☰ Menu eFinancialCareers

Les banquiers d’affaires voient le bout du tunnel

Le marché des fusions-acquisitions redémarre. Rien qu’au premier semestre, l’activité a représenté plus de 100 milliards de dollars en France, contre 22 milliards au cours des six premiers mois de 2003. Après la période des vaches maigres, la reprise s’est tout de suite fait sentir au niveau des recrutements. Les banques anticipent clairement une reprise du marché dans les prochains mois , estime Diane Segalen du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. Le premier trimestre a été le meilleur depuis 2000 confirme un banquier parisien. L’ébullition est d’ores et déjà perceptible à la tête des grandes banques d’affaires parisiennes, où le jeu des chaises musicales a commencé : plus d’un tiers des profils les plus expérimentés ont changé de maison depuis le début de cette année.

Signe qui ne trompe pas, deux établissements étrangers ont ouvert des bureaux de banque d’affaires à Paris en quelque mois : l’américaine Bank of America, avec pour managing partner Pierre Colin, un transfuge de JP Morgan, et l’italienne Mediobanca sous la houlette de Marc Vincent, recruté chez Citigroup.

Une fois les têtes en place, il s’agit maintenant d’étoffer les équipes. Nous avons procédé de façon très sélective à un certain nombre d’embauches de profils expérimentés afin de renforcer très significativement nos équipes de banques de financement et d’investissement témoigne Jean-Noël Hénon, un ancien de Citigroup, parmi les premiers arrivés chez Bank of America pour développer la clientèle française et le pôle M&A. La banque poursuit actuellement, tout comme Médioanca, son recrutement de chargés d’affaires.

Mais les nouveaux venus ne sont pas les seuls à embaucher. Goldman Sachs, Morgan Stanley, Crédit Suisse ou encore Merrill Lynch recrutent chaque année entre 10 et 15 français, assure Diane Segalen. De même pour Citigroup, qui dispose de l’une des plus grosses équipes de corporate, avec une trentaine de personnes. Sans oublier certaines banques franco-françaises comme BNP Paribas, parmi les plus gros recruteurs cette année, ou même la Société Générale.

Toutefois, la frénésie des années 1998-99 a laissé des traces. Les embauches se font désormais de façon beaucoup plus sélective : Avant nous embauchions, aujourd’hui nous faisons des investissements , résume le director d’une filiale de banque américaine. Outre le Crédit Suisse First Boston, ouvert aux candidatures de jeunes diplômés et de profils juniors, la plupart des établissements ciblent actuellement des candidats seniors, avec d’importants track-records, un bon carnet d’adresse, une double compétence , observe Frédéric Benay de Michael Page.

Selon Diane Segalen, les profils les plus recherchés sont les vice-president ou VP, avec entre 6 et 8 ans d’expérience et suffisamment d’autonomie pour se retrouver face aux clients, ainsi que les directors , de 8 à 12 ans d’expérience . Parmi les spécialités les plus courues, l’industrie, plus particulièrement les utilities, et les institutions financières . Après les folies hi-tech, les secteurs les plus traditionnels reviennent donc en force.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les salaires n’ont pas franchement baissé par rapport aux années fastes : de 40 à 70 K€ pour un analyste de 3 ans d’expérience, de 80 à 100 K€ pour un VP et environ 150 K€ pour un director. Quant aux bonus, ils ont baissé de 20 à 50% par an en 2001 et 2002 mais se sont repris en 2003-2004. On est quasiment revenu au niveau d’il y a deux ans souligne un recruteur. Désormais, dans les établissements anglo-saxons – sur lesquels s’alignent certains français comme BNP Paribas ou Lazard – les meilleurs profils peuvent tabler sur une fourchette de bonus allant de 30 à 70 K€ pour un analyste, de 100 à 150 K€ pour un VP et de 250 à 450 K€ pour un director. Compter 20 à 40% de moins chez Calyon ou à la Société Générale.

Le profil le plus rare et le plus couru sur le marché est bien entendu celui de managing director , ou MP. C’est sans doute ce qui explique des rétributions qui restent dans le haut de la fourchette : environ un million de dollars de rémunération globale en 2003. Mais comptez deux, voire trois millions pour les plus seniors, des profils de 45-50 ans générant 30 à 40 M€ de chiffre d’affaires , estime Diane Segalen.

Les équipes de conseil en fusions-acquisitions sont donc en pleine effervescence et se mènent déjà une concurrence acharnée. Reste maintenant à conclure des deals. Or, après le boom du premier trimestre, les affaires ont calé en mars-avril. Nos clients intensifient leur réflexion stratégique et anticipent le retour des gros deals, ce qui explique le bon premier trimestre, souligne Jean-Noël Hénon. Cependant, la reprise reste fragile et très dépendante du contexte géopolitique.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici