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EXTRAITS : « Halte aux clichés, banquier ne s’improvise pas »

ne tirez pas sur les banquiers

Le banquier doit avoir une certaine compréhension du système d’information de sa banque, de ses limites, de ses capacités. L’outil informatique est totalement structurant, et sa parfaite maîtrise permet d’imaginer des solutions simples à mettre en œuvre. Son ignorance peut conduire à définir des méthodes de travail sans doute intelligentes, mais pratiquement inapplicables. On entend encore trop souvent d’un côté des banquiers se plaindre d’un système informatique qu’ils considèrent peu performant, et de l’autre des informaticiens désespérés que les banquiers n’utilisent pas un peu mieux certaines fonctionnalités du système.

Il doit aussi être un homme d’organisation et de gestion des flux. La banque reçoit en permanence des flux d’informations, des clients la contactent, au guichet, au téléphone, par Internet. Le métier de banquier vise aussi à organiser la gestion de ces flux, à les « prioriser », à transformer certains en contrats. Il doit enfin avoir un excellent sens des relations humaines. Ce qui fait la différence dans la banque, c’est la qualité de la relation, que ce soit avec les clients ou au sein des équipes, qui doivent être solidaires vis-à-vis des clients.

Dans tous ces domaines, la population bancaire évolue à grande vitesse. On rencontrait encore il y a une quinzaine d’années des banquiers autoritaires, hautains, redoutés, peu à l’aise avec l’informatique, mais profondément respectés. Ils avaient un grand sens du risque bancaire, de l’organisation, de la rigueur. Les nouveaux responsables ont un management plus humain et collaboratif, et sont également plus à l’aise avec l’informatique. En revanche, leur culture bancaire est parfois plus limitée. Experts dans un domaine, ils n’ont pas souvent une vision globale du métier et de ses enjeux.

Enfin ce qui fait un bon banquier, c’est la richesse de l’expérience. Tant qu’on n’a pas vécu une crise, on pense que cela n’arrivera jamais. La prudence nécessaire du banquier, parfois vilipendée, est le fruit de l’expérience des difficultés passées. On peut être certain que les banquiers qui vivent les crises qui se succèdent depuis l’éclatement de la bulle des subprimes garderont très longtemps en mémoire les réflexes de prudence, déjà tant présents.

Cet extrait est tiré du livre Ne tirez pas sur les banquiers !Son auteur, Brice Welti, est ingénieur de formation. Il a d’abord travaillé une dizaine d’années dans le secteur du conseil, en menant des projets de transformation dans le secteur de la banque et de l’assurance, avant de prendre des responsabilités opérationnelles dans un grand réseau bancaire. Actuellement directeur au sein d’un organisme interbancaire, il supervise le contrôle de l’ensemble des banques de détail sur la distribution de certains prêts réglementés.

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