entre investissement et impact sur la société ».

Une activité amenée à croître en France

Sur le créneau très spécifique de l’impact investing, des structures pionnières se démarquent aujourd’hui dans le paysage français. C’est le cas de Comptoir de l’Innovation Investissement qui est aujourd’hui l’un des seuls fonds français à offrir une rentabilité significative couplée à un véritable impact social, ou bien encore de Phitrust, fondé par Olivier de Guerre, ex-managing director chez Crédit Suisse Asset Management.

De leur côté, les banques font soit le choix de développer des partenariats avec les structures existantes comme par exemple BNP Paribas Asset Management avec  Phitrust, voire directement en créant une filiale comme l’a fait Natixis Asset Management à travers Mirova, son pôle d’expertise Investissement Responsable qui rassemble une quarantaine de spécialistes aux profils complémentaires : experts de la gestion thématique, ingénieurs, analystes financiers, professionnels du financement de projets et de la finance solidaire. « Trois personnes travaillent actuellement sur l’Impact Investing, auxquelles s’ajoute une équipe de cinq personnes dédiée à la gestion de fonds d’infrastructures spécialisés sur les énergies renouvelables », explique Philippe Zaouati, par ailleurs responsable de Mirova.

Paris, un place stratégique

Paris est aujourd’hui un lieu clé pour le développement du secteur. L’économie sociale représente aujourd’hui 10% de l’emploi français et cette proportion ne fait qu’augmenter depuis plusieurs années. Le développement du secteur et la multiplication des projets d’entreprises sociales donnent lieu à des besoins de financement croissants. « De nombreuses banques françaises étudient aujourd’hui l’opportunité d’ouvrir des départements spécialisés et dédiés à une stratégie d’impact investing », constate Nicolas Hazard qui cite une grande banque française qui ayant commandé une étude stratégique détaillée sur le sujet afin de planifier le développement de ses activités d’impact investing dans les années à venir. D’après lui, de nombreuses autres se montrent également très intéressées pour investir dans des fonds d’impact investing.

Par ailleurs, Triodos Bank, leader européen du secteur bancaire responsable et éthique depuis 30 ans, ouvre actuellement une agence à paris, ce qui témoigne de la croissance du secteur français. Triodos Bank emploie actuellement 720 personnes en Europe. Enfin, des philanthropes se lancent également dans le secteur, avec la volonté de créer un effet de levier supérieur sur leurs ressources à travers une logique d’investissement et non plus de donations. On parle alors de « venture philanthropy ».

Une législation favorable

La législation française favorise le développement de l’impact investing à travers la création des FCPES, Fonds Commun de Placement de l’Epargne Solidaire. « Aujourd’hui, toute entreprise de plus de 50 salariés proposant un Plan Epargne Entreprise est dans l’obligation de proposer à ses salariés un fonds de placement solidaire », explique Nicolas Hazard. Par ailleurs, les banques françaises proposent de plus en plus de produits d’épargne solidaire à leur client. Ainsi, l’encours de l’épargne solidaire représente en 2011 en France 3 548 millions d’euros, dont 897 millions sont directement investis dans des fonds de finance solidaire. Cela représente une croissance de 30% par rapport à 2010 et une multiplication par 8 en 10 ans.

Enfin, la Banque Publique d’Investissement prévoit d’investir 500 millions d’euros dans les années à venir pour le développement de l’entrepreneuriat social en France. « Une grande partie de cette somme passera par des fonds solidaires et des fonds d’impact investing », prédit Nicolas Hazard. « L’Impact Investing pourrait se développer, notamment dans le contexte d’une future loi sur l’économie sociale et solidaire qui devrait voir le jour à l’automne. Un changement d’échelle est essentiel pour apporter plus de financement à un périmètre plus large d’entités qui ont un impact social et environnemental », conclut pour sa part Philippe Zaouati.

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