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« Nous sommes tous condamnés à être des Kerviel en puissance », s’inquiètent des étudiants du collectif Ethique et Finance

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Après quatre semaines d’audience, le procès en appel de Jérôme Kerviel vient de se terminer. Il faudra attendre le 24 octobre pour connaître la décision du tribunal, sachant que l’avocat général a requis une peine maximale de cinq ans de prison ferme et que la défense a plaidé la relaxe. En attendant, le procès a permis de faire la lumière sur le collectif Ethique et Finance regroupant des professeurs et plusieurs dizaines d’étudiants de grandes écoles (Sciences-po Paris, HEC, Centrale, Polytechnique).

« Si les responsabilités ne sont pas assumées, si la cour ne comprend pas la portée de son jugement, nous sommes tous condamnés à être des Kerviel en puissance », dénoncent certains membres du collectif dans une tribune publiée dans Libération et intitulée Oui, monsieur Bouton, le monde a changé ! A mi-parcours du procès, le collectif s’était déjà illustré avec un texte reproduit par La Tribune dénonçant les consignes que Bercy aurait pu passer aux dirigeants de la Société Générale, alors que la banque traversait une mauvaise passe.

Si certains membres du collectif avancent à visage découvert, d’autres tiennent à garder l’anonymat pour ne pas se retrouver inscrits sur une liste noire et donc « interdits de salles de marché ». Et pour cause : leur objectif est de dénoncer les dérives dangereuses du système qui demande aux traders de faire du chiffre, qui, du coup, ne pensent plus qu’à ça ! « La pression, les journées à rallonge, le fonctionnement en circuit fermé… on se retrouve vite à ne plus rien comprendre, à obéir mécaniquement à un chef qui nous incite à prendre des positions à risques », s’inquiète l’un d’eux (Le Parisien.fr). Et il n’est pas le seul à dresser ce constat. « Officiellement, j’étais aux 35 heures… que je faisais toutes les 48 heures. On ne finit pas un soir de la semaine avant 22 heures. On reçoit des coups de fil de son manageur à 23 heures. On travaille le samedi, le dimanche. Le piège dans lequel Jérôme Kerviel s’est retrouvé prisonnier mentalement, je l’ai vécu… », témoigne un autre étudiant.

Des « anciens » qui ne font pas envie…

Entre coups bas, brimades, manipulation entre collègues : certains seraient prêts à tout pour obtenir le plus gros bonus en fin d’année, déplorent ces étudiants qui ne connaissent le monde de la finance que par le prisme des stages en banques d’affaires qu’ils ont effectués pendant leur scolarité. Il faut dire que cette nouvelle génération est particulièrement sensibilisée sur le sujet. Après l’affaire « Kerviel », certains analystes ont même préconisé des encadrements psychologiques pour les étudiants en finance.

Et les formations parmi les plus réputées ont fini par adapter le contenu de leurs cours. « Nous avons maintenant un cours de régulation, des cours de risques avec des professionnels, toutes ces questions liées à la crise sont décortiquées sous un angle que ne captait pas nécessairement l’aspect purement quantitatif, explique Nicole El Karoui, co-responsable du Master Probabilités option finance (École Polytechnique et université Paris-VI) dans une longue interview accordée à Next-Finance. Nous revenons aux fondements. Les deux tiers des stages que nous avons eus ces dernières années ressemblent aux stages que nous avions il y a dix ans et dans lesquels il y avait une réflexion sur les fondements, sur la manière d’aborder les concepts de base ». Une démarche sans doute salvatrice pour les futures générations de traders à venir…

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