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ÉDITO : Du ministère à la banque, il n’y a qu’un pas…

La nomination de François Pérol, le numéro trois de l’Élysée, à la tête du futur groupe Caisses d’Épargne-Banques Populaires divise les Français. La moitié d’entre eux juge cette nomination choquante quand l’autre moitié considère que c’est plutôt une bonne chose car ainsi l’État pourra surveiller l’utilisation des fonds publics, révèle un sondage CSA (Le Parisien.fr, abonnement).

Décrit comme un financier exceptionnel et l’homme de la situation par le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant (NouvelObs.com), cet énarque est aussi celui qui a conseillé le montage de Natixis et plombé les deux banques, s’indigne François Bayrou (AFP). Au-delà de la polémique, cette nomination pose la question de savoir s’il s’agit là d’une pratique exceptionnelle ou bien qui tend à se banaliser. En octobre dernier, c’est Pierre Mariani, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget, qui s’est retrouvé à la tête de la banque franco-belge Dexia.

Si les politiques et les médias s’emparent avec avidité de ce genre d’affaires, les banquiers restent plutôt discrets. Et pour cause : des dorures des palais de la République à celles des conseils d’administration des grandes banques françaises, la frontière est vite franchie. De BNP Paribas (Michel Pébereau, Baudouin Prot) à Société Générale (Daniel Bouton, Frédéric Oudéa) en passant par Crédit Mutuel (Étienne Pflimlin), tous les établissements bancaires abritent en leur sein des dirigeants issus d’un cabinet ministériel (Challenges). À quelques rares exceptions près, comme c’est le cas du Crédit Agricole : ni son président, René Carron, ni son directeur général, Georges Pauget, ne sont passés par un ministère.

Une caractéristique propre à la France et à ses élites d’énarques issus de Bercy ? Pas si sûr. Après tout, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair est bien devenu conseiller pour JP Morgan début 2008 (Le Monde.fr, abonnement). Il est vrai que les banques d’investissement ont toujours courtisé ces faiseurs de deals aux carnets d’adresses bien remplis, le plus souvent en échange d’une rémunération conséquente. D’ailleurs, avant de présider aux destinées des Caisses d’Épargne et des Banques Populaires, François Pérol n’a-t-il pas été associé-gérant chez Rothschild ? Décidément, banquiers et haut fonctionnaires sont faits pour s’entendre…

commentaires (2)

Comments
  1. Pour moi c’est plus que choquant. C’est l’avènement du copinage à la Francaise (bon c’est loin d’être franco francais comme idée). Ce n’est sûrement pas un moyen pour l’Etat d’avoir un quelconque contrôle sur les banques, sinon le renflouement des banques se serait fait en échange d’action ordinaire, et donc de droit de vote.

    De plus comme souligner, il s’agit d’un acteur clef de la création de Natixis, et même si il n’a pas prit les décisions d’investissement il est coupable de ne pas avoir mis en place les règle de gestion de risque adéquate, un peu comme nos politiques qui n’ont rien fait pour encadrer le système financier et nos dirigeants de grandes banques de ne pas avoir accru le pouvoir du contrôle interne.

    Peut être qu’un peu de sang neuf ne ferait pas de mal à la finance pour une fois, et surtout cela lancerait un message different au public. Cet homme est peut etre tres qualifié, mais dans le contexte actuel, cela me semble totalement déplacé. Enfin ca ne sera pas la première fois :)

  2. La vraie histoire est la suivante: l’ENA capte les meilleurs éléments, en tout cas les plus pragmatiques, qui ensuite affluent vers le privé, du conseil à la finance, en passant par la case avocat, et bénéficient toujours en sécurité des métiers de prérogatives publiques (ONG, EPIC, etc.).

    Réformer l’ENA changerait bien le monde des affaires

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