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Parcours professionnel : atteindre vos objectifs avant 30 ans

Clare Flynn est Présidente de Beauchamp Financial Technology, une entreprise qui vend des logiciels de gestion de portefeuille et de trading. Cette américaine, stagiaire à 18 ans à Wall Street, gérante dans la City à Londres à 21 ans, a dirigé son propre hedge fund à 27 ans avant de se retirer de la gestion d’actifs à 30 ans. Elle a toujours voulu pouvoir parler de sa vie comme d’une belle histoire, dit-elle.

Mon intérêt pour les marchés financiers remonte à loin. Quand j’étais petite, mon père avait l’habitude de me dire en plaisantant qu’il ne pourrait pas me payer mes études si ses investissements ne rapportaient pas assez. Du coup je lisais avec le plus grand intérêt les pages financières : je ne voulais pas devoir abandonner mes études au milieu de l’année.
C’est à l’école Phillips Exeter, un pensionnat du New Hampshire, que j’ai eu mes premiers cours d’économie et que j’ai intégré le principe d’acheter bas et vendre haut. Dès lors, j’ai voulu travailler à Wall Street.
J’ai pensé que postuler à Wall Street, qui est à quelques stations de métro de l’Université Columbia, était un bon calcul. Je me suis mis en tête de travailler en banque d’investissement tout en suivant mes cours.
Pendant les grandes vacances, j’ai travaillé en gestion d’actifs, en banque d’affaires et en recherche action. C’était le début des années 90 et à l’époque les stages n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Il suffisait d’aller frapper à la porte des amis de mon père et de leur demander s’ils voulaient bien me prendre.
Ce n’était pas vraiment des jobs de haut niveau. J’ai commencé au service courrier, à mettre des notices de SICAV dans des enveloppes. J’ai été aux anges quand on m’a promu pour répondre au téléphone aux demandes de renseignement des investisseurs. Mais j’appartiens à la première génération d’étudiants qui a grandi avec les ordinateurs personnels. Je me suis rapidement rendue précieuse à une époque où les analystes savaient à peine utiliser Excel.
J’ai passé ma troisième année universitaire à la London School of Economics. Un an plus tard, fraîchement diplômée, je savais déjà que je voulais devenir gérante. Je savais aussi que la route qui mène à la gestion d’actifs est longue.
Il aurait fallu que je commence en tant qu’analyste corporate junior dans une banque d’affaires, que je parte faire un MBA, puis que je devienne analyste buy side dans une boite comme Fidelity avant de devenir, 10 ans plus tard, gérante. Je n’avais pas envie de ça. Je n’avais pas envie de passer des années suspendue à l’espoir d’arriver là où je voulais arriver.
J’ai passé quelques entretiens dans des banques de Wall Street mais j’ai aussi exploré des alternatives. J’ai demandé à mon école du New Hampshire la liste des anciens élèves vivant à Londres. J’ai écrit à tous les banquiers pour solliciter un entretien à l’occasion de mon prochain passage.
Quelques uns m’ont répondu en m’indiquant avoir transmis mon CV au département du personnel. J’ai aussi reçu la lettre d’une femme me disant qu’elle serait ravie de me rencontrer. Il s’agissait de Nicola Horlick, une gérante très en vue de la City, qui était alors managing director de Morgan Grenfell Asset Management.
Je suis retournée à Londres, et effectivement j’ai passé avec elle et certains de ses collègues des entretiens pour un poste de gérant junior. Je suis ensuite rentrée aux Etats Unis. J’attendais nerveusement des réponses. J’ai reçu des offres de Wall Street, mais un mois plus tard, je n’avais toujours pas de nouvelles de Nicola. Je l’ai appelé et elle m’a dit de débarquer. Quelques temps plus tard, de retour en Angleterre, j’exhibais fièrement ma première carte professionnelle.
