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La décision des banquiers suisses de relancer la gestion d’actifs va-t-elle générer de nouvelles opportunités d’emplois ?

saasfee

Un groupe de travail commun de l’Association suisse des banquiers (ASB) et de la Swiss Funds Association (SFA) a dévoilé un document-cadre identifiant huit axes pour développer la gestion d’actifs en Suisse. Et pour cause : cette activité présente encore un potentiel de développement, contrairement à la gestion de fortune qui souffre de l’érosion de ses marges et la banque d’affaires qui est caractérisée par une importante volatilité et dont les volumes d’affaires diminuent.

Ainsi, la gestion d’actifs pourrait faire progresser ses revenus bruts de 1,8 milliard de francs d’ici à 2015, dont la moitié grâce à ces mesures de promotion. En tout, ils pourraient grimper à 7,8 milliards d’ici à trois ans, contre 6 milliards en 2010, a calculé Boston Consulting Group. « La place financière tout entière soutient cette initiative, qui doit faire de la Suisse une place de premier plan dans le domaine de l’Asset Management. Nous souhaitons que l’administration fédérale et les autorités de surveillance soutiennent également ce projet. Ainsi, nous offrirons à la place financière une assise plus importante, minimiserons les risques systémiques et saisirons des opportunités d’avenir », a indiqué Claude-Alain Margelisch, directeur de l’ASB.

Un secteur sous-exploité ?

Le document-cadre présente huit domaines dans lesquels des mesures ciblées doivent créer les conditions-cadres optimales pour proposer des produits et prestations en Suisse comme à l’international. Ces domaines sont les suivants :

1. Établir l’Asset Management en tant que marque

2. Développer et appliquer des normes pour l’Asset Management

3. Garantir une surveillance adéquate

4. Améliorer l’accès au marché

5. Promouvoir des instruments et structures adaptés pour l’Asset Management

6. Créer un environnement fiscal optimal (autres taxes comprises) pour les investisseurs

7. Développer l’infrastructure de manière ciblée

8. Proposer une formation spécifique

Une majorité de ces initiatives peut être mise en place par les établissements financiers, selon l’étude. Encore faut-il que le potentiel de la gestion d’actifs puisse être mieux exploité par les principales banques comme UBS et Credit Suisse, cette dernière ayant même récemment décidé d’intégrer la gestion d’actifs au sein de l’unité de banque privée, entraînant la suppression de 300 empois en Suisse. « Cette réorganisation vise plutôt à rapprocher le développement de produits de la distribution et du conseil », rassure Claude-Alain Margelisch pour qui cette décision n’entre pas en contradiction avec la stratégie préconisée par son association (Le Temps.ch).

Les profils plébiscités

Cette initiative va-t-elle offrir de nouvelles opportunités d’emploi pour les professionnels de la finance ? « La gestion d’actifs regorge d’un grand potentiel, en particulier pour les petites structures et autres boutiques », explique Klaus Robert Biermann du cabinet de chasse de têtes zurichois Biermann Partners. Si actuellement, les profils les plus recherchés restent de loin les commerciaux, il pourrait y avoir des créations d’emplois supplémentaires pour les gestionnaires de portefeuille et les analystes dans le cas où la Suisse se renforcerait dans le processus allant de la conception à la vente de produits. L’objectif étant de réaliser des performances en dépit des faibles taux d’intérêt, les experts qui maîtrisent les investissements dans les obligations à haut rendement sont très courtisés, de même que ceux spécialisés dans les infrastructures, les actions marchés émergents et les stratégies quantitatives, d’après Reto Jauch, chasseurs de têtes chez Jauch Associés à Zurich.

« J’observe et je peux affirmer l’Asset Management se développera en particulier en raison des initiatives en cours et des perspectives de croissance par rapport à la banque privée et la banque d’investissement, indique pour sa part le chasseur de têtes Thomas Bossard spécialisé dans la gestion d’actifs au sein du cabinet zurichois Bianchi & Partner. D’ores et déjà la Suisse est compétitive en tant que base de production – en particulier par rapport à la fiscalité et au niveau de formation du personnel. En outre, la quantité d’actifs sous gestion demeure importante ». Pour preuve, selon l’enquête annuelle de Genève Place Financière, les actifs sous gestion des banques genevoises ont augmenté au premier semestre de l’année.

Toujours d’après cet expert, les gestionnaires d’actifs étrangers qui s’installent en Suisse entraînent une forte demande pour les professionnels du secteur. « Il ne se passe pratiquement plus une semaine sans qu’un gestionnaire d’actifs français vienne présenter ses perspectives depuis la Suisse, ou y annonce l’établissement ou le renforcement de ses équipes sur place », rappelait en début d’année dans un édito l’Agefi Suisse. Un constat qui s’est vérifié tout au long de l’année 2012, avec notamment l’implantation de Lazard Asset Management à Zurich et le renforcement de Carmignac Gestion et Templeton à Genève et Zurich.

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