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Quel est le point commun entre le secteur bancaire et la publicité ?

La ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, a récemment indiqué qu’elle  souhaitait mieux encadrer les stages en entreprise, notamment en limitant la durée des stages à 6 mois, une mesure prévue dans la loi mais jamais appliquée faute de décret. « Certains secteurs, comme la publicité, ont entre 10% et 15% de stagiaires. Ce n’est pas normal, et nous étudions, avec le ministre du Travail, Michel Sapin, la possibilité de fixer des plafonds », ajoute t-elle. Qu’en est-il du secteur bancaire ?

Dans son dernier rapport disponible sur les stages étudiants dans les banques, l’Observatoire des métiers de la banque évoque une capacité d’accueil de l’ordre de 16.000 stagiaires par an à l’échelle de l’ensemble des banques AFB, et près de 30.000 en raisonnant dans le cadre du périmètre FBF. Des chiffes qui font du secteur bancaire l’un des tous premiers en matière d’accueil de stagiaires étudiants avec en moyenne 8,5% de stagiaires pour les seuls groupes et établissements de plus de 1.000 salariés. Soit un taux bien en dessous de 10%. Encore faut-il relativiser, des écarts significatifs existants entre établissements : le taux descend à 6 % pour les établissements à effectifs intermédiaires (de 100 à 1.000 salariés), mais remonte à 15 % pour les plus petits établissements.

Sans surprise, l’étude constate une forte présence des stagiaires dans la banque de détail (60% d’entre eux), le reste se répartit entre la BFI et les fonctions supports, à concurrence de 23% et de 17%. Mais ce ne sont là que des chiffres globaux et quoiqu’on en dise, les grandes banques d’investissement sont friandes de stagiaires, alternants et autres VIE. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller jeter un petit coup d’œil du côté de leurs espaces carrières. Sur celui de CACIB, par exemple, on pouvait récemment dénombrer seulement deux offres d’emplois contre 35 offres de stages de longue durée (6 mois environ), tous basés en France.

Dans le dernier bilan social de CA CIB, les données relatives aux stagiaires apparaissent sous l’appellation “pré-recrutement”, ce qui en soi n’est pas surprenant quand on sait que les principales motivations des banques pour accueillir les stagiaires sont par ordre d’importance : des objectifs de pré-recrutement (accueil en vue d’embauches immédiates ou à venir), des engagements pris dans le cadre de partenariats avec des établissements d’enseignement, des réponses à des demandes exprimées, notamment par la clientèle et/ou le personnel. Sauf que dans la pratique les stages ne conduisent pas automatiquement vers des recrutements fermes, loin s’en faut. « Par souci d’économies, les banques peuvent être tentées de faire tourner des stagiaires sur de vrais postes et de proposer à de jeunes diplômés de commencer par de longs stages, avant de leur promettre une embauche éventuelle », témoigne un ancien stagiaire.

Difficile de décrocher un CDI

La tendance actuelle est au développement de l’intérim bancaire sous la forme de missions longue durée pouvant aller jusqu’à deux ans. « En arrivant sur le marché de l’emploi, les jeunes diplômés prennent conscience de la difficulté d’obtenir un contrat à durée indéterminée », reconnaît Alain Mlanao, directeur général de Walters People. D’ailleurs les responsables RH des banques le reconnaissent eux-mêmes à demi-mot. « Les stagiaires qui ont été appréciés au cours de leur stage se voient proposer au mieux un CDI ou un CDD, voire un VIE. Lorsqu’il n’est pas possible de les reclasser en interne, la banque les suit en maintenant un contact par mail ou téléphone avec eux et en rédigeant par exemple des lettres de recommandation », indique l’un d’eux.

« Les stagiaires ne connaissent pas leurs droits, ils ne connaissent pas la limite entre un stage et un emploi. Ils font ce qu’on leur demande. Ils n’ont qu’une envie, c’est que tout se passe bien », explique David, ancien diplômé d’une école de commerce qui a défrayé la chronique il y a quelques années pour s’être fait licencier après 14 mois de stage suivis de 6 mois en période d’essai chez la banque LCL. Sa demande de requalification de son stage en contrat de travail avait alors été débouté par le conseil des Prud’hommes de Paris. « Si la loi était peu appliquée auparavant, il est de plus en plus fréquent que des juges requalifient un stage en CDI. Ce sont majoritairement les diplômés de grandes écoles de commerce ou d’ingénieur qui attaquent aux prud’hommes dans ce genre de cas », explique Ophélie Latil, porte-parole du collectif de défense des stagiaires Génération Précaire dans une interview au Figaro Etudiant.

A contrario, d’autres secteurs se montrent plus vertueux que la banque. C’est notamment le cas de l’assurance qui fait de réels efforts pour adopter de bonnes pratiques. « Il faut dire que c’est un secteur qui ne fait généralement rêver personne. Pour convaincre et séduire les jeunes, ils ont donc décidé de favoriser l’apprentissage et les contrats de professionnalisation, ce qui va dans le bon sens car ce sont de vrais contrats de travail. Quant aux stagiaires auxquels ils recourent, ils sont globalement bien payés, et plus souvent embauchés au terme de leur période de stage », poursuit Ophélie Latil. Un exemple à méditer pour les services RH des banques…

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