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Une journée avec Jens Tonn, directeur d’une société spécialisée en Capital Investissement

06h00 Le réveil sonne, la journée commence tôt. Je me lève, je m’habille et je quitte la maison, ma femme et ma fille dorment encore. Parfois, je pars plus tard pour attendre que ma fille se réveille, mais c’est rarement possible.

Chaque semaine, je voyage quelques jours en Europe. Je dois alors me lever à 5 heures pour prendre le premier vol à Heathrow à 6h50 ou à 7h15.

06h45 Si je suis à Londres, comme c’est le cas aujourd’hui, je me rends au travail en bus et en métro. J’achète généralement quelque chose à manger sur le trajet. J’opte souvent pour le petit déjeuner “continental”: un croissant et un café. Quand je suis dans l’avion, je préfère un petit déjeuner complet.

07h30-08h30 Au bureau, je commence toujours par écouter mes messages et vérifier mes emails; j’en ai habituellement entre 30 et 40, y compris les spams. Je prends aussi le temps de parcourir la presse allemenad et anglaise.

08h30 Mon premier rendez-vous est à 8h30. Mon travail consiste en grande partie à rencontrer des conseillers, des directeurs et des banquiers qui représentent les sociétés avec lesquelles nous aimerions travailler et dans lesquelles nous souhaiterions investir.

Je passe environ 75% de mon temps à la recherche de nouveaux deals, à les faire avancer et à les concrétiser; les 25% restant sont consacrés au contrôle des sociétés dans lesquelles nous avons déjà investi, et aux relations avec nos investisseurs.

Ainsi, j’ai au moins deux rendez-vous par jour à l’extérieur; si je suis en voyage en Europe, je peux en avoir jusqu’à quatre ou cinq.

Aujourd’hui, mon premier rendez-vous est avec un représentant d’un important groupe européen d’ingénierie . Il essaie d’organiser le rachat d’une de ses divisions et souhaite obtenir notre aide. Un problème se pose: il n’a pas de “business plan”.

C’est asssez commun en Europe continentale où les gens connaissent très bien leur business, mais mettent rarement leurs idées sur papier. Le fait d’avoir un business plan structuré et rédigé sur papier est typiquement anglo-saxon.

En l’absence de business plan, le premier rendez-vous est d’autant plus important. C’est une occasion d’examiner la viabilité du rachat. Cela consiste à vérifier si, le cas échéant, l’unité pourrait fonctionner de façon indépendante, et à se renseigner sur les concurrents et sur l’environnement macroéconomique.

Il s’agit aussi de mettre en place de bons rappports: il faut que les gens que nous rencontrons nous apprécient et que nous les apprécions. Si le deal est mis en place, nous serons amenés à travailler souvent ensemble.

10h30 Après le rendez-vous, je prends le temps de digérer ce qui s’est dit. Chez Candover, chacun doit tout faire lui-même: la mise en place des deals, la vérification de leur viabilité et leur exécution.

J’utilise des modèles financiers pour m’assurer que les chiffres fournis au cours du rendez-vous sont pertinents. Je me renseigne également sur le secteur concerné; s’il s’agit d’un deal important, je contacte des spécialistes du secteur pour avoir leur avis.

13h00 Je déjeune avec le directeur d’un conglomérat allemand. Quand on travaille en Capital Investissement, il est indispensable d’établir des relations durables avec des dirigeants d’entreprise. Si vous connaissez bien un PDG, c’est à vous qu’il fera appel s’il souhaite céder une activité qu’il ne juge pas essentiel.

C’est aussi une bonne idée de s’intéresser aux personnes qui ont un potential dans l’entreprise, souvent numéros deux. Ils pourraient bien devenir numéro un, ou bien quitter cette entreprise pour un poste plus important ailleurs.

14h30 De retour au bureau, je passe du temps au téléphone avec les PDG et directeurs financiers de sociétés avec lesquelles des deals sont en phase finale, et je réalise un business plan suite au rendez-vous de ce matin.

Les choses sont très différentes si un contrat est en vue. En octobre-novembre 2002, j’ai travaillé sur l’acquisition par Candover, de la société Ontex, une entreprise belge fabriquant des produits d’hygiène pour une valeur d’un milliard d’euros.

Après avoir analysé l’activité de l’entreprise, évalué la viabilité de l’achat, et développé un plan de gestion, il a fallu négocier avec les banques, trouver les financements, régler les questions juridiques et rédiger le contrat.

En tant que coordinateur du projet, ma présence était requise à chaque réunion ou presque; mes journées étaient longues et souvent très agitées.

16h00 Je rédige une note à l’intention des autres directeurs pour les tenir au courant de mes rendez-vous et des éventuelles opportunités d’investissement. Une fois par semaine, les directeurs de Candover se réunissent pour examiner les deals en cours : ce qui va être poursuivi et ce qui va être abandonné.

20h00 Ma journée se termine. Mais si un deal est en cours, je peux rester parfois jusqu’à plus de minuit.

Parfois dans la semaine, quand je suis à Londres, je dîne avec des PDG allemands ou avec leurs conseillers. Pour eux, il est souvent plus facile de discuter de leurs projets dans un club ou un restaurant à Londres que lors d’un rendez-vous en Allemagne; ils risquent moins d’être reconnus par des banquiers ou des concurrents quand ils sont à Londres. Quand je ne sors pas pour distraire mes contacts, je dîne à la maison. J’essaie d’y rester le plus souvent en semaine, pour décompresser et préparer la journée du lendemain. Le week-end, j’en profite pour sortir avec ma femme et ma fille.

Nous partons en week-end sur la côte, ou à la campagne ou nous nous promenons sur les bords de la tamise. J’aime beaucoup la campagne anglaise: c’est un vrai changement, après une semaine passée dans les bureaux et les aéroports.

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