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Les tendances du recrutement à la mi-2012 vues par… Antoine Morgaut

Antoine Morgaut est CEO Europe Continentale et Amérique du Sud chez Robert Walters

Antoine Morgaut est CEO Europe Continentale et Amérique du Sud chez Robert Walters

Le marché de l’emploi et du recrutement français est caractérisé par un attentisme qui s’est accentué au mois de mai. Seules l’urgence et la nécessité peuvent inciter les entreprises à initier des programmes d’embauche. Le sentiment d’une récession semble s’être affirmé dans l’esprit d’un nombre croissant de patrons. Et ce, d’autant plus que les prochains mois risquent d’être affectés par les plans sociaux et/ou par le gel des embauches.

La prégnance de ce sentiment d’incertitude a incroyablement allongé les process de décision. Que ce soit pour les candidats, peu enclins au changement, ou pour les entreprises, guidées par la prudence. Selon nos prévisions, le marché restera dans cette zone pendant plusieurs mois, en attente de signes forts tels que le rétablissement de la confiance mondiale en la capacité de l’euro à sortir de sa crise, une croissance américaine ou encore une montée en puissance des pays émergents.

Inertie des rémunérations

Dans ce contexte, l’impact sur les salaires est faible voire inexistant. Du côté des 28-35 ans, des concessions sont à faire. Conditionnés par un jeunisme ambiant, par la croissance économique et par la création de nouveaux métiers et de nouvelles compétences, cette jeune génération a jusque-là cherché à défendre son éthique et sa qualité de vie. Mais aujourd’hui, elle doit apprendre à faire des compromis par rapport aux années d’or : compromis sur le salaire mais aussi compromis dans le choix des métiers et des employeurs. Du côté des employeurs, l’enjeu est de communiquer de manière rassurante sur leurs projets d’avenir face à un univers de plus en plus compétitif et à des candidats de plus en plus sensibles à l’image de marque de l’employeur.

Au sein des entreprises, les évolutions salariales sont extrêmement individualisées mais ne sont que rarement considérées comme une priorité, que ce soit par les cadres, qui recherchent avant tout la sécurité et un environnement d’apprentissage, que par les entreprises, qui essaient dès à présent de diminuer leurs coûts fixes afin de rester mobiles face à ces revirements constants de conjoncture d’économie de marché.

Un marché de l’emploi français peu fluide

A l’échelle mondiale, la France connaît un “staff turn over” situé plutôt dans la moyenne basse. Les cadres français, mais aussi l’ensemble des acteurs du monde du travail, ne bénéficient pas d’une fluidité choisie : les salariés ne s’accordent pas la liberté de changer de poste, de chercher mieux ou d’aller au contact du marché. S’ils le font, c’est uniquement parce qu’ils ont été informés d’une rupture de contrat.

Valable également en Allemagne, cette tendance s’inscrit en contraste avec l’état du marché des dix premières nations mondiales et des pays émergents. Dans des pays caractérisés par une certaine modernité sociale (confiance employé-employeur, flexibilité, fluidité du marché du travail…) comme l’Angleterre, les USA, l’Australie, la Chine et le Brésil, les cadres restent à l’écoute du marché afin de mieux arbitrer les mouvements nécessaires à la progression de leur carrière.

Les experts : moteurs du recrutement

Cette note pessimiste doit néanmoins être tempérée par deux phénomènes. D’une part, le constat d’une pénurie structurelle d’experts qui dynamise le recrutement, notamment dans les secteurs de l’informatique, du juridique et fiscal (compliance), de la comptabilité, de la vente B-to-B (industrielle) et des achats. D’autre part, le succès grandissant des managers de transition.

La qualité de leur travail est apparue comme une solution toute trouvée en ces temps d’incertitude. En témoigne l’excellente progression de l’activité management de transition de Robert Walters, leader sur cette profession. Plus globalement, nous constatons que le marché est guidé par le recrutement de professionnels capables de gérer le quotidien plutôt que de construire de nouvelles stratégies.

Nous ne serions pas étonnés qu’après un été d’indécision et d’inquiétude, le marché français, rasséréné par sa résistance à plusieurs années de soubresauts, reparte sur des terrains beaucoup plus dynamiques.

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