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Oddo contrainte de sacrifier ses activités de banque d’investissement pour exister ?

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Fitch Rating prédit un avenir peu florissant pour les activités de banque d’investissement d’Oddo & Cie. Aussi, l’agence a décidé d’abaisser la notation d’émetteur du courtier français de deux crans, à BBB-, soit le dernier échelon avant la catégorie spéculative (Reuters).

Après la nouvelle il y a 10 jours d’un plan social à venir chez son concurrent Cheuvreux, où plus de 80% des effectifs craignent de perdre leur poste avec le rachat du broker par Kepler Capital Markets, le problème de la santé déclinante des courtiers français se pose de manière pressante.

Un nouveau fardeau pour le groupe ?

Pour Oddo, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les revenus des activités de banque d’investissement dans le produit net bancaire du groupe représentaient seulement 38% du produit net bancaire du groupe en 2011 contre la moitié un an plus tôt. Ces mêmes activités enregistraient une perte de 8 millions d’euros l’an passé (L’Agefi).

Reste la question du remède. Oddo, dont l’effectif a augmenté d’une centaine de personnes en un an à 863 employés fin 2011, va-t-il être désormais amené à se séparer de collaborateurs ?

Des réductions de coûts jugées insuffisantes

La sanction pourrait se révéler plus sévère. « Il n’est pas clair qu’Oddo puisse établir une marque viable à moyen terme en banque d’investissement », juge Fitch Rating. L’activité de banque d’investissement comprend Oddo Securities (courtage actions, obligations et dérivés), Oddo Corporate Finance (conseil en M&A et marchés de capitaux) et Oddo Metals (négoce des métaux non ferreux).

Et ce n’est pas seulement le contexte général défavorable qui est en cause, mais surtout la taille et le modèle de sa structure qui l’empêche de dégager une profitabilité suffisante et de mener les investissements rendus nécessaires par les mutations du secteur, selon Fitch.

Le capital d’Oddo & Cie, dont l’histoire remonte à 1849, est aujourd’hui détenu à 42% par la famille Oddo et à 30% par les collaborateurs.

Le groupe a bien engagé des réductions de coûts grâce notamment aux synergies réalisées avec le rachat de Robeco et Banque d’Orsay respectivement en 2010 et 2011. Ainsi, les frais de personnel sont passés de 92.000K euros en 2010 à moins de 88.000K euros un an plus tard.

Ce sont moins les emplois, qui ont continué à augmenter entre fin 2010 et fin 2011 de 520 à 580 effectifs en France, que les rémunérations variables qui ont été affectées par les réductions de coûts (21.000K euros versés à ce titre en 2011 contre 29.000 en 2010), selon les comptes publiés au Balo.

Quoi qu’il en soit, ces efforts « pourraient ne pas suffire à compenser les faibles revenus générés par Oddo », explique Fitch. Il n’est pas certain non plus que la mobilité interne que le groupe dit « favoriser fortement » permette de faire front de manière satisfaisante aux défis actuels.

Et des recrutements toujours en cours…

« Voir un acteur finalement assez marginal comme Oddo devoir cesser ses activités IB ne serait pas très étonnant dans un contexte où le business n’est plus au rendez-vous, les marges sont divisées par 4 et où l’on sait d’avance que 2013 sera une mauvaise année, relève un observateur au fait des problématiques de la banque d’investissement. Aujourd’hui, grâce à la taille de leur bilan, seules les banques américaines s’en sortent véritablement »

Pour l’heure, l’actualité qu’Oddo souhaite mettre en avant est plutôt tournée vers… le recrutement ! Au cours du mois de septembre, ont été embauchés Alain Krief comme Responsable des investissements taux et convertibles pour l’entité AM, et aussi quatre nouveaux gérants chez chez Oddo Corporate Finance. Et ce deux mois après l’arrivée du nouveau directeur financier Christophe Tadié.

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