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SocGen toujours en bisbille avec un ex-salarié licencié car “trop bon” (si doué que ça ?)

raphael Geys

À une semaine à peine du dénouement de l’affaire Kerviel (l’arrêt en appel doit être rendu mercredi 24 octobre), SocGen se serait bien passée d’une autre histoire gênante. Il s’agit là aussi d’un procès en appel, cette fois à Londres, d’un ancien salarié de SGCIB, Raphael Geys, ancien managing director de la division Fixed Income.

10 millions d’euros d’indemnités de licenciement ? Pas assez, selon Geys

Le différend judiciaire remonte à 2010. L’ex-employé, de nationalité belge, réclamait à la banque les 12,5 millions d’euros qu’elle lui devait selon lui dans la foulée de son licenciement en novembre 2007. Société Générale lui avait alors accordé « seulement » 7,9 millions d’euros, somme qu’il a refusée, préférant porter l’affaire en justice. Son premier procès lui avait permis d’obtenir environ 10 millions d’euros. Mais Raphael Geys n’en démord pas. Pour lui, le compte n’y est pas.

Inutile de vouloir éclairer les raisons subtiles de la discorde. Celle-ci repose principalement sur la légitimité ou non d’un paiement en guise de préavis (Reuters). Or c’est bien la date de la fin du contrat, ici discutée, qui fait varier le montant des indemnités.

Le fond de l’affaire est, lui, plus intéressant. Raphael Geys, qui n’a pas été employé par une autre banque depuis mais travaille comme consultant indépendant à Bruxelles, assure avoir été licencié pour avoir été « trop compétent ». Son boss lui aurait dit qu’il coutait désormais « trop cher » en raison des termes de son contrat.

Raphaël Geys assure avoir plus que doublé le résultat opérationnel de son département qui est passé de 205 millions d’euros au moment de son arrivée en janvier 2005, à 440 millions d’euros fin 2007.

Trop bon ou juste porté par un environnement de marchés très favorable ?

Ce professionnel était-il si exceptionnel qu’il le prétend ? Nous avons épluché les résultats financiers de l’époque de quelques banques pour tenter d’y voir plus clair.

Il se trouve que le business du Fixed Income est en plein développement entre 2005 et 2007 et pas seulement chez SocGen, qui a investi tardivement sur ce marché prometteur. Chez BNP Paribas, les revenus de l’ensemble des activités fixed Income est passé de 2,2 milliards d’euros pour l’année 2005 à 2,9 milliards pour l’année 2007.

Côté Bank of America, on signale qu’au dernier trimestre 2004, une somme de 675 millions de dollars est investie (technologie, recrutements…) au cours de 2005 sur les marchés de capitaux, principalement sur le fixed income. Deux ans plus tard, la vente et le trading des produits de taux ramènent à la banque 3,6 milliards de dollars de revenus, soit trois fois plus qu’en 2005.

À une autre échelle, les activités de marchés de capitaux de Credit Agricole sont aussi à la fête, passant de 1,6 milliard d’euros en 2005 à 2,1 milliards deux ans plus tard. Le groupe français ne détaille pas la part des activités de fixed income dans ce total, mais informe sur la très bonne santé des activités de taux, en particulier les dérivés de taux, dont les revenus ont progressé de 69% entre 2006 et 2007.

Raphaël Geys a manifestement bénéficié d’un environnement porteur. Etait-il jugé « trop compétent » ? Il était certainement devenu trop cher pour SocGen, qui s’apprêtait quelques semaines plus tard à perdre près de 5 milliards d’euros dans une affaire autrement plus embarrassante, celle d’un certain Jérôme Kerviel.

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