J’y suis arrivé de bonne heure. A à peine 21 ans, je gérais un portefeuille. Je suis devenue une des deux seules femmes au sein d’une équipe de 35 gérants de fonds de pension britanniques de Morgan Grenfell.
Ce fut une période mouvementée. L’entreprise a été éclaboussée par le scandale du trader fou Peter Young et Nicola Horlick est partie. On est devenu Deutsche Asset Management. Ma carrière a profité de ces turbulences. Il y a eu des changements de postes, et des opportunités qui, dans d’autres conditions, n’auraient jamais existé, et je suis passée gérante confirmée.
C’est à cette époque que les valeurs technologiques ont commencé à vraiment m’intéresser. J’avais toujours eu une sensibilité pour la technologie et j’avais fait quelques présentations ennuyeuses sur la révolution internet. On a commencé à m’écouter quand on s’est rendu compte que ça rapportait de l’argent. On a acheté très tôt quelques valeurs vraiment très performantes ; c’était très excitant.
A l’apogée des valeurs technologies, j’avais 27 ans et je commençais à avoir la bougeotte. Je suis devenu amie avec le Dr. Mike Lynch, le directeur général de Autonomy Plc, une société cotée qui fait des logiciels. Quand je lui ai dit que je voulais voler de mes propres ailes, il m’a dit qu’il m’aiderait. On s’est associé dans Avocet Capital Management, un hedge fund spécialisé sur les valeurs technologiques. Tout ça à 27 ans, ça paraissait surréaliste. J ‘étais beaucoup plus jeune que tous les autres et il y a des fois où je me demandais pourquoi on me faisait tellement confiance. Mais le fait que quelques personnes que je respectais infiniment croient en moi m’a donné cette confiance capitale.
Malheureusement, la confiance n’a pas amené le succès. Ça n’a pas été facile. On a ouvert ce fond techno, moi, deux analystes, un trader et un responsable des opérations en mars 2001, peu de temps avant ce qui s’est avéré être l’apogée des marchés. Il a été très difficile de gagner de l’argent les deux années qui ont suivi, même pour un hedge fund. Et c’est pendant ces deux années que les investisseurs nous ont observé pour jauger notre performance. Quand on monte un hedge fund, on ne peut pas sous estimer le travail que cela implique. Je suis partie avec l’intention de travailler 24h/24 heures, 7 jours par semaine. J’étais prête à travailler jusqu’à l’épuisement, et je suis tombée d’épuisement.
Dans cet environnement difficile je n’ai pas pu faire croître l’activité et je n’ai pas pu déléguer. J’avais de moins en moins de temps à consacrer à la sélection des actions et j’étais de plus insatisfaite, tant professionnellement que philosophiquement. A 30 ans, j’ai pris du recul sur ma vie. Et je n’ai pas aimé ce que j’y ai vu.
J’ai réalisé que j’avais déjà atteint mes objectifs professionnels – il ne me restait pas grand chose à faire si ce n’est de l’argent. L’argent, c’est bien mais j’ai résolument besoin d’autre chose pour me sortir du lit le matin.
A cette époque, Beauchamp Financial Technology, un éditeur de logiciels de gestion d’actifs, m’a fait une proposition. J’avais passé beaucoup de temps chez Avocet, à adapter le logiciel pour pouvoir analyser mon portefeuille comme je l’entends. Beauchamp avait un excellent produit qui permettait ce genre de personnalisation. J’ai vu là une belle opportunité que j’ai saisie. J’ai fermé le fond techno et j’ai rejoint Beauchamp en tant que directrice des activités internationales.
Je sélectionnais des valeurs technologiques et aujourd’hui je surveille l’évolution des besoins des gérants en outils de gestion. Chez Beauchamp, je reste près du terrain, je discute beaucoup avec mes amis gérants pour connaître leurs besoins. J’apprécie toujours de sélectionner des actions mais je le fais pour moi.
Mais mes journées ne sont plus dictées par les marchés, sur lesquels inexorablement on n’a pas de prise et ce quelques soient les efforts fournis.

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