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Les secteurs en berne en 2010

La douloureuse page 2009 est enfin tournée, vive 2010 ? Pas si sûr… La reprise que tout le monde espère ne sera pas au rendez-vous pour tout le monde. Il n’est jamais trop tard pour élaborer un plan B !

Fixed income : Les banques anticipent des revenus en baisse sur les activités de taux en 2010 après une année 2009 exceptionnelle. Goldman Sachs aura ainsi doublé ses revenus (24 milliards de dollars) en 2009 dans cette activité par rapport à 2007, une année déjà record. “Easy money doesn’t stay easy forever“, rappelle le Financial News (efinancialnews.com (abonnement)). Alors que les marchés se stabilisent, les opérations de trading faciles et qui peuvent rapporter gros s’évaporent, et les marges se contractent , prévient le journal. Chez BNP Paribas et Société Générale les revenus avaient déjà fléchi au troisième trimestre 2009 par rapport au premier semestre. Si les banques comptent encore sur des résultats solides de cette activité en 2010, elles préviennent qu’elles ne renoueraient pas avec les bénéfices record du 1er semestre 2009 avant longtemps.

Hedge funds : Après une année 2008 exécrable, 2009 a connu un retour des hedge funds sur le devant de la scène. L’amélioration des performances du marché ont permis une progression des actifs des fonds spéculatifs fin 2009 (lefigaro.fr). Pourtant, les perspectives du secteur s’assombrissent à nouveau avec le projet de directive européenne visant à encadrer leur activité. Enregistrement des gestionnaires, encadrement des rémunérations, limites à l’effet de levier et restrictions de la vente à découvert sont les principaux instruments de contrôle que veut imposer Bruxelles au secteur (lesechos.fr). Le secteur fait également face au risque de sur-taxation en Grande-Bretagne, où il est très implanté. A moins d’être à Genève l’an prochain, nouvelle destination de choix des hedge funds londoniens (romandie.com), 2010 s’annonce comme une année très incertaine.

Private equity : Les performances des fonds ont beau montrer des signes encourageants de reprise (efinancialnews.com (abonnement)), le secteur n’est pas encore au bout du tunnel. Quand le quotidien Les Echos demande à Dominique Senequier, la patronne d’AXA Private Equity s’il y aura des victimes de la crise, elle répond : Probablement. Il n’y a pas encore de disparitions, mais certaines équipes européennes sont affaiblies, en particulier celles qui ont en portefeuille quelques mauvais dossiers qui crispent les relations avec leurs investisseurs. Dans le même temps, on assiste à un désengagement des institutions financières du capital-investissement dont le dernier exemple en date est Natixis (lesechos.fr). Sans compter que le private equity français doit, en plus de la crise, gérer un changement de garde en raison d’un besoin de renouvellement du top management. Avec des levées de fonds en net recul en 2009 par rapport aux années précédentes et vraisemblablement toujours difficiles en 2010, on n’imagine pas de rebond possible en terme de recrutement dans les fonds avant 2011. Les équipes sont aujourd’hui concentrées sur les participations alors que le financement de nouvelles opérations est toujours très compliqué , relève Etienne Maillard, associé gérant du cabinet de chasse THEMIS Executive. Cerise sur le gâteau, le secteur va devoir faire les frais de la réforme des carried interests , qui ira dans le sens d’une taxation accrue (agefi.fr).

Bonus : Même si le flou demeure sur le périmètre exact de la taxe, les prochains bonus seront bel et bien taxés en France, tout comme en Angleterre . Une imposition de 50% s’appliquera aux bonus à partir de 27.500 euros, ce qui devrait concerner entre 2.000 et 3.000 professionnels de la finance. La Fédération bancaire française a déploré une mesure unilatérale de nature à entamer encore davantage la compétitivité de la place de Paris où existe déjà une taxe sur les salaires . Pour Vally Colli, associée au sein du cabinet de chasse Vendôme Associés, un exode de traders vers d’autres places financières que Londres ou Paris est peu probable. Sur les bonus les plus élevés, il y aura certainement cette possibilité, mais cela restera marginal , a-t-elle déclaré à l’AFP.

Rapprochements dans le secteur bancaire : 2009 a vu le retour des rumeurs concernant de possibles fusions entre des acteurs français. On a parlé d’un rapprochement Société Générale/BNP Paribas (latribune.fr), Société Générale/Crédit Agricole/Groupama (lemonde.fr), et enfin Société Générale/Dexia (Wansquare (abonnement)). Pure spéculation ? Le mouvement de concentration du secteur bancaire européen est pourtant bien en marche. Il y a d’énormes doublons dans le cas de SGCIB et BNP Paribas CIB , note Guillaume Tiberghien, analyste chez Credit Suisse. Cela provoquerait un bain de sang ! , commente un autre analyste spécialisé sur les banques françaises, basé à Londres. Pour la plupart des observateurs, un rapprochement SG / BNP Paribas est peu probable, moins qu’une opération SG / Credit Agricole. Mais l’idée d’une consolidation du secteur en France a fait son chemin avec la crise. Créer un grand groupe français est de plus en plus perçu comme inéluctable. Dans tous les cas, d’importantes compressions d’effectifs seraient inévitables , commente sous couvert d’anonymat un responsable d’un club de banquiers.

La réputation des banquiers : Le lynchage public des banquiers est loin d’être terminé. Et la réforme des bonus ne semble pas avoir suffi à calmer la vindicte populaire. Il suffit de voir les réactions passionnées provoquées sur le site par l’extrait du livre Faut-il brûler les banquiers ? de Georges Pauget, DG du Crédit Agricole. Même les influents bloggeurs financiers s’y mettent. Certains banquiers, les pauvres chéris, se sentent persécutés par la foule en colère , ironisait ainsi la “Lex” du Financial Times. Pouce levé pour la taxe sur les bonus , titrait de son côté son équivalent de Heard on the Street du Wall Street Journal. Et, pour ceux que les mots ne suffisent pas à décolérer, un inventeur a créé en Angleterre un jeu défouloir très populaire (mais non moins pervers !) où l’on peut frapper sur des têtes de banquier à l’aide d’un maillet. “Whack A Banker” (“Assommez un banquier”) promet une expérience bancaire réellement enrichissante : 40p pour frapper autant de banquiers que vous pouvez en 30 secondes quand leur tête surgit…( lesechos.fr ). Allez, vous vous laisseriez bien tenter ?

commentaires (3)

Comments
  1. Qu’on tape aussi sur la tete des autres….on verra si l’economie n’a pas besoin des banquiers.

    Et si on refusait d’accorder du credit de facon definitive et de remunerer les depots ?????
    qui peut alors s’acheter son apart cash ????

  2. c’est la mise en concurrences des banques avec les acteurs de l’alternatif qui les a conduit à développer leur propre activité d’investissement. C’est donc la libérlisation financière excessive qui est responsable des désordre actuel. Mais faut-il le préciser, ils quand même bien profiter les banquiers.
    Il est certains par ailleurs que sans crédit l’économie meurt. Mais lorsque les banques sont plus intéressées à réaliser des opération financière qu’a réaliser leur métier de base, un problème ce pose. Et c’est au politique de le trancher. Le problème c’est qu’en raison de la concurrence internationale, c’est toujours une logique de moins disant, dixit la menace de fuite des hedge funds anglais.

  3. Mais t’as tout compris : seuls les banques de détail sont nécessaires : le reste faut séparer.

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