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Assurance : les profils qui défient la crise

L’annonce la semaine dernière de nouvelles taxes sur l’assurance-vie a provoqué la soupe à la grimace chez les assureurs. Bernard Spitz, le président de la Fédération française de sociétés d’assurance jugeant que le raboteur a eu la main lourde (Le Figaro).

L’affaire ne semble cependant pas provoqué l’inquiétude outre mesure chez les recruteurs, qui témoignent au contraire d’une embellie du secteur. Les projections de recrutements pour 2011 annoncées par Groupama, AXA France et Allianz France, qui à elles seules prévoient 6.000 recrutements, a de quoi redonner le moral aux candidats du secteur (Les Echos).

Sur la population cadres / cadres supérieurs, certains profils ont plus la cote que d’autres. Voici la liste des chanceux :

L’actuaire, encore et toujours

La filière se porte bien, à en juger par la progression à deux chiffres des salaires, confiait Thomas Béhar à L’Agefi quelques jours avant de quitter ses fonctions de président de l’institut des actuaires, fin juin. Il rappelait à cette occasion que 80% des membres de l’association exercent dans des entreprises d’assurances.

Les tensions sont toujours aussi fortes sur le marché de l’emploi pour ce profil rare, en raison du numerus clausus de la profession, constate Charles Ancelin, responsable de la division Assurance chez Michael Page. La demande se reporte aussi de manière croissante sur les chargés d’études actuarielles et les statisticiens

Les fonctions financières en général, et la gestion actif/ passif en particulier

A l’instar du monde bancaire qui a dû s’adapter à l’accord Bâle II, l’assurance doit apprendre à vivre avec les normes Solvency II. Aussi les spécialistes de la gestion actif / passif sont devenus des experts désirables au sein des directions financières.

A noter également que depuis le début de la crise, on a constaté de nouvelles migrations de gérants ou même de patrons de salle de marché rejoindre le monde de l’assurance. C’est particulièrement vrai pour les institutions de prévoyance, relève Laurent Chabannais, fondateur du cabinet Solusearch.

Deux mouvements symptomatiques de cette tendance : Véronique Leroux, ancienne directrice des gestions Ixis Asset Management, aujourd’hui directeur général adjoint administratif et financier de Pro BTP, et Vincent Cornet, ancien trader, puis responsable des activités de gestion de taux, dernièrement chez Pictet, qui a rejoint en début d’année Malakoff Médéric en tant que directeur des investissements.

Le contrôleur interne, l’indémodable

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les fonctions de contrôle et d’audit interne surfent sur la montée des contraintes réglementaires. La demande ne date pas d’hier, mais la crise et ses conséquences l’ont remis plus que jamais à l’ordre du jour.

Il y a une demande constante sur les profils d’auditeurs externes dotés d’une expérience dans le tertiaire financier, explique Charles Ancelin.

Profils commerciaux d’un autre type

Ces métiers vivent une redéfinition profonde : plus de professionnalisme pour répondre aux attentes, non plus d’information (Internet y pourvoit), mais de conseil ; plus de spécialisation, face à la complexité des gammes de produits, des situations de la clientèle et des canaux de distribution , lit-on dans le dernier Baromètre prospectif 2010 de l’évolution des métiers et des compétences de l’assurance.

Laurent Chabannais insiste sur le fait que la tendance à la spécialisation des commerciaux dans le domaine de la retraite et de l’épargne salarial dans beaucoup d’entreprises d’assurance conduit à une pénurie de bons profils dans certaines régions.

Essor des fonctions marketing

Sophistication et diversification des gammes de produits et des modes de distribution obligent, les professionnels du marketing sont de plus en plus courtisés.

Chez les marketeurs, cela se traduit par une plus grande variété de profils:plus spécialisés et plus experts, notamment dans les domaines de la finance, des technologies nouvelles, des réseaux sociaux, etc. , relève l’Observatoire des métiers de l’Assurance.

Les purs experts du Marketing provenant d’autres secteurs reconnus comme d’excellentes formations du type grande distribution ou cosmétiques intéressent également, ajoute Charles Ancelin, qui a été amené à travailler de plus en plus sur des profils marketing ces derniers mois, en particulier pour des mutuelles et des filières assurances de banques.

commentaires (6)

Comments
  1. Les actuaires ont des revenus élevés et n’ont généralement pas de mal à trouver un emploi. Métier qui souvent ne connait pas de problèmes.

  2. Etant moi-même actuaire (donc je connais bien ce marché), il faut quand même nuancer ces propos.
    Car la demande est bien forte pour les jeunes diplômés. Les entreprises recherchent d’ailleurs toujours le mouton à 5 pattes :
    * qui sait programmer (Moses, SAS, Excel…),
    * communiquer (Powerpoint),
    * a une expertise en actif, passif, actif-passif, Solvency II ,
    * MCEV (embedded value voir Google…) etc… etc..
    * et surtout qui n’a que 4 à 5 ans d’expérience (ben oui sinon, il est trop cher !).
    Mais, pas facile de réunir toutes ces expertises en moins de 5 ans…

    Cela se corse beaucoup plus auprès plusieurs années d’expériences et les profils seniors (et attention, on est senior très tôt dans l’actuariat, à 35 ans maximum…)

    Car au-delà de 10 ans d’expérience quand on veut prendre du galon et arrêter de cracher des calculs à longueur de journée…
    Là, on voit beaucoup d’actuaires plafonner ou devenir consultants indépendants avec plus ou moins de succès…

  3. Suite…
    Car au-delà de 10 ans d’expérience quand on veut prendre du galon et arrêter de cracher des calculs à longueur de journée…
    Là, on voit beaucoup d’actuaires plafonner ou devenir consultants indépendants avec plus ou moins de succès…

    C’est vrai qu’avec 120 K€ pour les plus habiles après 10 ans (surtout dans le conseil) et peut-être un peu moins (80 K€ à 100 K€) pour les autres mais avec la sécurité de l’emploi dans les boîtes d’assurances/mutuelles/IP, on est pas mal loti.

    Mais j’ai tendance à dire que l’actuaire a une très belle carrière entre la fin de ses études et 35 ans.
    Après, s’il n’est pas sorti des chiffres, il est un peu… mal (étant considéré comme le geek de service dans les boîtes où il passe).

    L’actuariat mène à tout à condition d’en sortir… au bon moment…

  4. Bonjour,
    Existe-t-il réellement des passerelles entre la banque et l’assurance?
    Peut-on traiter des produits assurance sans avoir une solide expérience derrière (et terme de FO/BO et compta par exemple)

    Je ne demande qu’à y croire! Je quitterai volontiers le secteur consulting côté bancaire pour aller dans l’assurance

    bien à vous

  5. Bonne analyse de Manitou
    Je suis actuaire aussi.

  6. D’acc avec Manitou!! Actuaire aussi..

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