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Où auront lieu les recrutements dans les BFI, selon un rapport de Morgan Stanley (qui table aussi sur 20 000 licenciements)

Morgan Stanley et Oliver Wyman ont produit leur rapport annuel sur l’état du secteur de la banque d’investissement.

Une lecture pas toujours réjouissante, avec en fond Bâle 3 et des marges en souffrance. Conséquence de quoi, les banques doivent réduire leurs coûts et supprimer 20 000 emplois.

Partant de l’idée que vous n’avez pas eu ce rapport entre les mains ou faute de temps de pouvoir consacrer du temps pour lire ses 70 pages, nous vous livrons une version distillée et hiérarchisée.

1) Des coupes énormes à prévoir dans les back et middle office

De nos jours, une banque d’investissement mondiale fonctionne avec des coûts fixes d’environ 4 milliards de dollars. Aussi l’attention est fortement portée aujourd’hui sur l’échelle et l’efficacité des plateformes, étant donné leurs besoins d’investissement sur le plan technologique, du management des risques et de la compliance.

Résultat : les banques doivent baisser leurs coûts de 6-8% par rapport à 2010. Des coupes dans les effectifs sont inévitables. D’ailleurs JPMorgan a ouvert la voie en annonçant 3 000 suppressions de postes dans le back office.

Pour Morgan Stanley et Oliver Wyman, voilà comment les licenciements se découperont :

– 5 000-7 000 emplois dans les technologies

– 4 000-5 000 emplois dans le traitement des opérations

– 1 000-3 000 emplois dans les départements finance

– 2 000-4 000 emplois dans les risques

– 500-1 000 emplois dans les RH

– 1 000-1 500 emplois dans les fonctions juridiques et compliance

– 500-1 000 emplois dans le real estate et le corporate

2) Le FICC à l’amende, mais certaines activités mieux loties que d’autres

Sous Bâle III, les départements fixed income currencies and commodities feront grise mine, car la nouvelle réglementation pourrait potentiellement rendre certaines activités non rentable. Le flow credit, et les taux dans une moindre mesure, sont ici particulièrement visés. Si vous travaillez dans un établissement Tier-2, mieux vaut commencer à réfléchir à des alternatives. En revanche, les changes et les obligations d’Etat devraient être à l’abri sur le long terme.

Dans l’immédiat, 2011 devrait de toute façon voir les revenus des divisions FICC baisser de 5-10 % en moyenne. Tout le monde ne loge pas à la même enseigne. Les revenus seront en hausse sur les marchés émergents (5 %) et surtout sur les commodities (entre 30 et 45 %). En revanche, seront en baisse les activités de taux (-10 %) et de credit / titrisation (-20 %). Les revenus sur les changes seront stables.

Si l’on plaque les potentiels recrutements sur les anticipations de revenus, alors il faut s’attendre à de nombreux recrutements dans les commodities et… le calme plat ou presque ailleurs.

3) De gros investissements dans le trading électronique

Si vous travaillez dans le trading électronique, vous pouvez vous estimer chanceux. Sous Bâle III, le ROE (ou retour sur fonds propres) d’un certain nombre d’activité pouvant être réduit de moitié, les banques investiront dans le big data dans un souci de préservation de leurs marges et ainsi développeront les systèmes de trading électronique dans le fixed income.

4) Actions, dérivés actions et prime brokerage se portent bien

2011 est l’année des marchés actions, selon les auteurs du rapport. Le cash equities devraient voir ses revenus augmenter de 5-10 %, même scénario pour le prime brokerage. Quant aux dérivés actions, les revenus sont anticipés en progression de 10-15 %.

Des recrutements, surtout sur les dérivés, sont donc prévisibles.

5) La recherche equity a le vent en poupe

En raison de la standardisation de l’exécution, la recherche actions grâce à la plus-value du contenu devient un moyen important de différenciation. Ceci n’est pas appelé à changer et explique pourquoi les analystes actions sont tout à coup populaires.

6) M&A = R.A.S !

Les fusion-acquisitions ont enregistré un bon début d’année avec des volumes au premier semestre équivalents à ceux de 2007.

Ceci étant, Morgan Stanley et Oliver Wyman ne croient pas que 2011 sera une excellente année. Si hausse des revenus il y a dans les M&A et le capital markets, elle sera de 5 % maximum, sachant qu’une bonne partie de cette croissance sera au dû au développement continu des marchés ECM asiatiques. Conséquence: pas d’euphorie à prévoir sur le plan des embauches.

7) Les hedge funds, les asset managers et les fonds de private equity recruteront

Du fait que les banques sont soumises à une régulation croissante, une partie du business devrait basculer vers le secteur dit non régulé . Les actifs des hedge funds sont anticipés en hausse de 15 % en moyenne annuellement pour atteindre un marché de 2,5 trillions de dollars d’ici à 2012.

Les activités de trading pour compte propre, de direct lending, de restructuring et en partie de dérivés complexes seront récupérées par les hedge funds et les asset managers. Et les emplois qui vont avec aussi.

8) Les marchés émergents poursuivent leur croissance mais ne représentent toujours une part limitée des profits

Les marchés émergents vont continuer à voir leurs revenus progresser mais la hausse des coûts et les rendements en baisse signifient qu’ils généreront peu de profits à l’échelle des groupes bancaires. Pire, les marchés émergents viendront grignoter sur leur bilan dans la mesure où ils vont devoir prêter à ces nouveaux clients pour gagner des parts de marché.

La pression sur les coûts sur ces marchés augmentera la tentation de procéder à des licenciements sur les marchés développés.

9) De nouvelles sources de revenus dans le financing

Le rapport prédit de nouvelles sources de revenus dans ces activités :

– collateral transformation (transformation des actifs en cash pour répondre aux exigences des chambres de compensation centralisées)

– financing (collateral finance, margin finance)

– Margining (importance croissante de gérer de façon optimale le cash management des clients)

Se positionner comme expert dans l’une de ces activités augmentent donc a priori fortement votre employabilité dans le futur.

10) Plutôt de bonnes nouvelles pour les banques françaises

Le rapport rappelle que les banques française (SG, BNP) sont les plus exposées sur les dérivés et donc verront plus que les autres leurs revenus progresser sur les equities (+24 % contre 11 % en moyenne).

Dans les FICC, elles sont aussi peu exposées aux activités menacées par les nouvelles réglementations (surtout vrai pour BNP) et sont au contraire bien positionnées sur le macro-trading.

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